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Chroniques De Lectures

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 21:08

du-cote-de-chez-swann.jpgDu côté de chez Swann est le premier tome de La recherche du temps perdu. Ce roman qui commence par le plus fameux incipit de la littérature française - Longtemps je me suis couché de bonne heure - se divise en trois parties distinctes. Dans la première - Combray - le narrateur, se remémorant les différentes chambres qu'il a connu dans sa vie, plonge peu à peu dans les souvenirs d'une enfance protégée et en particuliers de ses vacances de pâques qu'il passait à Combray - village à la prévisibilité rassurante - où le temps s'écoulait entre lectures paresseuses, diners familiaux, angoisses nocturnes et longues promenades. La géographie sensible du narrateur se scinde alors en deux directions, le côté de chez Swann - tout d'odeurs et de sensualité, et celui de de Guermantes incarnant réussite et mondanités. La seconde partie, roman dans le roman, détachée mais résumant et annonçant tous les thèmes de la Recherche, conte la dévorante passion de Swann - personnage récurrent de la première partie et double fantasmé - à moins que ce ne soit modèle - du narrateur - pour Odette, une "presque cocotte". La dernière partie enfin, revient au narrateur et à ses longues rêveries de voyages s'enroulant autour de noms de lieux qu'il rêve de visiter...

Dis ainsi, cela vous parait-il ennuyeux ? Et bien cela ne l'est pas !

Il n'est guère de lecteurs francophones qui ignorent le nom de Proust et son goût pour les petites patisseries courtes et dodues - expérience de mémoire involontaire devenu symbole absolu du phénomène. Pourtant la rumeur conseille d'éviter l'homme aux phrases trop longues et, jusqu'au mois dernier, je n'en savais guère plus sur l'auteur et son oeuvre cathédrale. Certes je me disais de temps à autres, qu'un jour peut être... et puis vinrent les livres audio. Car tout a commencé ainsi... Un livre audio, un long trajet en voiture et la voix d'André Dussolier me lisant Sur la lecture - préface de Proust à l'une de ses traductions de Ruskin et premières réminiscences de Combray. Quel choc ce fut ! J'ai enchainé avec Du côté de chez Swann et comme André n'allait pas assez vite, je me suis mis à le lire en parallèle. Au rythme de mes trajets et de mes soirées, je lisais ce que j'avais déjà écouté, j'écoutais ce que j'avais déjà lu, je relisais, je réécoutais, je baignais dans ce monde lumineux et coloré, c'était magnifique - c'est magnifique. Peut être ai-je atteint l'âge de la nostalgie car je fut instantanément conquise. Pour ceux qui comme moi, ne se sont jamais approchés du monstre, c'est en effet de cela qu'il s'agit. Le temps perdu, c'est le passé qui ne revient plus, celui qui renferme les trésors de nos expériences, de nos sensations, de l'influence de l'art sur nos sens, le souvenir de l'amour, de la jalousie, de la souffrance, de la vie en somme. Une pure merveille qui se lit lentement car elle vous entraine et vous perd dans les méandres de ces longues phrases songeuses, précises, étincelantes qui vous poussent à la rêverie et la méditation à chaque détour de phrase. On dit que la Recherche est le premier roman moderne, c'est aussi un long poême en prose, une reflexion sensible sur l'humain, un monde en soi, et encore autre chose sans doute qu'il me reste à découvrir. Monumental et fantabuleux !

Du côté de chez Swann - Marcel Proust - 1913

PS : Depuis j'ai lu deux essais sur Proust, deux biographies, vu les trois adaptations cinématographiques tirés de la Recherche et j'en suis à la moitié du tome 3 - Du côté de Guermantes - et c'est toujours aussi bon :-)

PPS : Je sens que je devais vous dire d'autres choses sur Vinteuil, sa fille et sa sonate, les aubépines, les asperges, Françoise et la Charité de Giotto mais il ya beaucoup trop à dire, je ne saurais même pas par où commencer... essayez donc !

PPPS : Je vous ai dit qu'il y a des passages franchement drôles et acides ?

PPPPS : Je sais j'ai l'enthousiasme... enthousiaste mais bon, vous me connaissez, obsessionnelle est mon deuxième prénom...

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 21:20

cartepostale.jpg

Comment parler de cet étrange objet textuel (ciel, un Otni) ? Un essai ? sans doute pas. Un manifeste ? Peut-être. Une théorie ? Non plus ou alors disons un bouquet de mini théories joliment entrelacées. Une promenade plutôt, un peu au hasard des lieux, des temps, des époques... une flânerie d'amoureux des cartes postales, pas tant des photos qu'elles promènent depuis plus d'un siècle, que des mots qu'elles emportent au quatre coin du monde... mots simples, mots rapides, souvenirs, citations, bises, listes, poèmes involontaires aux parfums de vacances. Notre auteur invite son sujet un peu partout, obsédé par cette théorie qu'il poursuit sans jamais la formuler, semant un peu d'histoire au passage, de Paris en Bretagne, de terrasses en vittel menthe, distrait par la joie d'un mot, l'élégance d'une phrase, la pertinence d'une date, la nostalgie d'une signature. Car pourquoi s'arrêter aux cartons colorés vierges qui patientent à la devanture des cafés ou attendre d'hypothétiques envois, quand on trouve sur les marchés des poignées de vénérables cartes sépias ou simplement passées qui n'attendent qu'un nouveau lecteur pour revivre. Une bien jolie balade décidément !

Théorie de la carte postale - Sébastien Lapaque - Acte sud - 2014

PS : affutez vos stylos, rassemblez vos timbres, courez au tabac du coin car bientôt vous aurez une irrésistible envie d'envoyer quelques cartes postales à des amis enchantés...

l'avis de cuné qui m'a donné envie...

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 22:07

buvard.jpgUn jour Lou a lu un roman de Caroline, et puis il a lu tous les autres, tout ce qu'elle a écrit. Et puis il les a relu et lui a écrit. Et cette femme, cette auteure prodige qui se mure dans un silence farouche depuis des années a répondu : elle lui a envoyé son adresse.

Qu'espérait-elle et à quoi s'attendait-il ? Sans doute l'ignoraient-ils eux-même. Lou pensait rester un après-midi, il n'est reparti que neuf semaines plus tard, toujours le même, tellement différent, grandi...

Que ce passe-t-il quand un écrivain rencontre un de ses inconditionnels ? Quelqu'un que son écriture bouleverse au point qu'il pense se reconnaitre en lui - ou en elle. Voilà le huis clos que raconte ce petit roman rugueux, intense et poignant. En courts chapitres percutants - rarement quatre pages, souvent deux, Caroline crache sa vie et Lou l'écoute, la regarde, la comprend souvent, se reconnait sûrement. Peut être qu'elle aussi se reconnait, s'admet un peu ou peut-être pas. Tellement de thèmes s'entremêlent ici autour de l'écriture et de la souffrance d'écrire, le temps bien sûr, le passé qui étouffe, détruit mais peut inspirer aussi, l'emprise, la soumission, la misère sociale, la culture qui sauve, l'amour qui brûle, la rédemption peut-être... tout cela en moins de 200 pages, serrées, haletantes, prenantes, lumineuses parfois, à l'écriture aussi fluide que rapeuse. intense !

Buvard - Julia Kerninon - La Brune au Rouergue - 2014

PS : Buvard est le premier roman de Julia Kerninon, 27 ans... ça décoiffe !

PPS : Normalement je ne dois pas acheter de livre (non, non, non) mais Cuné à été trop tentante, et moi trop faible, my bad...

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 09:21

brumesapparence.jpgQue se passe-t-il quand une parisienne spécialiste en évenementiel, ultra urbaine et allergique à la nature en général hérite d'un bout de terrain dans le fin fond de nulle part ? Elle vend bien sûr ! Seulement il lui faut aller sur place, régler la paperasse dans une étude notariale de province, trouver un agent immobilier chez les bouseux enfin toutes ces choses ennuyeuses. Sauf que bien sûr, rien ne va se passer comme prévu dans ce village de nulle part où tout d'abord Gabrielle découvre qu'elle a encore une tante bien vivante dont elle n'a jamais entendu parler et ensuite que son héritage, la terre des sorciers selon les gens du cru, risque d'être plus difficile à brader que prévu...

Au départ je n'étais pas très sûre d'apprécier ce roman, la personnalité de Gabrielle m'étant parfaitement agaçante et elle l'est en partie restée - agaçante - mais pas seulement car ce personnage pour diverses raisons, dont je ne vous dirai rien - n'insistez pas, va connaitre une évolution mentale, psychologique, spirituelle même tout à fait intéressante. Mieux, l'ambiance et l'histoire m'ont positivement fascinée, le bois des brumes, la rivière, les taillis enchevêtrés, les maisons lumineuses ou maléfiques, les chuchotements dans l'ombre, tout m'a parlé. Même en ronchonnant contre les tergiversations sans fin de cette caricature de parisienne - crédible d'ailleurs - je me suis trouvée incapable de lâcher ce roman avant la toute dernière page. La plume de l'auteure limpide et incisive y est sans doute aussi pour quelque chose. Enchanté !

Les brumes de l'apparence - Frédérique Deghelt - Acte sud - 2014

L'avis bien plus pertinent de Cuné qui m'a poussé à lire ce roman

 

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 17:20

Depuis le départ de son compagnon, Émilie mène une vie bien remplie, disons plutôt épuisante, entre sa fille, son métier de professeure de lettres, ses copies à corriger, ses amies bien intentionnées, ses discussions facebookiennes et ses insomnies chroniques. Malgré les encouragements de ses amies, elle a fait une croix (qu'elle espère temporaire quand même) sur sa vie amoureuse, en attendant d'être vraiment remise de sa rupture mais c'est évidement sans compter avec le sort et le fait que certains hommes fréquentent, contre toute attente, les librairies...

Que ce roman relève de la Chick-lit ou de la romance qu'importe ! Je ne suis pas habituellement une lectrice de ces genres (désolée les prêtresses). Certes j'apprécie de temps à autres une romance historique mais les romances contemporaines me donnent la plupart du temps envie de hurler de frustration quand elle ne me font pas bailler d'ennui. Les gens ne peuvent PAS être aussi immatures et stupides et je hais ces invraisemblables quiproquos qui durent alors qu'ils pourraient être résolus en trois mots si les protagonistes se donnaient la peine d'ouvrir la bouche.

Cela dit, je savais avoir peu de chance de trouver de tels ingrédients dans ce roman précis car quand votre glamourissime jumelle bloguesque se lance en écriture, alors même que vous êtes tombée en amitié avec elle en la lisant, il y a de bonne chance que sa prose vous séduise. Et c'est bien ce qui s'est passé... Rien d'indigeste ou de grossier ici, tout est léger, bien mené, convainquant, réaliste. Ah Émilie, Émilie... que tes obsessions me parlent, que tes cheveux frisent, que tes conversations me font mourir de rire, que tes goûts me chatouillent... Je jure devant Tolkien que tout est possible dans ce roman sauf peut être la rencontre avec un sosie du mythique Bradley Cooper, mais baste les livres sont là pour nous faire rêver que diable.

Angela Morelli nous trousse ici une fable contemporaine allègrement menée, délicieusement écrite, truffée de références littéraires, et pour tout dire aussi drôle et pétillante que parisiennement réaliste. Autant dire un must have du genre. Fashionesque !

L'homme idéal ou presque - Angela Morelli - 2013 - HQN

PS: Pour l'instant ce petit délice n'existe que sous forme électronique mais ne désespérons pas...

PPS: et pour les afficionados, Angela a commis, il y a quelques mois, le délicieux Sous le gui, une très jolie nouvelle de noël qui mérite votre attention et que vous pouvez télécharger gratuitement ici. enjoy !

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 14:29

1930, Mileva Maric, ex-femme d'Albert Einstein, vient de vivre une des journées les plus éprouvantes de sa vie - elle a conduit son plus jeune fils Eduard - 20 ans, à l'asile du Burghölzli de Zurich et est repartie, seule, rongée de culpabilité et de désespoir. Dans le même temps Albert à Berlin s'interroge : alors que le monde se referme sur lui, devenu ennemi du régime hitlerien, que convient-il de faire pour ce fils qui l'inquiète depuis longtemps et sera bientôt diagnostiqué schizophrène ? Et Eduard dans tout cela ? Eduard rêve, imagine, sanctionne, philosophe aussi... que lui sert donc d'être le fils du plus grand génie du siècle, un absent qu'il déteste, et ne peut-il se définir que comme fils de... ? Jamais plus Eduard, vulnérable, souffrant mais aussi dangereux ne quittera vraiment l'asile, jamais plus ses parents ne se libéreront de la lourde charge de l'enfant malade...

Que voici un roman fascinant, mené à trois voix celles d'Eduard, de Mileva et d'Albert, il tisse l'histoire d'une famille brisée qui n'existe plus que par la maladie d'un des fils. Car c'est bien de cela qu'il s'agit... Après leur divorce, Albert et Mileva aurait pu cesser totalement de correspondre - peut être cela eut-il été mieux pour Mileva après tout - mais un fils malade, incurable, fou... dont il faut prendre soin - serait-ce de loin, pour lequel il faut prendre des décisions, cela représente des obligations bien difficiles à tenir que ce soit pour des raisons psychologiques - Albert semble persuadé que sa présence ne pourrait qu'aggraver l'état de son fils - que pour les difficultés pratiques d'un monde déchiré par la guerre et l'exil.

Laurent Seksik sait donner corps à ses personnages et on ressent une grande compassion pour ses destins qui peuvent apparaitre de l'extérieur, brisés - Mileva - pleinement accompli - Albert - ou simplement gâché par la maladie et les balbutiements d'une psychiatrie naissante - Eduard - mais qui tous recèlent une terrible félure affective. Juger pourrait sembler facile mais L'auteur ne s'y risque pas et je lui en sais gré car qui pourrait prétendre savoir que faire dans une telle situation. Une plongée fascinante quoique parfois dérangeante dans l'intimité d'un des grands hommes du XXe siècle. Poignant!

Le cas Eduard Einstein - Laurent Seksik - 2013 - Flammarion

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 10:39

Une boule de verre dans la boîte aux lettre... Depuis toujours, c'est ainsi que Curtil annonce ses retours, et depuis toujours, pour ses enfants c'est le signe de l'attente du père. Alors Carole fait ses valises et retourne au Val où elle a grandi, au Val que son frère et sa soeur n'ont jamais quitté et où ils attendent eux-aussi, armés de leur boule à touriste pleine de cristaux de neige artificielle tombant sur des décors naïfs.

Voir son père, le retrouver et rentrer, l'affaire de quelques jours dont elle profitera pour avancer un peu sa traduction de la vie de Christo - celui qui voile les choses pour mieux les révéler, c'est ce que pense Carole. Seulement, Curtil n'est pas encore là quand elle arrive, et l'attente s'installe...

Je n'avais jamais lu Claudie Gallay. On s'en moque me direz-vous et vous aurez bien raison mais cela a son importance car cette lecture me fut un choc esthétique. Le style de cette auteure est bien étrange. Au premier abord, il agace. Il gratte, il démange, accroche l'oeil et puis sans qu'on sache bien pourquoi, on se retrouve installée dans cette histoire, dans cette attente, faite de gestes quotidiens décrits aussi minutieusement aussi sobrement aussi banalement que la nature sauvage qui se referme sur ce village de montagne. Quel est donc l'adjectif qui signifie exactement l'inverse de lyrique ? Certainement pas simple en vérité. Quelque chose comme âpre peut être ou cru ou austère mais avec un côté plus sensuel que désagréable dans le rugueux - oui je m'égare dans le lyrisme justement, abus d'adjectif, vous me ferez vingt lignes - car, quand tout est dit, une fois dedans, on ne veut plus que cela s'arrête. Les personnages vous deviennent aussi proches que votre propre famille, la nostalgie vous écorche, la neige vous brûle et dans ce temps qui s'étire, chacun a le loisir de méditer sur les relations qui se tissent entre nous et les autres, entre frères et soeurs, entre amis d'enfance, entre mère et fille, entre femme et homme, entre homme et chien... Une découverte !

Une part de ciel - Claudie Gallay - Actes Sud - 2013

PS: Coup de coeur (au cas où ce ne serait pas clairement clair)

PPS: Le soir même, une adaptationdes Déferlantes passait à la télé, j'ai aimé...

PPPS: je suis en train de lire les Déferlantes...

PPPPS: Qu'a-t-elle écrit d'autre, il me faut des munitions...

PPPPPS: LCA (Lectrice compulsive anonyme) bonjour j'm'appelle Yue, quinze minutes sans toucher un livre, vous aimez Claudie Gallay ?

Lu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire organisés par Price Minister.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 21:07

Automne 1918, dans les tranchées on attend la fin de la der des der en essayant de se faire le plus petit possible. Enfin peut-être pas tout le monde, certains officiers espèrent sans doute un ultime fait d'arme qui leur assurerait une dernière tranche de gloire assaisonnée d'une petite breloque voire d'une promotion et tant pis pour le glaçage de morts. De là, à provoquer toute l'affaire, il n'y a qu'un pas... Et dans le tourbillon de fer et de feu de la cote 113, trois hommes vont se retrouver liés à jamais, Albert petit comptable quelque peu falot, Edouard flamboyant fils de famille en rupture de ban et Henri - mais nous l'appellerons plutôt Pradelle - profiteur de guerre qualifié et je dirais assumé.

Dans une France ravagée par la guerre, glorifiant ses morts mais avide d'oublier des survivants mutilés, traumatisés et pour tout dire bien peu décoratifs, les affaires restent les affaires et l'époque se prête prodigieusement aux trafics et arnaques en tout genre. Et après tout, si le pays ne les aide pas, certains n'ont-ils pas quelque droit à exiger réparation d'une façon ou d'une autre...

Bon avouons-le c'est un roman plutôt glauque que nous avons là : une période à la limite du sordide, des personnages qui ne sortent pas vraiment grandis de leurs épreuves et restent bien peu attachants - quand ils ne sont pas tout bonnement immondes, mention spéciale au monumental Pradelle - et une intrigue certes fort habile mais qui donne une image peu ragoûtante de l'humaine nature. Notez bien que l'arnaque des poilus - contrairement à celles (au pluriel) de leur officier - a quelque chose de sympathique voire de grandiose et on en arrive à souhaiter qu'elle réussisse. Car la grande qualité de ce  roman, outre un style excellent, est cette maitrise dans la conduite de l'histoire – cet emboitement d'arnaques en miroir - qui culmine en un véritable suspens. Je ne suis pourtant pas amatrice du genre - je fuis les thrillers comme la peste - mais là, je me suis laissé prendre au jeu. Si je devais chercher la petite bête, je dirais qu'entre un début grandiose - un premier chapitre d'anthologie - et une fin picaresque, le rythme faiblit un tantinet mais pas de quoi gâcher mon plaisir de lecture. Cruel !

Au revoir là haut - Pierre Lemaître - 2013 - Albin Michel

P.S. Le magnifique titre de ce roman est tiré de la dernière lettre de jean Blanchard, fusillé pour trahison en 1914 - réhabilité en 1921 « Je te donne rendez-vous au ciel où j'espère que Dieu nous réunira. Au revoir là-haut, ma chère épouse... »

P.P.S. Sur cette période de l'après première guerre, je ne saurais trop recommander dans un autre genre - un rien moins glauque - Un Long dimanche de fiançailles de mon très aimé Sébastien Japrisot et son adaptation cinématographique éponyme par l'excellent Jean-Pierre Jeunet.

Une Lecture commune avec Julie des Magnolias...

 

 

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 21:02

Jean-Jean, petit employé du service de sécurtié d'un supermarché tentaculaire, se retrouve bien malgré lui - mais non sans raison - la cible d'une vendetta des plus sanglantes. En décidant de liquider toute sa famille toutefois, le quatuor d'hommes loups lancés sur ses traces avaient compté sans les deux femmes de sa vie - la légitime à l'adn joyeusement saupoudré de mamba vert et la convoitée plutôt loutre question génétique. Femmes peu commodes l'une comme l'autre...

Alors disons le tout de suite, ce bouquin est quand même bien barré. En soi ce ne serait pas un mal d'autant que le style est réjouissant et que la dénonciation au vitriol du libéralisme galopant à la sauce mercatique est tout ce qu'il y a de plus réussie, dans une tonalité gris glauque bien angoissante. L'intrigue - un rien longue peut-être à mettre en place - est plutôt bien menée dans le genre  thriller sanglant et les personnages, quoique déprimés et déprimants, bien campés - mention spéciale pour les loups, effrayants comme dans un conte. Pourtant la sauce n'a pas pris et je me suis longuement demandé pourquoi. En fait, j'ai bien failli abandonner en cours de lecture alors que je trouve à ce roman des qualités objectives.

A la réflexion, je crois que c'est le langage qui m'a été indigeste. Il parait que l'auteur s'est longuement documenté pour rendre au mieux le langage des professionnels de la vente, et bien disons qu'en ce qui me concerne il a trop bien réussi. Je suis allergique à ce charabia - que j'entends déjà bien trop partout - alors à longueur de page et même pour en dénoncer le ronflant et le creux, c'est vraiment trop pour moi. Quant au côté désopilant vanté partout, j'y suis apparement insensible - j'y ai vu du cynisme et de la noirceur oui - un peu de facilité parfois, mais vraiment rien de drolatique... Ce monde - malgré quelques injections symboliques de gènes lupins ou reptiliens - ressemble bien trop au nôtre pour me faire rire. Allez, j'ajoute quand même un bonus pour pour le final, le coup d'ikéa (non je ne vous en dirais pas plus) après un final haut en couleur (non vous ne saurez rien) a réussi à me faire sourire (jaune). Sinistre !

Manuel de survie à l'usage des incapables - Thomas Gunzig - Au diable vauvert - 2013

Lecture commune avec Julie des Magnolias dans le cadre de son année de l'anticipation

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 20:15

Il parait qu'autrefois certains animaux traversaient le ciel grâce à leur ailes, de fins bras couverts de plumes qui battaient comme des éventails. Ils glissaient dans l'air à plat ventre, sans tomber. (...) On les appelaient "les oiseaux". Petite, j'ai demandé à ma mère de me raconter, mais elle a changé de sujet. Cette histoire d'"oiseaux" est-elle vraie ? Voilà le genre de question que se pose Petite boîte d'os, la fille du pasteur, quand elle rêve sur les pontons de son village, près du lac dont les eaux semblent monter année après année tandis que la pêche - principale activité du coin - cède peu à peu la place à l'élevage de cochons amphibies fluorescents. Car tout comme l'eau monte, le changement est inévitable et Petite boite d'os en sera inévitablement spectatrice. On ne saura pas grand chose de plus sur ces cochons qui luisent doucement dans le lac-cimetière, ni sur ces fameux oiseaux. Ont-ils existé ? Et si oui, que sont-ils devenus ? Mais on saura tout de Petite boîte, de sa famille, de sa vision du monde et de sa vie...

Comment parler de ce très court texte - à peine une cinquantaine de pages - d'une densité exceptionnelle. Je le vois comme un long poème en prose à l'écriture lumineuse qui aurait très bien pu s'appeler Vie ou Changement. J'aime son titre cependant, Monde sans oiseaux, car il épingle sans en avoir l'air la subjectivité de ce regard qui sera notre seule fenêtre sur ce monde qui reste un mystère. Je l'ai lu en apnée, d'une traite, je ne dirais pas fiévreusement car la langue est trop belle pour qu'on la survole mais sans pouvoir le poser une seconde. Non à cause d'un quelquonque suspens mais comme prise au piège de cette femme simple, aussi ordinaire et complexe que vous et moi. On grandit avec elle, on questionne, on se révolte, on s'assagit, on aime, on souffre, on vieillit et on referme le livre quelque peu désorienté et passablement hors du temps... Beau et effrayant comme un lac dont l'eau monte !

Monde sans oiseaux - Karin Serres - 2013 - Stock

L'avis de Julie des magnolias avec qui je partage cette lecture commune, lecture qui pourrait également faire partie d'un hypothétique challenge 1% de la rentrée littéraire (je me rapproche, j'en suis à trois livres lus sur six)

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