Chroniques de lectures

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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchure de patate - MA Shaffer


roman français

Samedi 23 septembre 2006 6 23 09 2006 14:37

 

Un excellent roman qui nous ramène aux balbutiements de l'imprimerie et aux débuts du livre en tant qu'objet fabriqué. C'est un vrai délice que ce plongeon dans l'inextricable imbrication du fond et de la forme à une époque ou l'imprimeur contrôlait et bien souvent exécutait toutes les tâches depuis la correction du texte (avec l'auteur) jusqu'à la reliure en passant par la fabrication du papier, le dessin et le gravage des caractères et la composition (pour n'en citer qu'une partie).

Evidemment le nom Garamond me disait quelquechose (en fait un certain nombre de polices de caractère portent le nom de ce célèbre graveur) mais depuis je suis bien plus calée sur le sujet. Y'a des bouquins comme ça qui donnent envie dans savoir plus...

D'un autre côté, on peut aussi se laisser porter par la vie assez captivante de ces deux passionnés de livres dans un XVIe siècle où se mettent en place les lendemains qui ne chantent pas des guerres de religion.

Par yue yin - Publié dans : roman français
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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 10 2006 11:46

Ce livre là, je suis tombée dessus par hasard, en passant dans les travées de ma librairie préférée, un petit livre de rien du tout mais au titre accrocheur : bouquiner ! On ne saurais mieux dire, j'ouvre... Après en avoir éclusé la moitié debout, bouchant le passage avec la totale inconscience de l'absente au bataillon pour cause de voyage dans l'astral, je suis passée à la caisse et je l'ai fini vite fait au resto d'à côté... Depuis j'ai dû l'acheter 10 fois, histoire d'en avoir toujours un sous la main à offrir mais seulement aux lecteurs ...les autres risqueraient de se demander si on est tous vraiment fous, nous, les amateurs de livres...

Le décrire, hum pas si simple, disons que c'est un recueil, voilà un recueil de pensées, réflexions, anecdotes, manies, de lectrice boulimique patentée... je m'y retrouve  parfois, d'autre fois non, mais je comprends toujours... Ah le passage ou la bibliothèque d'enfonce dans le parquet sous le poids des livres !

Comme elle je peux lire n'importe où, dans mon bain par exemple (enfin je ne peux pas prendre de bain sans livre plutôt) et tant pis pour le reste, je peux visiter trois librairies d'affilé et me trouver de bonnes raisons pour acheter dans chacune d'elle, je peux traverser une rue le nez dans l'opus en cour sans même entendre les coups de frein (si jamais mes mômes font de même gare à eux) et  je me détruit l'épaule à trimballer assez de livres dans mon sac pour ne jamais être en manque - j'ai encore la mémoire la tête des autres  campeurs, un été ou après avoir monté la tente (minuscule)  j'ai ouvert mon sac à dos dehors, j'en ai sorti 2 tee shirt, un pull, un maillot de bain, trois bricoles et 15 livres... J'étais dans ma période Howard et l'héroic fantasy ça se lit vite !!! D'accord c'est un livre qui pousse à l'anecdote mais bon... seul le plaisir compte...

Allez je vous livre sa dédicace :
A tous les petits et grands lecteurs, modestes ou gros liseurs. A ceux qui préfèrent lire assis, couchés, debout ; dans leur lit, un fauteuil, une chaise longue, leur bain ; dans les transports en commun, aux cabinets, au restaurant. A ceux qui aiment (ou détestent) les jaquettes, les bandes, les mouchards, les codes barres. A ceux qui protègent ou malmènent leurs livres ; qui les couvrent ou les cornent ; les surveillent ou les surlignent. A ceux qui propagent le bon titre. A ceux qui ne partagent rien. A ceux qui prêtent et offrent. A ceux qui lisent trop ou trop peu. A ceux qui ne lisent pas. Ou que des romans policiers. Ou que de la philosophie. A ceux qui ne lisent que ce qui leur tombe sous les yeux. Et même à ceux qui détestent lire. De la part d'une amoureuse du livre, qui ne vaut pas mieux qu'eux, mais qui s'est beaucoup amusée à avouer ses vices, à décortiquer toutes ces mille et une manières de lire que partage tout lecteur, même épisodique.

Si vous êtes concernés...

Bouquiner - Annie François - seuil - 2000

Par yue yin - Publié dans : roman français
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Samedi 25 novembre 2006 6 25 11 2006 21:11

Ce livre là, j'en avais beaucoup entendu parler, en bien en général. Quelquechose comme un "monde de Sophie" qui parlerait de mathématiques au lieu de philosophie. Et bien ce livre était exactement tel que je l'avais imaginé  et il m'a beaucoup plû.

Monsieur Ruche, 84 ans, libraire de son état reçoit un beau jour une lettre très intrigante d'un vieux copain de faculté dont il était sans nouvelle depuis 50 ans... Cette lettre est suivie peu après par le cadeau le plus stupéfiant qu'on puisse imaginer (à mon avis du moins) : la bibliothèque complète dudit ami réunissant ce qui s'est imprimé de mieux en mathématiques de l'antiquité à nos jours. Un trésor ! Monsieur Ruche n'a jamais été féru de mathématiques, lui c'était le philosophe du tandem. Que faire de ces livres ? Comment les classer ? Et que signifient exactement les deux étranges lettres que son ami lui a envoyé juste avant de mourir ? Sont-elles cryptées ? Pourquoi ?

Pour répondre à ces questions, le vieux monsieur va se plonger dans l'histoire des mathématiques et suivre pas à pas le chemin de leur évolution de Thalès à Euler en passant par tous les autres dont personnellement je ne savais pas grand chose. Et là je le dis tout net, je regrette de n'avoir jamais eu de "vrai" professeur de mathématiques. Pourquoi diable n'ai-je jamais entendu parler de Thales ou d'Archimède autrement que pour qualifier des axiomes ou des principes ? Pourquoi ai-je été conduite à penser que Fermat était seulement le nom d'un lycée et Fibonacci un personnage secondaire du Da vinci code ? Peut-être aurais-je pu subir  les maths autrement ?

A travers cette quête monsieur Ruche, le vieux paralytique désabusé,  revivra une amitié à demi-oubliée mais il renouera aussi avec la soif de connaissance, le plaisir de partager, d'apprendre, d'instruire, d'expliquer, d'argumenter, d'épater plus jeune que lui. Il se découvrira une famille qu'il avait adopté sans jamais se le dire vraiment, des amis, des liens forts, des surprises, la vie tout simplement...

Un roman initiatique au crépuscule d'une vie sur fond d'aimable polar. Impressionnant, interressant, attachant...

 Le théorème de perroquet - Denis Guedj - Points seuil - 2000

Par yue yin - Publié dans : roman français
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Mardi 28 novembre 2006 2 28 11 2006 21:19

  

 "Que dit la reine du silence ?" une phrase écrite en lettres capitales sur une carte postale. Voilà l'un des rares souvenirs matériels que garde Marie Nimier de son père, mort dans un accident de voiture lorsqu'elle avait cinq ans. Une drôle de phrase, une drôle d'énigme pour une petite fille qui ne sait pas ce que ce père attend d'elle.

Quarante ans après, Marie se lance à sa recherche, à la recherche d'une image, d'une silhouette, d'une vérité qui n'existe pas. A travers ses souvenirs revisités, à travers ceux de sa famille, de certains de ses amis, a travers des lettres aussi auxquelles elle aura accès dans une scène d'anthologie. Elle reconstruit petit à petit le personnage dont l'ultime manquement - celui de partir pour toujours - n'a fait que clore une série. on peut dire qu'il cumulait depuis l'origine.

Dans un style tout en finesse et sensibilté, elle nous convie à ce voyage dans l'imaginaire d'une petite fille mise à l'épreuve des souvenirs des autres. Avec une certaine cruauté aussi dans la façon dont elle met en scène les pires actions de son père sans jamais les commenter.  Pour combler ses manques, symbolisés par son incapacité chronique à apprendre à conduire ? Pour rencontrer enfin cet écrivain célèbre et se confronter à lui en tant qu'adulte ? Pour ressentir enfin ce que connaissent ceux qui ont eu un père ? Pour se réconcilier enfin ! Peut-être tout cela à la fois et plus encore,  elle finit par se retrouver dans tous ceux qui ont perdu quelqu'un et souffre d'absence. L'évocation récurrente de l'enfant de l'autre femme, celle qui était avec son père dans la fameuse voiture, est assez symbolique de ce besoin de partage.

Au finale une lecture poignante dans une écriture fine et lumineuse. Un très beau roman.

Quant à Roger Nimier, je ne le connais pas du tout en tant qu'écrivain et il est toujours injuste de juger un personnage au travers du regard que porte d'autres sur lui mais que penser d'un homme (d'un père) qui annonce ainsi la naissance de sa fille : "Au fait Nadine a eu une fille. J'ai été immédiatement la noyer dans la seine pour ne plus en entendre parler..." Avoir de l'esprit n'est pas une excuse...

L'avis de Thom sur ce même livre (la critique qui m'a donné envie de le lire)

La reine du silence - Marie Nimier - Gallimard - 2004

 

 

Par yue yin - Publié dans : roman français
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Samedi 16 décembre 2006 6 16 12 2006 16:43

Ce roman a été une excellente surprise pour moi. Je l'ai pris au hasard un jour à la bibliothèque. C'était un bel objet (J'aime les éditions Actes sud), le quatrième de couverture était intéressant et surtout je cherchais depuis un moment et ne voulais pas repartir les mains vides. Quelques pages plus loin, c'était le coup de foudre.

 IIe siècle après JC, les provinces gauloises de l'empire sont en plein essor, leurs richesses suscitent beaucoup d'intérêts, leur administration se complexifie. Le père de Marcus, magistrat délégué par sa ville, se présente au sacerdos de l'assemblée des trois Gaules à Condate près de Lugdunum. Cette opportunité représente l'apogée de sa carrière, un honneur rentable pour la ville qu'il représente et un tremplin pour la puissance de sa famille. Pour mettre toutes les chances de son côté, il décide d'effectuer un long périple à travers les provinces Aquitaine et Narbonnaise pour y nouer des alliances. Il emmène son fils de 12 ans, Marcus, à la fois par ambition pour influencer la puissante famille de sa femme et par sincère désir de l'instruire et de le préparer à un brillant parcours.

 Nous suivons donc Marcus dans un périple des plus mouvementés qui le mènera de Mediolanum en Burdigala, de Tolosa en Narbo, de Nemausus en Arelate et jusqu'à la fameuse colline du Dieu Lug devenu la capitale des gaules, Lyon aujourd'hui.  Vulnérable, Marcus se retrouvera bientôt  plus dangereusement impliqué dans la campagne de son père qu'aucun des deux ne pouvait le soupçonner.

 Ce livre est à la fois une formidable description de la Gaule romaine érudite et vivante et un excellent roman plein de vivacité. J'ai été complètement captivée par l'évolution du jeune Marcus. Au fil des rencontres et des expériences, l'enfant insouciant se découvre de nouvelles ressources, les exploite, acquiert une certaine  maturité et en filigrane se dessine l'ambitieux citoyen romain en devenir. Une trouvaille !

 Le voyage de Marcus - Christian Goudineau - Actes sud - 2000

Par yue yin - Publié dans : roman français
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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 01 2007 08:41

Poursuivre les étoiles

Dans le bocal à poissons

Rouges finir

 

Je me suis vraiment demandé comment parler de ce livre magique. Je pourrais dire qu'il est vraiment drôle, que l’écriture est savoureuse et contrastée, que les personnages sont plus attachants les uns que les autres, que le propos y est à la fois tendre et incisif et les digressions philosophiques réjouissantes. Mais le raconter ? Finalement je vais suivre le parti pris de la quatrième de couverture et le présenter en deux citations :

« Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petit, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.»

« Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps je sais que la destination finale, c’est le bocal à poisson, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de l’année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

Soyeux et apaisant, un délice !

Les avis de florinette et cuné (merci à vous !)

L’élégance du hérisson – Muriel Barbery – Gallimard - 2006

Par yue yin - Publié dans : roman français
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Vendredi 9 mars 2007 5 09 03 2007 09:45

Au détour d'un rayon, j'ai aperçu du coin de l'oeil cette (plutôt moche) couverture et je l'ai raflé au passage... j'avais lu un extrait chez In cold blog qui m'avait fait mourir de rire donc hop on a toujours besoin d'un peu de rire chez soi... en rentrant j'ai mis mon nez dedans et je l'ai croqué dans la foulée

Du rire oui et autre chose aussi. Je ne m'attendais pas à être aussi remuée par ce petit livre de rien du tout - même pas 200 pages qui se lisent quasiment toutes seules. Des chroniques par définitions ce sont des petits bouts de vie plus ou moins disparates autour d'un thème central. Ici le centre ce sont les tours, ou la tour on ne sait pas bien. D'étage en étage, Sam nous fait rentrer dans des appartements où il fait plus ou moins bon vivre. Mais où on vit de toute façon... Ce n'est pas vraiment le regard d'un gamin, ce sont plutôt des instantanées, des tranches de vie croquées sur le vif, des dialogues saisis au vol dans leur oralité quotidienne et c'est exactement ça. Tout d'un coup je revois très clairement l'appartement au quatrième gauche d'une tour de 12 étages, la porte fenêtre à rambarde mais sans balcon, l'escalier qui faisait peur, l'ascenseur bien plus effrayant encore... Coup bas, c'est quoi cette bouffée de nostalgie ?!

Samuel sème ses souvenirs d'enfance dans la cité sans pathos ni jugement, juste la vie - c'est vif, léger, drôle, lucide aussi et j'ai comme une boule dans la gorge...

Chroniques de l'asphalte 1/5 - Samuel Benchetrit - 2005 - Julliard - (pocket 2007)

Par yue yin - Publié dans : roman français
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Vendredi 23 mars 2007 5 23 03 2007 20:13

Je ne sais vraiment pas quoi penser de ce roman...

D'une certaine façon c'est une friandise. Un joyeux florilège d'humour macabre pour amateur des séries américaines drolhorrifiques des années soixantes. Celles qui mettaient en scène sur des chaînes concurrentes les familles Adams et Monstre. Le magasin des suicides est bourré de trouvailles et d'inventions réjouissantes pour aider le quidam du coin quelquesoit son âge et sa condition à se suicider en toute tranquillité. Du bocal de bonbons vendu à l'unité (mais où un bonbon sur deux seulement est mortel car la loi oblige à laisser une chance aux enfants) au kit de seppuku contenant entre autre un kimono marqué d'une croix rouge au bon endroit (le propriétaire se prénomme Mishima), il y en a pour toutes les bourses.

Au centre de cette charmante boutique, vit une famille tout ce qu'il y a de plus typique, mère maternante fière de ses rejetons, père à cheval sur ses principes  mais compréhensif, ados à l'avenant. Simplement la laideur, la dépression, la maladie sont valorisées et on s'inquiète du petit dernier gravement atteint d'une indéboulonnable joie de vivre. En grandissant, le petit trubblion va petit à petit contaminer son entourage et semer le chaos dans la routine bien ordonnée de sa respectable famille d'abord puis de la cité toute entière.

C'est là que je ne sais pas vraiment où l'auteur veut en venir. Doit-on voir dans son histoire une amusante satyre des capacités d'adaptation du petit commerce, toujours prêt à innover pour préserver son profit ?

Est-ce une sérieuse mise en garde contre la tentation du pessimisme représenté ici par les informations télévisées déversant sans trêve d'épouvantables catastrophes et scènes d'horreur en tout genre propres à garder le moral des spectateurs au plus bas ?

Est-ce enfin une parabole messianique autour d'un sauveur venu ramener la joie dans la "cité des religions oubliées" ? Le magasin est au reste un ancien lieu de culte non identifié en bordure de la dite cité.

A moins que ce roman ne soit un simple exercice de style assez réjouissant et qui glisse tout seul mais me laisse un tantinet sur ma faim.

La magasin des suicides - Jean Teulé - Juilliard - 2007

 

Par yue yin - Publié dans : roman français
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Lundi 26 mars 2007 1 26 03 2007 16:13

Agnès et Aline, la cinquantaine bien entamée, sont amies d'enfance. Deux ans plus tôt elles ont quitté leur mari respectif et leur vie bourgeoise et ennuyeuse pour se consacrer à leur art et chacune à un nouvel amour. Agnès est devenu écrivain à succès et Aline peintre également à succès. Ce qui s'appelle des parcours parallèles. Or leurs nouveaux compagnons meurent le même jour, déclenchant des révélations désagréables. Les deux amies vont devoir à nouveau rebondir... 

Au début du roman, les morts simultanées, j'ai pensé que je n'irai pas au bout. Tout cela faisait un peu "trop" et puis finalement  J'ai passé un bon moment. L'histoire est enlevée sinon vraisemblable, les dialogues sont parfois savoureux et le problème du vieillissement est abordé avec une certaine fraicheur. Dans l'ensemble les personnages ont du caractère et sont même sympathiques. Certes deux ou trois choses m'ont agacée : tout d'abord la narratrice convaincue du bien fondé intrinsèque de ses valeurs et de ses opinions et complètement insensible aux autres, ensuite la fin plutôt convenue et où je décèle un je ne sais quoi de bien pensant et enfin le fait que l'auteur s'auto-cite continuellement. Elle joue en effet un rôle mineur mais omniprésent d'un bout à l'autre du roman, un genre de dea ex machina... bon c'est un procédé comme un autre mais j'apprécie moyennement.

Cela étant dit, m'étant aperçu que ce volume était une suite... je compte bien lire le premier qui raconte l'initiale rupture des deux amies... histoire de prendre plaisir à m'agacer encore un peu !

Et puis après... - Françoise Dorin - Plon - 2005

Par yue yin - Publié dans : roman français
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Lundi 9 avril 2007 1 09 04 2007 13:05

"Je" parce que le récit est entièrement à la première personne ! Maître François Villon nous conte sa vie depuis son premier souffle jusqu'à sa disparition des annales. Car l'auteur a respecté la part de mystère, la mort de Villon reste une inconnue - vers la trentaine il disparait des écrits officiels ou autres et nul ne sait ce qu'il en advint. Ces trente années dont quelques bribes sont arrivées jusqu'à nous forment la trame de ce conte cruel et fascinant sans concession mais sans complaisance non plus où la mort, l'horreur et la joie se conjuguent à chaque page.

Dans un langage étonnant, fusionnant avec la poésie et le ton inimitable de Villon, Jean Teulé  tisse autour de son personnage une étonnante biographie où se mèlent intimement réalités historiques, hypothèses bien étayées et licences romanesques vraisemblables. Il redonne vie pour nous à un homme étrange, attachant, fuyant, mené par ses passions,  dépassé par sa légende, essentiellement libre et devenu témoin de son siècle en transcrivant sa vie, sa souffrance, l'appel de l'abîme en vers inoubliables. Et qu'importe s'ils furent traduits en français modernes, leur force est intacte quel que soit le siècle.

Le Paris du XVe palpite de nouveau sous nos yeux, cruel, turbulent, joyeux avec sa faune de petite gens et de puissants tous guettés au tournant par le sort mais l'acceptant et continuant. Un regal dans un style unique où on ne sait quand s'arrête Teulé pour faire place à Villon... une pure merveille !

Je, François Villon - Jean Teulé - Julliard - 2006

L'avis de Thom qui m'a donné envie de lire ce livre, de plus Jean Teulé est à l'honneur chez les chats en ce moment

  • Je meurs de soif auprès de la fontaine
  • Chaud comme le feu, je claque des dents
  • En mon pays, je suis en terre étrangère
  • près d'un brasier, je frissonne tout brulant
  • nu comme un ver, vêtu en président
  • je ris en pleurs et attends sans espoir
  • Je me réconforte au fond du désespoir
  • je me réjouis sans trouver le moindre plaisir
  • je suis puissant et n'ai force ni pouvoir
  • Bien accueilli, rejeté par chacun
Par yue yin - Publié dans : roman français
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