Chroniques de lectures

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Mal de pierre - M. Agus
Le lézard lubrique de melancholy grove - Moore
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Le désert de la grâce - Pujade-Renaud
La maison en papier - CM Dominguez
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Le treizième conte - D. Setterfield
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De si bonnes amies - J. Trollope
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La traversée du continent - M. Tremblay
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Dans les bois eternels - F vargas
Thérèse et Pierrette à l'école des saints anges - M Tremblay
Plaisirs coupable - LK Hamilton
Le baiser des ombres - LK Hamilton
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Bonbons assortis - M tremblay
Le cadavre rieur - LK Hamilton
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Lune bleue - LK Hamilton
Rececca - D. du Maurier
Accès direct à la plage - JP Blondel
Le puit des histoires perdues - J Fforde
Papa longues jambes - J. Webster
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Le jour de grâce - R. Van Gulik
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Le chant du cosmos - R Wagner
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Souper mortel aux étuves - M. Barrière
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La femme coquelicot - N. Châtelet
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Les liens du sang - P Briggs
Ivanohé à la rescousse - Thackeray






Mardi 29 avril 2008
"I am going to take a heroine whom no one but myself will much like". Ainsi s'inquiétait (!) Jane Austen de son personnage Emma et du roman qui porte son nom... Alors est-ce que seule sa créatrice peut aimer Emma ? je ne le crois pas.
Certes elle a des côtés agaçants, jeune, jolie, riche, gâtée et maîtresse chez elle ou peu s'en faut, elle trompe son ennui en inventant pour d'autres de meilleures destinées ce qui signifie de bons mariages... Si elle se contentait d'écrire ses intrigues, elle nous rappelerait quelqu'un mais voilà elle veut manier des gens bien réels et ceux-ci ne se comportent pas toujours en marionnettes dociles. Il faut dire qu'Emma est loin d'être aussi perspicace qu'elle le croit en ce qui concerne les sentiments et les pensées des autres. On ne peut pas dire qu'elle se trompe souvent, elle est systématiquement dans l'erreur et malheureusement les quiproquos qu'elle provoque ne sont pas sans effet...
Emma est le cinquième roman de Jane Austen, écrit près de 20 ans après Orgueil et Préjugé et Raison et Sentiments et certaines différences sont sensibles, non pas tant dans le style de l'auteur que dans "l'ordre des choses".
Tout d'abord ici pas de relation préférentielle avec une soeur très aimée. Non seulement Emma vit loin de sa soeur mariée mais elle évite la seule jeune fille de son âge qui soit son égale lui préférant une orpheline pauvre, sans grande intelligence et peu éduquée mais qu'elle peut manipuler à son aise.
De plus, si elle cherche à marier les autres, Emma est parfaitement décidée à rester célibataire, aussi incapable de sentiment et de passion, semble-t-il, que de renoncer à sa quasi totale indépendance. Aucun frisson non, même lorsque, lors du seul et unique bal, un des personnage masculin renvoit comme un miroir l'image d'un Darcy mûri par l'expérience et sauvant de l'humiliation une jeune fille grossièrement ignorée par un facheux.
Car on est loin de la société brillante de ses deux premiers romans, Highbury est un tout petit village où Emma passe son temps entre son père, vieil hypocondriaque égocentrique, son ancienne gouvernante aujourd'hui mariée, la veuve et la fille appauvrie de l'ancien pasteur, le vicaire et sa femme, un beau-frère de 15 ans son aîné et c'est à peu près tout. Rien de très joyeux ni de très relevé comme compagnie... et la satire se déchaine, aussi incisive et vitriolée qu'on pouvait l'attendre.  Jane Austen ne décrit que rarement ses personnage, elle se contente de les laisser parler et rien ne pourrait être plus cruel. Tour à tour mesquins, vains, médiocres, sots et j'en passe quand il ne sont pas tout à la fois, ces personnages nous offre un beau défilé et on comprend qu' Emma ait besoin de dérivatif.
Après tout elle est pleine de bonnes intentions et prête jusqu'à un certain point à reconnaitre ses erreurs et à en tirer les leçons. Et là nous retrouvons l'essence du roman austenien, car il s'agit bien d'un roman d'apprentissage, Emma va apprendre à se connaitre, à écouter et à aimer comme les autres héroines de l'auteure mais en frolant de près l'état de peste prétentieuse.
Au moment où elle écrivait ce roman, Jane vivait elle aussi dans un village entre sa mère et sa soeur, entièrement dépendante du bon vouloir des ses frères pour vivre. Les réunions animées, les sorties, les discussions du presbytère paternel plein à craquer étaient bien loin. Et j'avoue que je me suis interrogée sur le personnage de miss Bates, vieille fille sotte et volubile, vivant avec sa mère veuve d'un pasteur, en admiration devant sa nièce, toujours dépendante pour son confort et ses plaisirs de la bonne volonté des autres. Un personnage hautement comique mais sur fond d'amertume et d'une absence totale de perspective d'avenir... Est-ce d'elle-même que Jane se moquait ou avait-t-elle eu une vision de ce que serait l'avenir de sa soeur.
Un superbe roman, magnifiquement écrit, foisonnant, complexe, plein de pièges et de fausses pistes où certains trouveront qu'il ne se passe pas grand chose mais qui m'a tenu sous sa coupe.

Emma - Jane Austen - 1815

D'autres Billets sur Jane Austen dans ce blog :
Orgueil et Préjugés
Raison et sentiment
Persuasion
Northanger Abbey

Je ne trouve pas d'autres articles sur Emma, si vous en avez écrit un, dires le moi... Ah si celui de cuné
Lu dans le cadre de
Par yueyin - Publié dans : roman anglais - Communauté : Livres anciens
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Samedi 26 avril 2008
Yaël Koppman est une jeune économiste, maître de conférece en faculté et somme toute plutôt solitaire... Son éditrice de cousine lui propose un jour d'écrire de la chick lit, genre qui, dit-elle perfidement, lui conviendrait parfaitement. La chick lit, c'est cette fameuse littérature "de poulettes" si "tendance" depuis le succès du "journal de Bridget Jones"... A la fois surprise et vexée par cette proposition qui lui renvoie une image peu satisfaisante d'elle-même, Yaël se laisse peu à peu séduire par l'idée d'écrire l'histoire d'une jeune femme mais pas n'importe laquelle. Etant une admiratrice inconditionnelle en économie de John M. Keynes et en littérature de Virginia Woolf, elle décide de creuser l'histoire d'Anjelica Garnett, filleule du premier, qui fut aussi l'amant de son père, nièce de la seconde, fille des peintres Virginia Bell et Duncan Grant, épouse plus tard d'un autre peintre qui, au moment de sa naissance, vivait une histoire d'amour aussi triangulaire de complexe avec ses propres parents... à la grande époque du groupe de Bloomsbury.
En creusant l'histoire de cette enfant élevée par des esprits aussi brillants que libres mais entretenant des relations pour le moins fluctuantes, Yaël se voit sans cesse renvoyée à sa propre image d'enfant des années soixante-dix, privée de repères stables, ballotée de communautés en communautée, éternellement en rivalité avec une mère qu'elle n'arrive pas à comprendre.
Un roman réjouissant qui détourne avec bonheur tous les codes littéraires de la chick lit, depuis les tourments sentimentaux convenus jusqu'à l'obsession de la balance, en passant par l'égocentrisme consternant de la narratrice, pour en faire une sorte d'exploration littéraire doublée d'une analyse parallèle des réactions de deux jeune femme face au choix de vie de leur mère.
Le procédé du journal intime donne au récit une fluidité allègre, les références littéraires et culturelles donnent de l'intérêt et de la profondeur, le miroir psychologique permet à l'émotion de montrer le bout de son nez : un très joli roman qui donne irrésistiblement envie de se plonger dans la complexité des vies tumultueuses du groupe de Bloomsbury...

L'avis de
Florinette, choupinette, Lou, et Marianne

Le journal de Yael Koppman - Marianne Rubinstein - Sabine Wespierer - 2007
Par yueyin - Publié dans : roman français
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Vendredi 25 avril 2008
Ici la terre affirme
Sa présence calme et sûre,
Tantôt charnelle, tantôt
Aérienne selon l'heure.
Ici l'homme comblé se garde
Du mot de trop, sachant

Que les dieux sont jaloux.

François Cheng - Cantos Toscans - 1999 - A l'orient de tout - Gallimard
Par yueyin - Publié dans : poèmes
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Mardi 22 avril 2008
Lors d'une mission de reconnaissance, l'astronef Explo II est totalement détruit avec son équipage. Seules trois personnes ont le temps de s'échapper.
Seulement la planète où ils s'échouent est totalement stérile, pas d'eau, pas de vie, très peu d'oxygène : une masse de roche et de poussière balayée par un vent immuable. Impossible d'enlever leurs spatiandres, ces scaphandre ultra perfectionnés, des prototypes en fait, qui seuls peuvent les garder en vie pendant un temps indéfini.
Plutôt que d'attendre d'improbables secours, les trois rescapés décident d'avancer, espérant contre toute raison trouver un lieu moins inhospitalier. Isolés dans leurs coquilles respectives, sans repère géographique ni bientôt temporels, abandonnant rapidement toute velleité de communiquer, seul restent les pas qui s'enchaînent.

Voilà un court roman (une longue nouvelle - 70 pages) surprenant, commencé dans la plus pure tradition space opera, il se transforme à mi-parcours en une hallucinante introspection dans une veine nettement initiatique. Cette traversée du désert à marche forcée dans un presque total isolement fait naître toutes sortes d'interrogations dans l'esprit du narrateur et peut être du lecteur, questions techniques, métaphysiques ou fantasmes purs ? Une nouvelle entétante qui reste longtemps à l'esprit.

Jouvence - Alain le Bussy - Griffe d'encre - 2007
Par yueyin - Publié dans : Sci-fiction/Fantastique
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Dimanche 20 avril 2008
Mais l'oiseau point d'empreinte
Ne laisse. Son empreinte est
Son vol même. Nulle trace
Autre que l'instant-lieu,
Joie du pur avènement :
Lieu deux ailes qui s'ouvrent,

Instant un coeur qui bat.

François Cheng - Cantos toscans - 1999 - A l'orient de tout - Gallimard
Par yueyin - Publié dans : poèmes
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