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Chroniques De Lectures

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 21:01

Comme on le sait (peut être y ai-je déjà fait discrètement allusion) Christopher Tolkien compila ce qui allait devenir le Silmarillion après la mort de son père en 1973 et en fit la petite merveille dont je vous ai déjà parlé. Cela fait il lui restait énormément de textes et fragments écrits par JRR tout au long de sa vie à mesure qu'il inventait sa mythologie, testait ses idées, ébauchait ses contes.

Le livre des contes perdus rassemble en deux volumes, ceux de ces textes racontant peu ou prou ce qui allait devenir le premier âge. Certains retracent des variantes d'épisodes du silmarillion, d'autres portent encore nettement la trace de la culture classique de l'auteur, d'autres enfin explorent des pistes que Tolkien a par la suite abandonnées. Tel quel, c'est une plongée qui pourrait être fascinante dans l'univers de Tolkien puisqu'on y voit littéralement la terre du milieu émerger du néant. Malheureusement (et pour mes péché) je l'ai acheté en français (grave erreur) et la traduction m'a été une grande perturbation. Trop littérale et laborieuse, elle gomme à mon sens tout le charme et le souffle du style de Tolkien. Certes à l'époque où il écrivait ces ébauches, JRR pratiquait un style très archaïque qu'il a abandonné ensuite, mais au lieu de traduire ce parti pris par un français tout aussi archaïque, le traducteur a choisi de verser dans un littéral lourd et sans vie. Un véritable crime car ces histoires sont passionantes et j'ai aimé parcourir les chemins que cet imaginaire foisonnant a emprunté pour aboutir à la création d'un univers dans toute sa complexité. Car la terre du milieu existe, dans mon esprit comme dans celui de milliers de lecteurs, n'en doutez pas.

Une expérience de lecture mitigée donc mais je suis loin de désespérer de l'Histoire de la Terre du Milieu dont ces contes forment les deux premiers tomes. On m'y reprendra mais peut être en anglais cette fois...

 

L'avis certainement plus positif d'Isil qui a eu la sagesse de le lire en anglais...

 

Le livre des contes perdus - JRR Tolkien - Compilé par Christopher Tolkien -  1983-1984 - Traduit de l'anglais par Adam Tolkien (pfff)

qui avance son petit bonhomme de chemin (je dois me raisonner régulièrement pour ne pas me jeter sur mes toutes nouvelles et toutes belles éditions du Hobbit (illustré par Alan Lee) et du Seigneur des anneaux en VO... soupir !)

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 20:00

Peu après la mort de Tolkien en 1973, Humphrey Carpenter qui l'avait rencontré à diverses reprises, obteint un accès illimité à tous les documents, lettres, manuscrits et autres bouts de papiers conservés par la famille dudit. Il put rencontrer ses enfants et petits enfants mais aussi ses amis, son frère, ses anciens collègues d'Oxford et la biographie qui en est résultée est à la fois passionante pour les admirateurs du maître et fort agréable à lire.

Usant d'une construction à la fois chronologique et thématique, Carpenter a  en effet su tirer un magnifique parti des documents auxquels il avait eu accès, multipliant citations et extraits issus notamment de l'immense correspondance de cet infatigable scripteur. Lire les propres mots de Tolkien, contribue à rendre ce personnage extrèmement vivant, avec sa passion des langues, son goût de l'écriture, ses manies, ses préjugés, sa procrastination systématique étrangement associé à une puissance de travail phénoménale, ses grandeurs et ses petitesses, tout ce qui a fait de ce tranquille professeur d'Oxford, petit bourgeois type et éminément sédentaire (un hobbit selon sa propre analyse), un des plus magnifique créateur de monde de tous les temps (n'ayons pas peur des mots).

Deux parties m'ont plus particulièrement fascinée, tout d'abord les années de jeunesse et de formation, où se sont affirmés ses goûts particuliers pour les structures linguistiques et les langues anciennes (il parlait grec, latin, de multiples dialectes saxons, norrois, gallois et a commencé très tôt à en inventer de nouvelles), le moyen-âge (Ah la découverte des vers de Cynewulf ou de Beowulf), la poésie et la littérature anglaise pré-Chaucer (ensuite c'est du moderne, et oui c'est comme ça à Oxford où du moins ça l'était à l'époque). Il est tout à fait ébourrifant que des langues inventées par Tolkien soient aujourd'hui "vivantes", apprises et transmises par certains de ses admirateurs, en particuliers le Quenya inspiré du finlandais et le Sindarin plutôt lié au gallois - les deux langues qu'il préférait avec l'anglais.

Ensuite bien sûr, j'ai dévoré la période de rédaction du Seigneur des Anneaux. En particuliers les extraits de lettres à son fils lorsqu'il y parle de son travail comme si l'histoire avançait en toute indépendance et que les personnages n'en faisaient qu'à leur tête. L'apparition d'Aragorn par exemple, alors qu'il ne savait pas du tout ce qu'allait devenir cet étrange vagabond ou celle plus tardive de de Faramir dans cette lettre datée de mai 1944:

"un nouveau personnage est entré en scène (je suis sûr de ne pas l'avoir inventé, et je n'en voulais pas, même si je l'aime bien, mais il est arrivé dans la forêt d'Ithilien : Faramir le frère de Boromir - et il retarde la "catastrophe" avec des tas de récits sur l'histoire de Gondor et de Rohan. S'il continue longtemps une bonne part de son texte devra être renvoyés aux appendices où il y a déjà des documents fascinants sur l'industrie du tabac des hobbits et sur les langages de l'Ouest."

D'une certaine façon, je pense que Tolkien "croyait" réellement en son monde, en ce sens qu'il lui avait donné assez de profondeur linguistique, mythologique et historique (dans l'ordre) pour que les évènements et  personnages évoluent de façon toute naturelle en fonction des circonstances.  Du moins c'est ce qu'il me semble et dire que cela m'impressionne est très en dessous de la vérité.

Bien je suppose que je pourrais continuer à parler de Tolkien pendant des pages mais coupons court, et disons simplement que pour tout admirateur du Professeur John Ronald Reuel Tolkien, cette biographie est absolument passionante en plus d'être fort bien écrite et j'ajouterais, dans ce cas précis, bien traduite ce qui ne gache rien. Incontournable !

 

J.R.R. Tolkien : A biography - Humphrey Carpenter - 1977 - traduit de l'anglais par Pierre Alien, revu par Vincent Ferré pour la nouvelle édition.

Décidément ce challenge est une merveille

L'avis de mon inégalable camarade de jeu et de soupirs orgasmiques : dame Isil !

 

PS J'ai rempli mon carnet de citations et d'extraits mais ce n'est rien à côté d'Isil, elle a noté toutes les adresses du maître pour notre futur pélerinage... Dont act !

PPS Grand Tolkien, quel homme ce Ronald !

PPPS : Je n'ai pas parlé de ses célèbres amitiés, ni du groupe des Inklings dont le célébrissime CS Lewis mais il en est bien évidement abondament question. Les amitiés intellectuelles ayant toujours été pour Tolkien essentiellement masculines. Dure époque !

PPPPS : Tolkien a écrit sa première histoire de Grand Vert Dragon vers 1899 (à sept ans) c'est donc un auteur victorien comme l'a, avec à propos, fait remarquer mon estimée colectrice .

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 16:43

 

Et oui, c'est la rentrée littéraire, tout un chacun se noie dans les livres frais du jour et par quelque ébouriffante incongruité je suis plongée dans des lectures un petit millier d'années plus anciennes. Tout avait commencé (par une nuit sans lune) avec le challenge Middle earth, lorsqu'Isil et moi même avons plongé avec enthousiasme aux sources de l'imaginaire Tolkienien, soit Beowulf et l'Edda. Ces lectures s'étant révélées plus que satisfaisantes (fantabuleuses serait en dessous de la vérité) nous n'avons eu de cesse d'augmenter notre liste de lectures médiévales (Isil songe d'ailleurs a transformer la catégorie Valar en Iluvatar c'est dire) et de contaminer notre entourage (consentant l'entourage) à grand coup de citations épiques et délicieuses. Jusqu'ici, notre seule retenue fut d'éluder l'apprentissage de l'anglo-saxon et du vieux norrois. Oui nous lisons des traductions, je sais c'est mal mais tout peut encore arriver.

Ceci dit, cette (pas si) nouvelle passion ne doit pas nous faire négliger la rentrée car les dates sont les dates, c'est pourquoi Isil, Fashion, Cryssilda et moi-même avons décidé, en wild lectrices obsessionnelles que nous sommes, d'entamer aujourd'hui (voire hier) un nouveau challenge (qui pour certaines se couplera avec le middle earth, suivez un peu) celui de la Rentrée Littéraire 1220... à peu près ! Les règles sont simples, il s'agit de lire tout ce que vous voudrez mais écrit grosso modo entre 476 et 1492 de notre ère, (dates officielles des début et fin du Moyen Âge). Aucune obligation d'aucune sorte, ni en nombre, ni en langue d'origine, que du plaisir mais sauce médiévale !

 

Allez à titre indicatif, une petite liste de titres qui devraient normalement faire (ou ont déjà fait) l'objet de lectures communes dans le cadre de ce challenge

 

Beowulf (poème épique anglo-saxon)

L'Edda en prose, Snorri Sturluson (recueil de légendes islandaises et scandinaves)

L'Edda poétique (recueil de légendes islandaises et scandinaves)

Le Kalevala (épopée nationale finlandaise)

Le Mabinogion (recueil de légendes galloises)

Le cycle de la branche rouge (recueil de légendes irlandaises)

Gauvain et le chevalier vert (poème anonyme anglo-saxon)

Le chant des Nibelungen (épopée germanique)

...

Cette liste est provisoire et peut, j'en ai peur, s'allonger encore de façon inconsidérée (comment ça, c'est déjà fait). Vous décèlerez à l'oeil nu, une thématique celto-germano-nordique due sans aucun doute à mon challenge middle earth (et ma passion tolkienesque), mais chacun peut faire sa propre liste. Et me donner des idées...

Hwæt !*

PS : Qui devinera d'où vient le titre de ce billet et le complètera ?

PPS : L'image du logo made in Isil, gloire à elle, est plus facile à reconnaître je pense, non ?

* Comme aurait pu conclure Beowulf lui-même !

 

EDIT du 9 septembre...

J'ai cru comprendre qu'une bibliographie indicative serait du goût de tout le monde. je me propose donc de compléter ma propre liste histoire de donner des idées, ce sera fait dans le désordre mais en tenant compte des commentaires hop !

Edit du 19 Septembre : j'ai complété avec vos propositions...


Les lais de Marie de France (XIIe)

Les contes de Caterbury, Chaucer (XIVe)

Les poèmes de Villon (XIV)

Vita et gesta caroli magni, Eginhard, (IXe)

Vie de Saint-Louis, Joinville (XIIIe)

Romans arthuriens, Chrétien de Troyes (XIIe)

Tristan et Iseut (en fait il y a plusieurs versions de cette histoire entre le XIIe et le XVe et des deux côté de la manche)

La chanson de Roland, anonyme (XIIe)

La morte d'Arthur, Malory, (XVe)

Les poèmes de Cynewulf (VIIIe)

Les sagas islandaises, il y a nombre de traduction par regis Boyer (XIIe, XIIIe)

Historia regnum britaniae et Vita merlini, Geoffroy de Monmouth (XIIe)

Le livre des merveilles (ou le devisement du monde), Marco Polo (XIIIe)

Les trois royaumes, roman épique chnois, Luo Ghanzhong (XIVe)

Au bord de l'eau, roman épique chinois, Shi Nai'an, (XIVe)

Le dit du Gengi, Murasaki Shikibu, (XIe)

Le roman de la rose, Guillaume de lorris, Jean de Meung, (XIIIe)

La cité des dames, Christine de Pisan (XVe)

Jeu de Robin et Marion, Adam de la Halle, (XIIIe)

Le roman de Renart, (XIIIe)

Gauvain et le chevalier vert, Poème anglo saxon, (XIVe)

Le journal d'un bougeois de Paris, (XVe)

Le Mabinogion, légendes galloises, (XIIe_XVIe)

Le Cycle de la branche rouge ou cycle d'Ulster, legendes irlandaises, (???)

Le Chant des Nibelungen, épopée germanique, (XIIIe)

L'Edda poétique, mythologie islandaise (XIIIe)

L'Edda en prose, mythologie islandaise (XIIIe)

La divine comédie de Dante, (XIVe)

Histoire ecclesiastique du peuple anglais, Bède le vénérable (VIIIe)

Le roman de Mélusine, Jean d'Arras (XVe)

La chanson de Roland, Turold, XIe


bonne lecture...

 

 

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 20:00

L’Edda en prose ou Edda de Snorri est une transcription et/ou adaptation des principaux mythes scandinaves rédigées au début du XIIIe en vieux norrois par l’islandais Snorri Sturluson. Je parle d'adaptation car, d’une part l’Islande était chrétienne depuis près de 200 ans quand Snorri s’est mis à l’ouvrage, ce qui a forcément influencé la transmission de ces légendes, et d’autre part il est bien possible que l'auteur, prolifique pour son temps, y ai ajouté quelques licences poétiques ou autres. Évidemment d’aucun pourrait penser que la traduction d’un vieux manuscrit poussiéreux et néanmoins nordique serait un tantinet obscure voire ennuyeuse voire sans intérêt. Et bien il n’en est rien.

Du point de vue historique, l’Edda est le plus complet et le plus ancien des écrits mythologiques nordiques. En clair presque tout ce que l’on sait d’Odin, Thor, Loki et consort vient de l’Edda. Du point de vue littéraire c’est un ensemble de fragments d’histoires qui se complètent et se répondent (voire se répètent) aussi facile que plaisant à lire (bon le foisonnement des noms propres peut être un rien désorientant mais on s’y fait.

Au commencement donc, les fils de Bor, Odin, Vili et Vê, tuèrent le vieux géant du givre Ymir :

De la chair d’Ymir

La terre fut créée

De son sang, la mer,

De ses os, les montagnes,

Des ses cheveux, les arbres,

De ces cils, ils firent

Les dieux cléments, Midgard

Pour les fils des hommes.

Vous imaginez bien qu’une cosmogonie qui commence par un démembrement ne peut que tenir ses promesses en matière de grandiose et de sanglant. Viennent ensuite la description des différents dieux et de leurs attributs, la construction d’Asgard, leurs imbroglios familiaux, leurs aventures musclées et bien sûr les démêlés avec Loki. Car comme dans toute mythologie indo-européenne, il faut un côté obscur, incarné ici par ce dieu à la fois espiègle et trompeur, charmant et mauvais.

Tous ces récits ne suivent évidemment pas une chronologie mais plutôt des thématiques. Et ce qui en fait l’originalité, c’est qu’à tout moment, depuis le début du monde, pèse la menace du Ragnarök, le fameux crépuscule des dieux, qui les verra tous mourir au combat quand le loup Fenrir  avalera le soleil et que le monde brûlera. Les allusions répétées à ce grand final donnent à l’ensemble un souffle tragique alors que les épisodes sont bien souvent drôles quoique cruels.

Drôles, je confirme, et même comiques, prenons au hasard le début du chapitre trois du Skaldskapamar « Alors que Thor était parti à l’Est tuer des trolls (pour se distraire sans doute), Odin chevaucha (…) et arriva chez le géant Hrungnir». Suit une sombre histoire de défi "à qui aurait le plus beau cheval," de poursuite, d’abus de bière, de duel truqué et de père boudeur parce que son fils a offert le cheval du géant à un autre que lui. A l'oppposé, le sixième chapitre raconte l’histoire de Sigurd, du dragon Fafnir, de l’anneau maudit et des Niflungar. Le summum du tragique en matière de destin héroïque que d’ailleurs tolkien a réécrit en son temps.

Ce qui nous amène au fait que l’Edda de Snorri pour l’admirateur (ou l’admiratrice) de Tolkien, recèle un troisième trésor de lecture car ce fut une des sources premières de son imaginaires.  Les parallèles sont nombreux mais citons sa vision des nains et de leurs attribut qui doit beaucoup à la vision norroise. Voici d’ailleurs, selon l’Edda, la liste des premiers nains, dont l'un des plus éminent est Durin :

Niping, Dain

Bifur, Bafur

Ori, Oin

Vig et Gandalf

Vindalf, thorin

Fili, Kili

Bon j’arrête ici la liste, ceux qui ont aimé Bilbo le hobbit et le Seigneur des anneaux les reconnaîtront (j'ai dû personnellement sortir mes sels). D’autres références sont moins littérales, comme l’existence du Dieu manchot Tyr qui accepta de mettre sa main dans la gueule du loup Fenrir, le dragon Fafnir lové sur son trésor, l’anneau maudit de Sigurd, l’importance du frène Yggdrasil, l’arbre-monde. Rien n’est semblable bien sûr mais on sent que l’un s'est nourri nourri de l’autre. Comme il se doit au reste, puisque la mythologie de Tolkien se voulait proprement anglaise et donc puisée aux sources nordiques, germaniques et celtiques qu'il connaissait justement sur le bout du doigt. Une bien belle lecture, fantastique au sens propre, que je recommande aux amateurs du genre. Mythique !

 

L’Edda – Snorri Sturluson – début XIIIe – traduit du vieux norrois par Francois-Xavier Dillman – l’aube des peuples – Gallimard - 1991


Cette lecture prend place dans le cadre du Middle earth challenge catégorie valar qui avance bien merci...

 

l'avis d'Isil mon estimée partenaire Valar et néanmoins colectrice

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 16:16

Que dire du Silmarillion qui ne soit fade ou insipide à côté du texte lui-même? J’ai souvent lu qu’il était ennuyeux, quelle idée? En ce qui me concerne cette relecture fut tout sauf ennuyeuse, plutôt magique, épique, merveilleuse…

Techniquement le Silmarillion se compose de cinq parties sélectionnées et complétées par Christopher Tolkien à partir de poèmes, notes et carnets de son père écrits entre 1910 et 1973 date de sa mort. Ces cinq chapitres de tailles disparates retracent les origines et l'histoire du monde en commençant par la création de l’univers (Eä) et de la terre du milieu (Arda) par Iluvatar, en continuant par l’histoire des Valar et des Maiar, puis celle des enfants d’Illuvatar, elfes et humains.

L’Ainulindalë est une courte cosmogonie de la terre du milieu, la Valaquenta décrit le panthéon des Valar et de leurs serviteurs les Maiar, la Quenta Silmarillion conte le destin des fabuleux Silmarils et du Premier Âge du monde, l’Akallabêth retrace l’histoire de Numënor jusqu’à sa chute au Deuxième Âge et enfin Les Anneaux de pouvoir introduit et résume l’histoire du Troisième Âge d’Arda et de la guerre de l’Anneau.

Certes j’aime les récits mythologiques et épiques en général (et oui, j’aime aussi Tolkien d’amour je l’ai peut être déjà discrètement sous-entendu quelque part), ceci explique peut être cela. Mais pour moi le Silmarillion est l’égal des grands récits mythologiques, grandioses et cruelles explications du monde mettant en scène des personnages plus grands que nature, aux destins plus torturés et déments les uns que les autres. Comme, de surcroît, je suis tombée sous le charme du Seigneurs de anneaux il y a bien longtemps déjà, retrouver des lieux, des références, des personnages même ou leurs ancêtres est toujours absolument fascinant. Je voudrais bien faire quelques mentions spéciales, mais lesquelles ? Beren et Luthien les amoureux magnifiques, les enfants de Hurin, Eälendil voguant vers Aman un Simaril au front, la chute de Numënor dans les flots furieux de la colère d’Iluvatar, vraiment je ne sais que choisir. Non pas de mentions spéciales, tout est beau dans le Silmarillion, bien que la dernière partie soit un tantinet frustrante et donne furieusement envie de relire le Seigneur des Anneaux pour avoir la version longue de la fin du Troisième âge… J’ajouterai pour être parfaitement honnête que comme dans tout récit mythologique, le foisonnement de personnages, leurs liens de familles complexes et leurs changements de noms multiples peuvent se révéler un rien désorientants mais on s’y fait très bien, d’ailleurs il y a des arbres généalogiques en annexe… aucune excuse donc. Grandiose !

Le Silmarillion - J.R.R. Tolkien, édité par Christopher Tolkien et Guy Gabriel Kay - 1977

Lu dans le cadre de Challenge Middle earth, version Valar. une affaire qui marche !!!

 

 

 

Lecture commune avec ma Co-Valar, Isil, la lune d'Arda... qui doit donner son avis aujourd'hui

L'avis éclairé ET magnifiquement illustré de notre estimé co-valar El jc de Quadrant alpha

 

PS : J'ai relu le Simarillion en français dans mon vieil exemplaire du livre de poche  mais si quelqu'un veut m'offrir l'edition en anglais illustrée par Ted Nasmith qu'il ne se retienne surtout pas...

PPS : On me dit en coulisse que je n'ai pas utilisé les mots enchanteur, prenant, fabuleux voire fantabuleux, mais c'était pour faire sobre, sinon j'aurais pu...

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 20:00

 

Beowulf est un long poème épique anglo-saxon, composé ou du moins fixé vers le VIIe siècle et transcrit au Xe siècle de notre ère essentiellement en saxon occidental. Il est considéré comme une des œuvres majeures les plus anciennes de la littérature « anglaise ».

Quelque part au Danemark, la cour de Heorot est régulièrement ravagée de nuit par un monstre qui dévore les guerriers dans leur sommeil. Personne ne semble pouvoir résister à ce Grendel, quand survient Beowulf, héros fameux du sud de la Suède qui, ayant entendu parler des épreuves subies par le roi Hroôgard, vient mettre sa force à son service.

Ainsi commence l’épopée de Beowulf qui retrace trois hauts faits d’arme du héros éponyme, deux réalisés dans sa jeunesse à la cour du roi Hroôgard donc et le dernier, cinquante ans plus tard, alors qu’il est lui-même devenu roi des Gauts. Pendant longtemps, semble-t-il ce poème n’a été reconnu que pour ses valeurs historique et linguistique. En 1936 cependant, un professeur de philologie et d’anglo-saxon de l’université d’Oxford, lors d’une conférence restée fameuse, révolutionnera la perception de ce poème en en montrant la puissance littéraire et poétique. Pas de suspens, ce professeur s’appelait John Ronald Reuel Tolkien.

Est-ce grâce à lui que la « magie » de Beowulf nous est aujourd’hui si aisément perceptible ? En partie sans doute. Pour les lecteurs contemporains, à l’imaginaire nourri de fantastique tant par les livres que par les films, la portée fictionnelle et disons universelle de la lutte de Beowulf contre les monstres est immédiatement perceptible. Mieux l’influence de ce poème sur la littérature fantastique, autant dans l’œuvre de Tolkien lui-même que dans celles de ses "admirateurs" ensuite, est réjouissante. L’arrivée de Beowulf et de ses compagnons dans la grande salle étincelante de Heorot fait irrésistiblement penser à l’arrivée d’une partie de la communauté de l’anneau à Medulsed et la représentation visuelle du film de Peter Jackson, qui a respecté l’inspiration scandinave d’Edoras, fait honneur à cette filiation. Gollum, sa préférence pour les lieux souterrains, ses affinités avec l’eau et disons ses appétits rappellent immanquablement Grendel comme l’histoire de Smaug dans Bilbo fait largement écho aux ravages du Dragon brûlant tout le pays après le vol d’une coupe d’or de son trésor, ravages qui provoqueront l’intervention et la mort de Beowulf parvenu au terme d’une longue vie. Au-delà de Tolkien, la vision du héros, fameux par ses quêtes ou ses muscles, devenus roi grâce à sa sagesse ou ses vertus (guerrières les vertus mais néanmoins) nous est familière et acceptable. Tout comme la voyage initiatique et le combat contre des monstres font aisément sens pour nous, rappelant des affrontements plus symboliques, lutte intérieure contre ses propres démons ou autres.

Quelles qu’en soient les raisons profonde, et je dois le dire à mon immense surprise car je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus rébarbatif, lire Beowulf est un pur plaisir épique et poétique, plein de bruits de batailles, d’aventures merveilleuses et d’exploits retentissants. Fantastique !

Beowulf, édition bilingue français westsaxon, traduction André Crépin, Le Livre de Poche, 2007

 

l'avis d'Isil pour cette lecture commune qui nous a mené à deux doigts de l'asphyxie mentale...


Middle earth challenge - Catégorie (apprentis) Valar

PS Et je ne vous ai pas parlé de l'image de l'ours, le nom de Beowulf "loup des abeilles" ferait référence à l'ours. Beorn dans Bilbo est un changeur, homme ours ou l'inverse qui déploie ses compétences guerrières surhumaines sous sa forme animale (on retrouve ce "protecteur", Barak, à peine modifié dans la Belgariade d'Eddings d'ailleurs), mais Arthur fils d'une autre mythologie a lui aussi des affinités avec cet animal... Il faudrait creuser là (et le premier qui me rétorque mi-ours mi-sanglier gare !)

PPS Et je ne vous ai pas parlé non plus de l'introduction de références chrétiennes dans ce qui est très certainement une légende d'inspiration scandinave antérieure à l'introduction du christianisme...

PPPS Et j'ai parcouru aussi la version west saxonne, il y a des mots superbes : Theoden, Middgard,  Wyrm, Beorn...

PPPPS Il y a vraiment trop de choses dont je ne vous ai pas parlé sur Beowulf... vous devriez le lire tiens !

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 08:00

 

Comme je l'ai souvent dit, je suis sujette aux addictions principalement littéraires, je m'en découvre tous les ans de nouvelles certes, mais d'autres perdurent à travers les années, solidement ancrée et, à mon avis, définitivement inguérissable. Prenons Tolkien (uniquement pour l'exemple bien sûr) qui hante mes billets puisque je ne jure que par lui, pourrais-je un jour guérir de mon addiction pour lui ? J'en doute. Et mieux, quand se présente une occasion de replonger dans mes obsessions, je m'y précipite d'un clavier allègre voire j'aggrave mon cas, mais n'anticipons pas.

Cette fois tout commença avec The Bursar et Resmiranda. Après le challenge Re-reading Harry Potter (que j'ai terminé votre honneur même si je n'ai pas encore rédigé tous mes billets) qui nous a valu avec The Bursar de longues vaticinations commentairesques sur les parts d'ombres respectives de Snape et Harry, ces deux charmantes blogueuses ont dû penser qu'il fallait quelquechose d'un peu relevé. Elles se sont donc penché sur le cas de mon bien aimé JRR Tolkien, l'homme qui, l'homme que, celui enfin qui, frustré que l'Angleterre n'ait ,de son point de vue, pas de mythologie propre, lui a donné celle que l'on sait. Ce challenge propose plusieurs niveaux bien sûr, histoire de faciliter l'accès au Professeur pour ceux qui seraient encore novices en la matière

le Hobbit où la lecture d'un seul ouvrage de Tolkien.

l'Anneau où la lecture de Bilbo le Hobbit et du Seigneur des Anneaux.

l’Elfique où la lecture du Silmarillion, des Contes et légendes inachevés, de Bilbo le hobbit et du Seigneur des Anneaux et d'un ouvrage sur Tolkien, son oeuvre ou inspiré par lui, parodies, adaptations en bandes dessinées...

Ici je pourrais introduire un petit passage intitulé du danger de facebook car le dit danger est parfois, comme le diable, dans le détail et l'innocente conversation (enfin innocente au départ) qui conduit trois blogueuses inspirées (Isil, The bursar et moi-même donc) à créer un niveau supplémentaire pour ceux et celles qui auraient déjà quasiment tout lu et aimeraient épicer leurs relectures du piment de la nouveauté.

Ainsi vint le Challenge Valar où la lecture du Silmarillion, des Contes et légendes inachevés, de Bilbo le hobbit, du Seigneur des Anneaux, des Enfants de Hurin, de la légende de Sigurd et Gudrun, les cinq premiers tomes de l'histoire de la Terre du milieu, ainsi que dans la lecture d'un ouvrage sur Tolkien ou sur son oeuvre et d'une de ses sources d'inspirations telles que Beowulf, les Edda, la saga Völsunga, le Kalevala, ou Crist de Cynewulf.

Qui peut bien se lancer dans ce truc de ouf, me direz vous ? et bien euh Isil ou The bursar ou moi ou plein d'autres (vous trouverez les noms et d'ailleurs le règlement complet et les promesses de récompenses ici) pour ma part cela devrait donner dans l'ordre :

Beowulf, poème épique anonyme du Moyen-âge

L'Edda en prose, Snorri Sturluson, manuel de poésie scaldique du XIIIe

Tolkien et le Moyen âge, ouvrage collectif

Tolkien et ses légendes, Isabelle Pantin

Le Silmarillion

Le livre des Contes Perdus, (histoire de la terre du milieu t1 et2)

Les Contes et légendes inachevés Premier âge

Les Lais du Beleriand (histoire de la terre du milieu t3)

Les enfants de Hurin

La Formation de la Terre du Milieu (histoire de la terre du milieu t4)

La route perdue et autres textes (histoire de la terre du milieu t5)

Les Contes et Légendes Inachevés Second âge

Bilbo le hobbit

The Lord of the Rings

Les Contes et Légendes Inachevés Troisième âge

La légende de Sigurd et Gudrun, réécriture par Tolkien de la saga Völsunga.

 

Après je peux toujours en ajouter, une chose en entraînant une autre, d'autant que ma lecture de Beowulf (oui je suis en retard comme d'habitude le challenge est déjà commencé) a été beaucoup plus passionnante encore qu'espérée... Peut être la correspondance de Tolkien dont j'ai déjà lu des extraits fort intéressants, l'Edda poétique, une autre oeuvre de Régis Boyer voire une saga voire...

PS j'ai oublié l'avertissement de rigueur

PPS ceux qui prétendent que je profite de ce challenge pour compléter ma bibliothèque Tolkienesque sont de mauvaises langues, d'accord j'ai acheté deux ou trois choses dont le LOTR en anglais dont je rêvais depuis longtemps mais je l'aurais fait de toutes façons, et toc !

 

 

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