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Chroniques De Lectures

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 20:20

dragon-bleu--tigre-blanc.jpgLes temps sont durs pour l'inspecteur-chef Chen subitement démis de ses fonctions sans explications ni préavis. Mis sur la touche avec une fonction honorifique creuse à souhait, il sent se nouer autour de lui et de ses proches un dangereux et inexplicable complot. Trahi par le système même qu'il a tenté de servir au mieux toute sa vie, notre Chen ne sait plus guère à quel poème se vouer mais n'entend pas baisser les bras sans comprendre de quoi il retourne...

Quelle surprise de retrouver l'inspecteur Chen - que l'on croyait bien installé en cadre montant du Parti malgré son incorrigible probité - en déclassé semi-clandestin, naviguant en eau trouble de l'ultramoderne Shangai à l'antique Suzhou, entre enquête policière en sous-main, complot politique et corruption galopante. Qiu Xialong s'inspire ici d'un scandale politique aussi récent que retentissant - L'affaire Bo Xilai précisément - pour nous offrir encore une fois un étonnant point de vue, sévère mais riche et nuancé, sur la Chine actuelle. Passionnant !

Dragon bleu, tigre blanc - Qiu Xialong - 2013 - traduit de l'anglais par Adélaïde Pralon - Liana Levi - 2014

PS : Je crois que nous avons affaire ici la onzième (et dernière ?) enquête de l'inspecteur chef Chen.

PPS : J'ajoute que même quand tout va mal, les enquêtes de l'inspecteur Chen sont toujours gourmandes et me donne toujours faim...

PPPS : Je garde un souvenir enchanteur (quoique un peu perplexe) de Suzhou ville traditionnelle étonnament préservée pleine de charme et de jardins.

Dans les épisodes précédents (my bad, je n'ai pas tout chroniqué, mais enfin vous me connaissez quoi...) :

Mort d'une héroïne rouge

Le très corruptible mandarin

La danseuse de Mao

Les courants fourbes du lac Tai 

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 20:18

Dexter Morgan est expert médico légal pour la police de Miami, spécialisé dans les tâches de sang. A ses heures perdues, il pratique le meurtre en série avec torture et démembrement, on ne sait pas bien dans quel ordre. Par un heureux hasard pour les innocentes proies humaines, son flic de père adoptif ayant repéré ses pulsions précoces - les animaux avait tendance à disparaitre dans son entourage - l'a doté sinon d'une conscience - chose impossible - du moins d'un code de conduite l'obligeant à limiter son hobby aux tueurs certifiés conformes - Dexter doit en avoir la preuve absolue sinon légale - ayant réussi par quelque artifice à échapper à la justice. Promu ainsi au rang de justicier-serial-killer (type Judge Dread en somme), Dexter passe le reste de son temps à peaufiner son "déguisement", imitant en véritable artiste les émotions qui lui restent étrangères et tentant péniblement de comprendre ce qu'attendent de lui les "vrais humains" qui l'entourent. Les choses en sont donc confortablement là pour lui, lorsqu'un nouveau tueur fait son apparition à Miami, un tueur qui semble partager la paradoxale répulsion de Dexter pour le sang dans la mesure où ses victimes sont toutes retrouvées sans la moindre goutte du liquide en question...

Y a-t-il encore dans la salle des gens qui ignorerait l'existence du très Dangereux Dexter le souriant serial killer ? La série télévisée de James Manos diffusé sur Showtime l'a rendu fort célèbre. Les romans d'origine de Jeff Lindsay restent plus confidentiels ce me semble et la curiosité étant ce qu'elle est, pour les chats dans mon genre, il fallait bien que j'aille fureter de ce côté.

Alors en tant que polar, les romans de Lindsay pêchent nettement par manque de réalisme. Les enquêtes sont expédiées, peu crédibles et on peine à croire que la police de Miami soit intégralement composée de débiles profonds à l'exception, bien sûr, du pétulant tueur qui lui sert d'expert en tâches sanguinolentes. Pour autant ces romans dégagent un certain charme dû essentiellement à leur bien réelle drôlerie. Les personnages principaux sont dysfonctionnellement réjouissants, Dexter lui-même bien sûr mais aussi sa pathético-idéale famille d'adoption - de la soeur flic navrante de grossièreté à la copine déguisement idiote, en passant par les enfants traumatisés en bonne voie pour relever le flambeaux sanglant de beau-papa. Et surtout le ton de ces romans est une vraie réussite, drôle, décapant, cinglant même et très réellement glauque parfois. Plus que dans la série me semble-t-il, ici nous sommes dans la tête du tueur et le discours est éminemment dérangeant quoique drolatique. Autant vous dire que pendant ma lecture (J'ai lu les cinq premiers tomes d'affilé, j'avoue tout) il était totalement inutile de me demander son chemin dans la rue, j'ai arrêté de répondre aux inconnus, roulé toutes portières verrouillées et tutti quanti... A côté le Dexter de la série est beaucoup plus convenable - il est vrai que je n'ai pas vu toutes les saisons (je suis parfois volage) (surtout avec les serial killers) (mais je m'égare). Un polar moyen donc - au cinquième tome, je me suis clairement lassée - mais avec un ton et une drôlerie qui en font une lecture divertissante sinon moralement recommandable. Sanglant!

Ce cher Dexter - (suivi du Passager noir, des Démons de Dexter, de Dexter dans de beaux drap, de Ce délicieux Dexter, de Dexter dans de beaux drap et de Double Dexter - les allitérations en D ne sont pas de moi) - Jeff Lindsay - 2004 (pour le premier tome) - traduit de l'anglais par Sylvie Lucas - Points

PS: Le premier tome correspond, à deux ou trois morts et quelques litres de sang près, à la première saison de la série. Ensuite les histoires divergent complètement. Et honnêtement elles sont bien meilleures dans la série, le ton par contre me semble nettement plus décapant dans les romans. Un bonus à Michael C. Hall qui campe un Dexter presque aussi inquiétant que celui des romans alors même que les intrigues le bride nettement plus.

PS: La relation entre Dexter et son passager noir vaut parfois son pesant de cacahuètes - sympathique variation sur le dialogue intérieur version démoniaque - tout comme les conversations qu'entretiennent les différents passagers trimballés par les monstres divers et variés qui se croisent et se recroisent dans ces pages (et il y en a... de tous les âges).

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 16:47

poussiere.jpgWyoming, comté d'Absaroka, le moins peuplé de l'ouest et de tous les points cardinaux des Etats-Unis, Walt Longmire, shérif du coin depuis un quart de siècle, doit enquêter sur la mort d'une jeune asiatique, peut-être une de ses enfants de poussière nés d'une mère vietnamienne et d'un plus ou moins mythique père américain. Mais que diable venait-elle faire dans ce trou perdu ? Question potentiellement dérangeante, d'autant que dans le sac à main poussiéreux trouvé sur les lieux du crime, on trouve, bien cachée dans la doublure, une vieille photo prise au Boy-Howdy Beau-Coups Good Times Lounge (sacré nom) en 1967 juste avant l'offensive du Têt ; la photo d'une entraineuse de bar en compagnie d'un tout jeune policier militaire un peu trop grand, un peu trop musclé nommé Walt Longmire...

Craig Johnson tisse ici deux histoires parallèles parfaitement imbriquées, celle de l'enquête d'aujourd'hui dans le grand ouest poussiéreux où rodent les fantômes de la horde sauvage à deux pas du fameux Hole in the wall, et celle d'évènements bien plus anciens arrivés dans le chaos d'une guerre et la moiteur de la jungle vietnamienne. 

L'écriture évocatrice, riche et précise de Johnson fait merveille encore une fois, brossant deux décors extrêmement vivants et deux intrigues parfaitement maîtrisées. Ici ce sont moins les imbrications du crime et de l'enquête - pourtant bien menée et intrigante à souhait - qui séduisent, que les rencontres qu'elles provoquent et la façon dont elles font évoluer les relations entre personnages. Des personnages plutôt détonnants, complexes et finalement extrèmement attachants chacun dans leur genre ; mention spéciale à Walt bien sûr, immense, maladroit, plein de doutes mais d'une solidité et d'une humanité confondante.

Un excellent polar ethnologique et poétique dans la lignée de Tony Hillerman et un excellent roman tout court. Addictif !

Enfants de poussière - Craig Johnson - Gallmeister - 2012 - Traduit de l'américain par Sophie Aslanidès

Dans les épisodes précédents :
Little bird
Le camp des mort

L'indien blanc

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 20:00

Campanie an 79 de notre ère, Helkias, où plutôt Manius Salvius Priscus le célèbre avocat, se repose dans sa demeure de Paestum, l'antique Poséidonia. Au détour d'une librairie, il tombe par hasard sur un vieil ami qui en profite pour lui confier une petite enquête privée. Un camée représentant Adonis a mystérieusement disparu de sa collection et soupçonnant un membre de sa famille proche, il répugne à faire appel au préteur du cru. Désoeuvré et quelque peu déprimé par le départ de sa compagne, Helkias accepte volontiers de s'intéresser d'un peu près à la villa Fabrina et à ses habitants... Très vite cependant il soupçonne quelque chose de beaucoup plus grave et de beaucoup plus complexe qu'un simple mauvais tour familial.

Marie Visconti excelle à faire revivre l'atmosphère et la vie quotidienne de l'antiquité romaine, et dans ce cas précis de la Grande Grèce, c'est à dire le sud très anciennement hellenisé de l'actuelle Italie. Ce lieu lui donne l'occasion de mettre en scène non seulement d'antiques traditions grecques encore vivaces à cette période mais aussi les influences étrusques - bien plus anciennes encore - qui s'y mêlent. Le personnage d'Helkias est peut être un peu trop sympathique pour être honnête mais il relève d'une nouvelle catégorie d'hommes, ces nouveaux citoyens romains issus des quatre coins de l'Empire, ce qui le rend finalement assez crédible et attachant. L'histoire est complexe et bien menée, le cadre aussi exotique que somptueux, les personnages tordus à souhait et on profite d'une belle leçon d'histoire tout en s'amusant. Dépaysant !

Le meurtre d'Adonis - Marie Visconti - Labyrinthe - 2001

PS : Bon j'avoue j'ai passé ensuite pas mal de temps à relire mon Suétone et à chercher sur le net (merci Wikipédia) des infos sur Poséidonia et ses ruines, la Grande Grèce, les Flaviens (la rivalité entre Titus et Domitien est une donnée importante de l'intrigue) mais bon je suis un peu givrée, ce n'est pas absolument necessaire.

PPS : Les aventures d'Helkias comptent à ce jour cinq épisodes, dont le Cheval d'Octobre qui se passe essentiellement en Gaule et que j'ai lu avec beaucoup de plaisir cet été (mais oublié de chroniquer, évidemment).

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 08:00

derive-sanglante.jpegAprès un accident officiellement dû à la foudre, Stoney Calhoun s'est réveillé sans mémoire ni passé. Nanti d'une confortable somme d'argent mais sans réponses à ses questions,  il s'est laissé guider par son instinct et a abouti dans le Maine. Cinq ans plus tard, il y est encore partageant sa vie entre son travail de guide de pêche et la cabane qu'il s'est bâtie au fond des bois. Jusqu'à ce que son meilleur ami disparaisse et que d'étranges réflexes lui reviennent...

 

Sur une trame qui pourrait sembler assez classique, l'homme sans mémoire à la vie d'autrefois sans doute casco-bay.jpegintéressante, Tapply réussi le tour de force d'entrelacer à la fois un vrai polar et un magnifique hymne à la nature - du nature writing selon le terme consacré. Dérive sanglante (tout comme ses deux suites, Casco Bay et Dark Tiger) met en scène des personnages fascinants - Stoney notamment ce qui n'est pas une mince affaire quand il s'agit d'un homme sans mémoire, des intrigues tortueuses sur fond d'inévitables interrogations liées au passé, tout en  nous donnant une furieuse envie d'aller passer quelques jours à rêvasser sur les côtes du Maine. Même la fabrication et la classification des mouches devient intéressante avec Tapply c'est dire.

dark-tiger.jpgCar si ce sont les histoires qui nous font tourner les pages, ce sont l'atmosphère et le cadre qui font de ces trois romans de vraies pépites. La nature y est omniprésente, luxuriante, formant un contrepoint positif aux actions et motivations des hommes, celles-ci justes ou injustes n'étant jamais que des notes discordantes sur ce fond étrangement serein. Pour autant les personnages sont loin d'être simplistes ou manichéens et tous sont assez complexes pour être attachants sinon toujours sympathiques. Et au centre règne Stoney qui malgré une non ingérence quasi bouddhique se retrouve malgré lui au centre de tout - Stoney, personnalité réinitialisée sous une forme étonnement solide - simple, fiable, méthodique, aussi rugueux et inébranlable que le Maine lui-même.

La mort de Tapply nous prive hélas du fin mot de l'histoire (dont je ne vous dirais rien, lisez donc) et mon esprit cartésien s'en offusque quelque peu mais tels quels ces romans sont de petites merveilles à déguster toutes affaires cessantes. Vivifiant !

Dérive sanglante - Casco Bay - Dark Tiger - William G. Tapply - Gallmeister - 2008/2009/2010

PS : J'ai dit que Les trois romans se suivaient et c'est chronologiquement vrai mais ils se lisent très bien séparément, personnellement j'ai commencé par Casco Bay, puis Dark tiger et enfin Dérive sanglante et cela ne m'a nullement gênée car les intrigues policières sont totalement indépendantes les unes des autres... précisons, précisons !

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 08:00

Paris, 1885, la célèbre demi-mondaine Clara Saint-James vient de perdre son riche protecteur. Les dernières volontés de ce dernier l'amène à faire la connaissance d'un jeune médecin métisse, Victor Dupuy, à qui feu son amant destinait une importante somme d'argent. Incertaine de son avenir et quelque peu isolée dans son bel hôtel particulier, c'est vers lui que Clara se tourne lorsque son jeune groom disparaît alors que des cadavres de jeunes garçons vidés de leur sang se multiplient dans les cimetières parisiens...

Patricia Parry aime les feuilletonistes du XIXe - ô joie, je les adore aussi et ce roman fourmille de clins d'oeil et d'allusions sans parler de sa construction qui mêle extraits de feuilleton à sensation (justement), articles de journaux et points de vues des personnages. Quel plaisir de retrouver la plume alerte de l'auteure de L'Ombre de Montfort, son intérêt pour l'histoire, sa passion de la médecine et sa fascination pour la différence. Dans le truculent Paris de la toute fin du XIXe siècle, les péripéties s'enchaînent à un rythme enlevé mêlant haute bourgeoisie, journalistes à la petite semaine, feuilletonistes peu recommandables, gamins délurés, lieux de débauche et laboratoire discret de l'Hôtel Dieu avec en fil conducteur la solitude de ces deux réprouvés d'une société hypocrite. L'une s'est élevée par le demi-monde - et puis c'est une femme et qu'est-ce qu'une femme sans naissance dépourvue de protecteur, l'autre, bien que descendant d'un héros de l'empire tel le très célèbre Dumas, a le teint trop foncé pour être honnête. Au départ on se dit que ces héros sont peut être un tantinet trop parfaits mais l'auteure sait tisser sa toile et peu à peu se dessinent des personnalités plus complexes qu'attendu, une savoureuse galerie de personnages secondaires et une intrigue retorse bien apte à nous faire savourer - si je puis dire - les contradictions et les turbulences d'une époque aussi violente que haute en couleur. Saignant.

Sur un lit de fleurs blanches - Patricia Parry - Le Masque - 2012

PS : J'ai beaucoup aimé le ressort de l'intrigue et la façon dont il sert de révélateur à la stupidité des préjugés fondés sur la peur. Mais je n'en dirais pas plus, ce serait mal, ce serait spoiler !

PPS: Patricia a également publié deux enquêtes d'Antoine Le Tellier mêlant passé et présent, Petits Arrangements avec l'infâme et Cinq Leçons sur le crime et l'hystérie mais selon ma mauvaise habitude je ne les ai pas chroniqués, shame on me ! Cela dit, le présent opus m'a plu d'avantage encore !

PPS : Par contre je n'apprécie pas beaucoup les changements typographiques aux changements de narrateur, mes yeux saignent ! Mais bon c'est du détaillounet !

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 09:21

De retour sur son île natale après avoir dit adieu à la police, Finn Mcleod accepte un poste de garde pêche en chef sur le domaine, vaste exploitation qui possède la plus grande partie des terres de Lewis. Si son objectif principal est la chasse aux braconniers "industriels" qui dévastent les réserves de l'île, son propriétaire aimerait bien qu'il mette aussi au pas les "préleveurs" locaux et notamment Whistler - le pire de tous - qui se trouve être un ami d'enfance de Finn. Au cours d'une rencontre nocturne, tempétueuse et dévastatrice comme seule l'Ecosse sait les ménager, tous deux tombent sur l'épave d'un petit avion abritant le corps d'une star du rock celtique disparu vingt ans plus tôt. Seulement l'avion est intact et le corps montre des signes de meurtre, et cela change tout...

Ce troisième roman de la trilogie écossaise de Peter May est l'occasion d'une nouvelle plongée dans le passé de Finn, celui de son adolescence précisément, lorsqu'il était roadie pour un petit groupe de rock de Lewis qui allait conquérir le monde. Et là je suis assez d'accord avec Cryssilda, la façon dont l'auteur raccorde ses romans entre eux est un tantinet tiré par les cheveux et l'articulation entre l'enfance de Finn dans l'île des chasseurs d'oiseaux et son adolescence dans celui-ci n'est pas des plus transparentes.

Mais passé ce bémol, je me suis comme d'habitude régalée avec ce polar écossais qui est avant tout une déclaration d'amour à l'île de Lewis et l'occasion d'explorer ses paysages torturés et venteux. Mais il y a plus car les personnages de May sont plus attachants et profonds qu'il n'y parait et leur relation avec leur île, tiraillée entre amour et haine, est fascinante à observer. Peut-être Peter May - lui-même installé dans le sud de la France - a-t-il mis pas mal de lui-même dans ces aspirations contradictoires et contrariées, quoiqu'il en soit elles sonnent juste et donnent un relief particulier à ce qui pourrait être une histoire policière assez classique. Cette atmosphère et ces personnages associés à l'écriture fluide de l'auteur font de ce roman un excellent moment de lecture, fort bien construit dans ces alternances entre passé et présent, avec à la clé quelques plaisants questionnements sur le groupe de rock qui a bien pu lui inspirer cette histoire. Ecossais !

Le braconnier du lac perdu - Peter May - Le Rouergue - 2012 - traduit de l'anglais (mais non publié encore dans cette langue) par Jean-René Dastugue

L'avis de Cryssilda que je remercie quarante douze mille fois pour m'avoir fait connaitre cette trilogie et m'avoir prêté ce livre ci que j'attendais en trépignant littéralement

PS : Mention spéciale au final qui m'a personnellement beaucoup touché et qui d'une certaine façon donne au moins une des clés expliquant les relations entre les habitants et leur île natale.

PPS : je vous ai dit que j'étais allé spécialement contempler les figurines de Lewis au British Museum ? 

Dans les épisodes précédents:

L'ile des chasseurs d'oiseaux

L'homme de Lewis

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 21:25

Lorsque Henri Standing Bear, son immutable ami, est invité à Philadelphie pour une exposition sur l'art amérindien, Walt Longmire saisit l'occasion pour passer quelques jours avec sa fille Cady, avocate en pleine ascension dans la cité de l'amour fraternel (oui c'est le petit nom de Philadelphie pour les non initiés). Seulement à son arrivée, Cady est plongée dans un coma profond après une agression et Walt se sent aussi incapable de la quitter que de rester simplement assis à attendre qu'elle se réveille. En cherchant à en savoir plus sur la vie de sa fille, il se retrouve entrainé dans une affaire aux ramifications profondes où son obstination aussi tranquille que désespérée va faire merveille d'autant qu'il dispose de quelques alliés précieux...

La troisième enquête de Walt Longmire après Little bird et Le camp des morts tient toutes les promesses des précédents opus. Certes cette fois Walt est un peu déplacé, arpentant les trottoirs d'une grande ville plutôt que les étendues plus ou moins désertes de son comté du fin fond du Wyoming, mais sa force tranquille est bien là. Comme ce flegme obstiné teinté de timidité et profondément humain qui en fait un enquêteur si attachant. Autour de lui quelques amis hauts en couleur et une ville qui est presque un personnage à part entière. J'avoue que c'est la première fois que Philadelphie m'apparait comme une destination attirante - à tort sans aucun doute mais que voulez-vous ? L'intrigue est bien construite, retorse, menée sans temps mort mais en laissant le temps aux personnages d'exister et à l'atmosphère de s'installer. Parfois le Nature Writing s'invite en ville... Urban cow boy !

L'indien blanc (Kindness goes unpunished) - Craig Johnson - traduit de l'américain par Sophie Aslanidès - Gallmeister noire - 2011

Dans les épisodes précédents
Little bird
Le camp des morts

PS : J'ai vraiment hâte au prochain épisode, je vais être o-bli-gée de passer à l'anglais, je le sens!

PPS : Et j'aime Walt et Henry, définitivement...

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 10:51

De retour sur son ile natale après avoir fait table rase du passé, divorce et démission au premier chef, Finn s'installe dans les ruines de la maison de ses parents pour la retaper et se reconstruire un futur quand on découvre dans les tourbes de l'ile, le cadavre momifié d'un homme assassiné. Ce qui aurait pu n'avoir qu'un intérêt archéologique se transforme en enquête policière lorsque l'ADN révèle que le mort est le frère d'un habitant de l'ile toujours vivant quoique plutôt âgé et officiellement fils unique en plus d'être le père de l'amour d'enfance de Finn. Ce dernier tente donc, par amour, amitié, compassion et peut être curiosité de résoudre ce curieux problème rendu plus opaque encore par l'insaisissable mémoire du vieillard perdu dans les méandres de la maladie d'Alzheimer.

Après L'île des chasseurs d'oiseaux, j'avais plus que hâte de m'immerger dans le second tome de la série écossaise* de Peter May et, après un début un tantinet angoissé - les errements intérieurs du vieux Tromod étant particulièrement réaliste, j'ai retrouvé l'enchantement, au sens propre celui d'envoûtement, du premier opus.

L'île, ce personnage à part entière, a déployé ses sortilèges, sa nature impérieuse impossible à ignorer, ses paysages tourmentés, ses habitants endurcis, solides, enfouis sous d'épaisses couches de non-dits qui les protégent à moins qu'ils ne les isolent jusqu'à ce qu'ils se fendent révélant au grand jour la vulnérabilité de chacun. La narration alternée dans le temps, enquête de Finn et souvenirs de Tromod, tisse en profondeur une tranche de vie écossaise, entremêlant problèmes actuels et années d'après-guerre lorsque de jeunes orphelins catholiques étaient confiés soit par l'état à des institutions sans âmes soit par l'église à des familles qui effaçaient jusqu'au souvenir de leur identité d'origine. Un livre plutôt noir donc, parfois cruel, mais où flotte malgré tout l'indéfinissable espoir, à moins que ce ne soit le souvenir, de temps meilleurs et une foi véritable en la vie et les joies petites ou grandes qui l'accompagnent. Écossais !

L'homme de Lewis - Peter May - Édition du Rouergue - 2011 - Traduit de l'anglais par Jean-René Dastugue

Lu dans le cadre du Prix Kiltissime organisé par Cryssilda qui a décidé de nous faire découvrir cinq écrivains écossais d'ici l'automne (et oui elle est comme ça Cryssilda)

PS: Je rassure les curieux, ces tomes sont indépendants, on peut les lire dans l'ordre ou le désordre sauf à être atteint de psychorigidité littéraire comme certaines (qui l'ont avoué publiquement mais je ne tairais les noms).

PPS et néanmoins * : L'auteur a en effet commis jusqu'ici deux autres séries, l'une dite chinoise et l'autre Lotoise, peut être pas de la même qualité si j'en juge par le seul opus (chinois) qui me soit tombé entre les mains jusqu'ici mais à explorer...

PPPS : Les romans de cette série pourtant très écossaise sont publiés d'abord en français, hé oui, car l'auteur habite dans le Lot, les voies de l'Écosse sont impénétrables.

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 21:29

Sur Ellesmere, île arctique canadienne largement au nord du cercle polaire, Edie Kiglatuk, chasseuse et guide professionnelle, escorte deux touristes venus pour une excursion de chasse lorsque l'un d'eux est tué d'un coup de fusil. La mort est classée accidentelle mais Edie reste mal à l'aise, persuadée que le prétendu accident méritait une enquête plus sérieuse. Lorsqu'un autre touriste disparait quelques semaines plus tard pratiquement au même endroit, Edie décide de mener l'enquête malgré les réticences marquées des autorités, anxieuses de ne pas ternir l'image de la région...

J'étais à la recherche de romans irlandais ou écossais (Cryssilda, sors de ce corps) quand je suis tombé par chance sur cette pépite car que voici un roman profondément dépaysant. L'intrigue, quoique que classique sur le fond - un meurtre, une disparition et tutti quanti, est bien différente de ce qu'on peut lire habituellement pour toutes sortes de raisons : les protagonistes d'abord bien sûr, puisque tout se passe au sein d'une communauté inuit, l'environnement ensuite, ce grand nord à la fois grandiose et cruel où les humains n'ont guère le droit à l'erreur, son rythme enfin calqué à la fois sur la nature (on perd facilement la notion du temps quand on voyage au pays des arcs en ciel circulaires) et sur la façon de vivre de gens pour qui une montre est un accessoire des plus fantaisistes. Pour autant, on s'attache assez vite à Edie et son entourage, on s'intéresse, on s'indigne, on compatis, on admire, on apprend et si les motivations sont au fond toujours les mêmes et les mobiles finalement bien familiers c'est au terme d'un voyage ou bien peu de chose l'était. Une très belle découverte dans le genre polar ethnologique : Arctique !

 

Chaleur Blanche - Mélanie J. McGrath - 2011 - fort bien traduit de l'anglais par Cecile Deniard - Presse de la cité

 

PS : J'ai toujours eu envie de passer le cercle arctique...

PPS : Je ne suis pas une spécialiste des Inuits, mais enfin pour ce que je peux en juger, en tant qu'ex étudiante canadienne en anthropologie ayant suivi quelques cours sur ce peuple, l'auteure me semble bien maitriser son sujet... Un sujet que je trouve passionant !

PPPS : Le repas d'Edie sont quand même très exotiques à mes yeux, je me demande si je pourrais m'habituer à manger si peu végétal...

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