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Chroniques De Lectures

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24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 20:00
neverwhere.jpg"Londres est une ville monstre, une fusion désordonnée de villes plus petites, à laquelle l'élégant plan du métro confère une unité superficielle. Et si tous les noms bizarres des quartiers de Londres recouvraient une autre réalité ? "Recouvraient" au sens propre, puisqu'il existe une Londres en-dessous de Londres, une ville parallèle, habitée par les laissés pour compte, les marginaux, les magiciens, qui nous sont devenus invisibles ? Pour avoir écouté son instinct et avoir sauvé Porte, une étrange jeune fille couchée en sang sur le trottoir, Richard Mayhew va voir son existence basculer dans un univers dont il ne soupçonnait pas l'existence, découvrir la magie secrète de la Londres d'En-bas et rencontrer ses habitants, fabuleux ou terrifiants : le marquis de Carabas, l'ange Islington, Mr Croup et Mr Vandemar, assassins à gages, et la Grande Bête de Londres qui, depuis des siècles, patiente au fond de son labyrinthe oublié."
11-10-98 la dedicace du traducteur

Avez-vous déjà eu l'impression qu'un instant fugace vu du coin de l'oeil venait de vous échapper, aussitôt vu aussitôt oublié ? Si oui, peut-être avez-vous croisé un de ceux d'en bas...
Une fois n'est pas coutume, je prends la liberté de recopier cette dédicace qui me semble un excellent aperçu de Neverwhere. Fable, conte fantastique ou fantasy urbaine, peu importe l'étiquette, le livre est là, inclassable, savoureux, irratontable : du Gailman quoi !

Il s'empare ici du Londres underground, celui du plan de métro mais aussi des vestiges urbains, impasses qui ne mènent nulle part, canalisations oubliées, batiments abandonnés depuis qui sait quand, et en fait son terrain de jeu. Il cré ainsi un univers à la fois étrange et familier avec son histoire, son mode de vie figé quelquepart au XVIIIe siècle, sa magie, ses dangers, son aristocratie, sa crasse, ses intrigues, sa géographie enfin, connue mais toujours surprenante.
Le nouveau venu doit apprendre à se méfier des noms de lieu et peut être même des noms de personne, earl's court abrite bien un comte, un ange se dissimule au coeur de la ville, une jeune fille ouvre des portes là où il n'en existe pas et tous les mythes ont rendez-vous dans ces pages pour y faire la fête. Sans parler du marché qui apparait chaque fois à un nouvel endroit, des rats qui communiquent avec, et peut-être dirigent, les humains, des égorgeurs toujours avides de contrats saignants, de ressuscités et autres vampires au détour des chemins.
Des personnages forts, un monde foisonnant, de l'inventivité à revendre, un humour aussi omniprésent que cruel : une petite merveille à déguster toute affaire cessante ! Vous jetterez un autre regard à l'avenir sur les coins sombres et les ruines urbaines...

Neverwhere - Neil Gailman - 1998 - J'ai lu 2001 traduit de l'anglais par Patrick Marcel


Les avis enthousiastes de Passion des livres et de Gachucha,
Ceux moins convaincus de Hydromielle et Sandra
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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 21:37
Fashion l'a proposé, nous l'avons fait...
Lire une saga, n'importe laquelle au cours de l'été, tel était le challenge. J'ai longuement considéré la liste que Fashion nous avait préparée à toutes fins utiles et ma première réaction a été un certain effarement devant la quantité de saga que j'avais déjà lue. Après un bref calcul en nombre de volumes, en pages les chiffres me dépassent un tantinet, j'en ai conclu que j'étais irrémédiablement compulsive et que ce challenge m'allait comme un gant.

J'avais donc le choix entre Le goût du bonheur de Marie Laberge (3 volumes) ou La saga Vorkosigan de Lois McMaster Bujold (12 volumes) et j'ai fini par attaquer cette dernière, poussée par une amie elle-même compulsive et avide de les relire dès que j'en aurais terminé... et puis bon 12 volumes de space opéra, ça c'est de la saga...

vorkosigan2.jpgTout ce cycle est centrée sur la personnalité charismatique du dénommé Miles Vorkosigan, mais l'histoire commence vraiment par la rencontre de ses parents dont j'ai déjà parlée ici. Le coup de foudre entre une bétane démocrate et tolérante et un militaire barrayan sculpté par les coutumes rigides d'une planète monarchique et militariste y faisait des étincelles. Leur rejeton se devait d'être à la hauteur et il le fut : 1m41 à quelques milimètres près !

La vie dangereuse de ses parents ayant exposé le foetus à un attentat toxique, Miles nait difficilement, nain, bossu, doté d'un squelette fragile, d'une santé chancelante et d'une tête bien trop grosse... dans tous les sens du terme ! Sur une planète où au moindre soupçon de malformation la tradition veut que la mère égorge son enfant à la naissance, sa survie n'est déjà pas gagnée au départ. Lorsqu'on ajoute que seule l'armée y offre des carrières interessantes à la gent masculine, autant dire que son avenir semble singulièrement peu lumineux.

Seulement Miles a de la chance a plus d'un titre. Soutenu par des parents du genre inébranlables, doté d'une intelligence acérée et d'une volonté forgée dans la douleur, chaque chute, enfant, lui vaut une fracture immédiate et c'est un hyperactif gravissime, Miles est bien décidé à se construire un destin. Devrait-il pour cela se créer une double personnalité, mentir, tricher, conquérir sa propre flotte mercenaire, baratiner enfin jusqu'à obtenir tout ce qu'il veut de tous ceux qu'il rencontre et qui ont le malheur (le bonheur ?) de l'intéresser. Il aurait pu devenir le plus grand corsaire de son siècle et règner dans l'espace mais Miles traine comme un boulet, un indéfectible attachement à sa planète, sa famille, sa lignée, son emprereur de cousin, bref à tout ce qui peut empêcher un honnête mercenaire de faire tranquillement son beurre... A travers l'espace et les mondes, Miles Naismith Vorkosigan le nabot hyperactif et imprévisible, nous scotche à sa destinée multiforme.

vorkosigan1.jpg Lois McMAster Bujold renoue avec la grande tradition des créateurs de mondes, ses personnages complexes et attachants se construisent et s'agitent dans des univers variés mais toujours cohérents, méticuleusement décrits tant dans leur décors que dans leur mode de vie ou de pensée. De nombreux personnages deviennent récurents et d'autant plus profonds, ils vieillissent, changent, meurent parfois, sont cruellement blessés ou définitivement changés, mais leurs motivations sont toujours convaincantes.

Une excellente saga à la limite du space opera et de l'éthnofantasy (genre de que je viens de créer à l'instant)... Infiniment drôle et toujours ébourriffant, incontournable pour les amateurs du genre ! Pour les autres : à tenter peut-être!

La saga Vorkosigan - 12 volumes - Lois McMaster Bujold - 1986-2002 - J'ai lu - couvertures de Caza

La saga collectionne à ma connaissance quatre prix Hugo, un Nébula et quelques autres que je connais moins...

Dans l'ordre chronologique (Différent de l'ordre de parution) :

- Cordelia Vorkosigan (Shards of honor) 1986
Rencontre de Cordelia et Aral Vorkosigan
- Barrayar (Barrayar) 1991 - Hugo 1992
Naissance de Miles
- L'apprentissage du guerrier (The Warrior Apprentice)
1986 - Miles a 17 ans
- Miles Vorkosigan ( The Vor Game) - Hugo 1991
Miles a 20 ans
- Les frontières de l'infini (Borders of infinity)
recueil de nouvelles Miles a de 20 à 24 ans
* The moutains of mourning 1989
Hugo 1990, Nebula 1989
* Labyrinth 1989
* The borders of infinity 1987
- Cetaganda (Cetaganda) 1995
Miles a 22 ans
- Un clone encombrant (Brother in arms) 1989
Miles a 24 ans
- La Danse du Miroir (Mirror Dance) 1994 Prix Hugo 1995
Miles a 28 ans
- Memory (Memory) 1996
Miles a 29 ans
- Komarr (Komar) 1998
Miles a 30 ans
- Ekaterin (A civil Campaign) 1999
Miles a 30 ans
- Immunité diplomatique (Diplomatic Immunity) 2002
Miles a 32 ans

Dans le même univers mais sans Vorkosigan
- Opération Clay (Falling Free) 1988 Prix Nebula 1988
- Ethan d'Athos (Ethan of Athos) 1986
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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 12:45
cordelia.jpgCordelia  Naismith, membre des forces expéditionnaires de la colonie Beta, se retrouve coincée sur une planète présumée déserte en compagnie d'un militaire Barrayaran. Et pas n'importe lequel, l'amiral Aral Vorkosigan, symbole de tout ce qu'elle déteste, la violence institutionnalisée, les exactions, la guerre enfin. A l'issu de leur périple forcé et alors qu'elle se croit sa prisonnière, le militaire en question lui propose tout simplement le mariage...

Devenir une Barrayarane, habiter cette planète arriérée, très peu pour elle. Mais la guerre et la politique se chargeront de réunir à nouveau les deux adversaires, toujours dans des camps opposés, toujours au mauvais moment... Etant donné le titre du roman, il n'y a pas vraiment de suspens : ils se marieront un jour mais comment et par quel étrange itinéraire, tout est là !

Dans le volume suivant Barrayar, Cordelia et Aral attendent un heureux événement. mais Aral vient d'être nommé régent de l'empire, le minuscule souverain de quatre ans est extrèmement vulnérable et les complots sont légions. Leurs conséquences se révèleront  dramatiques pour Cordelia
, femme en constant choc culturel, décidée à préserver sa santé mentale dans un monde où les valeurs essentielles sont très éloignées des siennes.

cordelia2.jpgLa saga Vorkosigan compte en tout une douzaines de volumes mais les suivants sont centrés sur le fils d'Aral et Cordelia, Miles, héros atypique au possible dont je vous parlerai une autre fois.

Une très bonne saga de SF, avec des personnages attachants, des situations épiques, des rebondissements maîtrisés, des cadres somptueux et complexes, des dialogues pleins d'humour. En un mot, j'adore !

Cordélia Vorkosigan 1986 - Barrayar prix hugo 1992 - La saga vorkosigan 1 et 2 - Lois McMaster Bujold - J'ai lu SF
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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 16:46
En cette fin du XXIe siècle, des virus  monstrueux menacent constament l'humanité. Pour survivre une seule solution, être constament imbibé d'alcool. Cet alcoolisme général a profondément modifié le mode de vie d'une société deliquescente en proie à la peur et à l'intolérance. Pour échapper à ce monde sans avenir, Antonin a décidé de fêter ses 16 ans en réalisant deux souhaits : perdre son pucelage et se suicider, dans l'ordre.

Seulement son anniversaire se révèle plein de surprises. Avant que la nuit ne s'achève, Il se retrouve avec toute sa bande dans une buick elektra à voyager dans le temps qui les transporte dans le Londres de la fin des années soixantes en compagnie d'un Loup garou fan de Led Zeppelin ! Nouveaux problèmes ou délivrance possible : ceci reste à voir !

Dans une écriture nerveuse et parfois agressive, Joel Houssin rend un hommage marqué au rock des seventies et en particulier bien sûr à Led Zep. L'hommage est tellement présent que l'ensemble frôle parfois le roman pour initiés. S'y retrouve les obsessions de la SF de l'époque, l'alcool, la drogue, le sexe, les expérimentations de toutes sortes et... les voyages dans le temps, avec un zest de cyberpunk plus tardif dans le traitement de l'informatique ! Un bon livre, prenant malgré une fin un rien trop expédiée - De la SF solide pour amateur du genre, à lire en écoutant Led Zep.

Grand prix de l'imaginaire 1992

Le temps du twist - Joel Houssin - Denoel 1990 - Folio SF
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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 19:22
kali-yuga.jpgNestor Burma aurait-il eu une descendance ? Peu probable quand on connait l'oiseau. Peut-être une descendance spirituelle alors, en la personne du dénommé Tem, diminutif pratique de Temple Sacré de l'Aube Radieuse ! Un sacré nom si vous voulez mon avis, mais après tout Malet avait baptisé son héro Nestor parce que cela lui donnait un petit côté clinquant de fête foraine...   Alors va pour Tem, détective privé de la tribu millénariste, végétarien, non violent, grand buveur de tisane et doté du talent de transparence qui fait que la plupart des gens l'oublie avant même de lui avoir adressé la parole.

Entre deux tours des législatives, les électeurs d'une circonscription des hauts-de-seine se désinscrivent par milliers des listes électorales menaçant de modifier le résultat de l'élection (que cela ne vous donne pas d'idée en cette période troublée...). Une peu sympathique cliente, à sa décharge la pauvre se prénomme Gorgone, charge Tem de découvrir ce que cache cet étrange phénomène. Même en 2060 et quelques, on ne badine pas avec le résultat des législatives. Notre transparent privé se lance donc sur la trace de ces électeurs versatiles...

Je me suis bien amusée avec ce petit roman bourré d'inventions et de clins d'oeil. L'histoire est assez classique mais le décor et le style lui donnent un exotisme particulier... Un seul bémol, comme d'habitude j'ai attaqué au milieu d'une série, le tome 8 en l'occurence. Commencer par le premier m'aurait certainement permis de mieux comprendre les complexités de ce Paris du futur et de sa faune. Affaire à suivre donc... Une sympathique lecture détente pour amateur du genre (gabardine et feutre mou).

Merci à Chimère pour cette chouette découverte dont elle parle ici

Kali Yuga - Les nouveaux Mystères de Paris - Tome 8 - Roland C. Wagner - L'Atalante - 2003

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 10:50
Dans mes archives, je suis tombée par hasard sur cet article, le premier sans doute que j'ai écrit sur des livres... Il a été publié il y a 7 ou 8 ans dans "le grimoire", fanzine québécois dédié au moyen âge qont je n'ai malheureusement plus de nouvelle aujourd'hui. Cela me fait grand plaisir de le recycler, illustré cette fois, pour mon blog...
"Sache, ô Prince, qu’entre l’engloutissement de l’Atlantide et l’ascension des Fils d’Aryas, il fut un âge de rêve, où des royaumes resplendissants s’étalaient de par le monde. Alors vint Conan, cheveux noirs, œil sombre, épée au poing, voleur, brigand, assassin, avec ses peines immenses et ses joies démesurées, qui piétina de ses sandales les trônes somptueux de la Terre."
R.E. Howard
 
conan01.jpgConan le Cimmérien est aujourd'hui plus un archétype qu'un personnage de roman. Il est le héros de deux films, de plusieurs magasines de bandes dessinées et de nombreux romans de plusieurs auteurs et de niveau divers. A cela s'ajoutent les "produits dérivés" ou plus charitablement les héros qu'il a largement inspirés. Fans, inconditionnels, détracteurs, moqueurs, indifférents, tous connaissent son nom et son allure. Conan n'existe pas de toute éternité, il est né en 1932, au Texas, sous la plume bouillonnante et prolifique de Robert E. Howard !
 
Robert Ervin Howard, né en 1906, a passé toute sa vie dans une petite ville du Texas. Pour lui l'écriture était autant un métier qu'une passion. Pendant près de 15 ans, il a publié une œuvre considérable dans des magasines : des romans, des nouvelles, des poèmes relevants de tous les genres : aventures, sport, westerns, policiers, historiques et... fantastiques, surtout fantastiques. Inspiré par Clark Ashton Smith et par Lovecraft, entre la magie des civilisations disparues et l'horreur surnaturelle, Howard, 15 ans avant Tolkien, accoucha d'une synthèse très personnelle du récit d'aventures fantastiques : L'Heroic Fantasy ou épopée fantastique, héritière des chansons de gestes médiévales et des sagas celtes et scandinaves.
 
D'autres auteurs avant lui ont été les précurseurs du genre, Lord Dunsany, William Morris, Lovecraft lui-même. Avec Howard cependant le souffle de l'épopée passe sur le fantastique et le marque à jamais. Mieux, Howard crée cette chose étonnante et rare, un personnage de légende qui éclipse son auteur et lui survit. Edgar Rice Burroughs avec Tarzan, Arthur Conan Doyle avec Sherlock Holmes connurent aussi cette étrange infortune. Ce dernier tenta même d'assassiner son héros, sans succès.
 
conan-weird-tales.jpgDu vivant de Howard, dix-huit aventures de Conan furent publiées dans Weird Tales, un des premiers magasines consacrés au fantastique. Dans les années cinquantes, L. Sprague de Camps retrouva huit récits inédits, certains inachevés. Il les rassembla, les compléta avec l'aide de Lin Carter et les publia. Plus tard les deux auteurs complétèrent la saga de Conan, créant une chronologie, inventant des histoires de toutes pièces, cherchant à conserver quelque chose du style de Howard. Leurs romans se laissent lire. Mais les récits de Howard sont à part. La prose de ce conteur né est brûlante, ses histoires rouges et noires, pleines de sang et de fureur se lisent d'une traite et se terminent hors d'haleine. Sous sa plume, le fantastique devient réellement épopée !
 
L'âge Hyborien, où vécu Conan, se situe il y a environ 12000 ans, 8000 ans après l'engloutissement de l'Atlantide, 7000 ans avant le début de notre ère. A cette époque la magie était puissante, les créatures surnaturelles dangereuses. De nombreux royaumes se partageaient la terre : Aquilonie et Zingara à l'ouest, Asgard et Vanaheim au nord, Shem à l'orient, Stygie au sud ! La Cimmérie enfin et son héros fils de forgeron, au nom celte. Conan quitte tout jeune sa contrée natale et se fait tour à tour, voleur, mercenaire, pirate, chef de tribus puis soldat, officier, général et renversant le souverain d'Aquilonie, roi à la place du roi. Et ce n'est pas fini... Ces royaumes fabuleux et reconnaissables sont très sensiblement inspirés par l'antiquité et le Moyen Age européen. Un Moyen Age fabuleux et imaginaire, marqué par le romantisme gothique du XIX siècle, ce qui rest une constante dans l'univers de l'épopée fantastique.
conan06.jpgLa vie de Conan, transmise de trouvères en troubadours et de conteurs en ménestrels, aurait fait bonne figure entre le roman de Tristan et la chanson de Roland. Sans doute eut-elle été modifiée, embellie de bouche en bouche, de château en château. Et de fait, c'est bien ce qui lui est arrivé de romans en bandes dessinées, de dessins animés en films. Il est le Héros au sens très traditionnel du terme. Il appartient à la grande fratrie des guerriers solitaires qui comprends Hercule et Mad Max, en passant par Beowulf le scandinave, Siegfried le germanique, Arthur, Lancelot et tant d'autres. Il est le puissant chevalier, invincible au combat, insensible à la peur, pourvoyeur d'exploits en tout genre, surmontant pièges magiques et enchantements perfides. Par son attitude devant les phénomènes surnaturels, il est très proche des héros de chansons de gestes. Conan se méfie de l'incompréhensible et traite la magie comme un adversaire tangible, par l'épée.
 
conan41.jpgIl se distingue cependant par son individualisme. Peu porté vers les quêtes spirituelles dont raffolait le Moyen Age, il ne semble pas non plus motivé par le désir de gloire et de renommée des héros antiques. Il se bat pour son propre compte et à son seul profit. Ce barbare frustre s'impose par la violence, bouleverse les ordres établis, renverse et conquiert. Ce côté sombre séduit aujourd'hui où il est plus facile de s'identifier au barbare qu'au paladin ! En ce sens, Conan, personnage symbolique de l'épopée fantastique, fait le lien entre l'imaginaire médiéval et une sensibilité plus actuelle.
 
Il reste aujourd'hui une source d'inspiration et de profit infini pour les pasticheurs, imitateurs et amateurs en tout genre. Bien des grands héros musclés ont parcouru l'épée à la main des régions magiques et dangereuses, parfois dignes héritiers souvent pâles imitations bodybuildées du grand ancien ! Howard, enfant plutôt malingre, avait souffert des moqueries de ses camarades. Par le sport et la discipline, il s'était forgé un physique de colosse ! Ainsi s'explique sans doute son goût pour les héros puissants aux muscles d'acier. Le culte du corps est une vieille valeur américaine mais le bodybuilding en était encore à ses débuts. Vers la fin de sa vie, il se flattait de gagner plus d'argent que son banquier en écrivant dans des magasines réputés sans valeur. Peut être était ce là, son tribu à une autre valeur américaine, l'argent. Qui sait ? Le rêve américain et les mondes imaginaires n'étaient pas tout, à 30 ans Howard se suicida. Pour Conan l'aventure ne faisait que commencer.
 
Des périls sans pareils, des exploits démentiels 
Qui en lettres de sang maculèrent les ciels,
Vous conterons enfants au regard angélique
Et croirez chaque mot parole évangélique
Oyez, oyez enfants, l'épopée fantastiques
Des chevaliers défunts dans la nuit galactique,
Et dont pourtant la mort que l'on dit souveraine
N'a pu par ses soins anéantir le règne.
L A Lafferty  conan7.jpg
La saga de conan est ici
 
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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 17:00

La difficulté pour moi qui aime la science fiction et la fantasy sous toutes ses formes et depuis longtemps, c'est de trouver du nouveau, d'être étonnée. Oh cela ne m'empêche pas d'apprécier de nouveaux romans. Avec les mêmes ingrédients, on peut composer des tas d'histoires différentes, mais... et la surprise, le dépaysement dans tout ça ? Et bien si vous aimez être dépaysé, bienvenue à Nouvelle-Crobuzon !

Yagharek, le garuda au corps d'homme ailé mais à la tête et aux serres d'aigle, a traversé mers et monde pour trouver celui qui lui rendra le vol. Au lointain Cymek déjà, il a entendu parler d'un savant génial de la ville de Nouvelle-Crobuzon : Isaac Dan der Grimnebulin, suffisamment fou peut-être pour réussir l'impossible.

Isaac vit un amour tabou avec Lin, la Khépri au corps de femme et à la tête scarabe. Sa passion de la science le pousse à accepter l'offre de Yagharek. Pour "la science" il peut aller très loin, trop peut-être. Lin est une artiste. Son espèce peut métaboliser une salive modelable et elle en fait de sublimes sculptures. Pour l'art elle a rompu avec son espèce, pour l'art elle peut aller très loin, trop peut-être. Derkhan leur amie à tous deux est journaliste, c'est aussi une passionaria, une activiste. Pour lutter contre le pouvoir totalitaire et corrompu de Nouvelle-Crobuzon, elle peut aller très loin, trop peut-être.

En étudiant le vol, Isaac libère involontairement sur la ville un cauchemard ailé auquel nul ne semble pouvoir faire face. Les autorités font même appel à la fileuse. Une araignée qui danse sur plusieurs plans d'existence et pour qui la réalité est une toile qu'elle doit rendre esthétique. Pour sauver leur ville, la grouillante, laide, déliquescente Nouvelle-Cobuzon et sa population multiforme, Isaac et les quelques marginaux qui l'accompagnent vont franchir des frontières dont ils ignorent l'existence.

Je pourrais aussi vous parler des différentes formes de vies intelligentes qui coexistent dans cette ville, du premier artéfact qui accède à la conscience et crée sa religion de savoir, du système judiciaire pervers qui impose sa marque sur la ville en créant à force de mutilations des sous-castes d'êtres vivants, et de bien d'autres choses encore dont les moindres ne sont pas les fameux êtres qui menacent la survie même de la ville. Mais je crois que le personnage principal de ce roman, le plus abouti, le plus étrange c'est la ville elle-même : Nouvelle-Crobuzon, multiple, pourrissante, corrompue que de multiples lignes de chemin de fer irriguent comme autant d'artères, couvant  en son centre la fameuse gare de Perdido Street car les montagne elle-même "ne pouvaient égaler en majesté le chaos de la gare de Perdido. des lueurs scintillaient au fil de sa topographie ferroviaire trompeuse, immense, qui recevait les trains dans ses entrailles comme autant d'offrandes. La tour pointue embrochait les nuages comme un épieu brandi mais elle n'était rien à côté de la gare - un simple ajout de béton flanquant l'immense édifice aux airs de léviathan qui se vautrait dans l'océan de la cité."

Un monde riche, fécond, repoussant, inédit, à la croisé du cyberpunk, du steam punk et de la fantasy avec un soupçon de SF au service d'une histoire accrochante et de "vrais" personnages complexes et atypiques : inclassable, difficile, fascinant, à découvrir...

Perdido Street Station - China Miéville -  Pocket fantasy - 2000 - (2003 pour l'édition française) - 969 pages - traduit de l'anglais par Nathalie Mège

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7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 20:59

L'apocalypse selon Pratchett et Gaiman...

La fin du monde aura lieu bientôt, quelques jours disons, en effet l'antechrist va avoir 11 ans et cette date marque le début de la fin. Bon jusque là tout va bien... C'est écrit après tout...N'empêche, l'ange et le démon qui ont supervisé discrètement l'éducation de l'enfant  grande bête nommé dragon, seigneur des ténèbres, destructeur de rois etc. sont un peu inquiets. Depuis toujours cet enfant leur semble disons un peu trop "normal" : il y a comme un truc qui cloche, mais les voies du seigneur, comme celles du diable, sont impénétrables après tout. Les choses se gâtent vraiment quand le molosse des enfers envoyé pour escorter ledit prince de ce monde, ange de l'abîme sans fond, engeance de satan et tutti quanti n'apparait pas à l'heure dite. Il y a décidement quelquechose qui ne tourne pas rond... Et quelle chose, un échange de bébé à la naissance à fait que l'antéchrist, le vrai (celui qui doit mériter tous les titres précédemment cités) s'appelle Adam Young et vit, une enfance somme toute assez banale dans la banlieue de Londres, et là rien ne va plus... Le bien et le mal eux-même en perdent leur latin... Finalement cette fin du monde alors, ça va se passer comment ?

Soyons clairs, je ne suis pas habituellement une fan de Pratchett, bien qu'il soit, dit-on, l'écrivain anglais le plus populaire actuellement, cependant cette farce réjouissante qui retourne, parodie et concasse  tous les clichés du genre mérite vraiment le détour. L'histoire est drôle, les personnages hilarants, l'écriture allègre, bref un roman à rire...

Mon passage préféré, l'arrivée du Molosse des enfers, gros chien noir effrayant aux yeux rouge démon qui, à la recherche de son maitre, change de forme à mesure qu'il entend la voix dudit maitre décrire à ses amis son idéal canin... et se retrouve à l'état de petit corniaud malin à l'oreille retroussé :

_ "et je l'appelerai...

_ oui comment tu l'appelera ? s'enquit la petite fille.

Le molosse attendit, c'était le grand moment. Le Nom. Il définirait ses buts, sa fonction, son identité. Ses yeux luisirent d'iune flamme rouge sang, même s'ils étaient nettement plus près du sol, il saliva sur les orties.

_"Je l'appelerai Toutou, décida son maître. Avec un nom comme ça, y a pas de souci à se faire.

Les légions angeliques et demoniaques n'ont qu'à bien se tenir...

De bons présages - Terry Pratchett et Neil Gaiman - J'ai lu fantastique -1975 (1995 pour la traduction française)

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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 18:28

Ah j'ai eu un coup de coeur pour ce roman limite dérangeant. dans un monde étrange qui ne cesse de nous rappeler quelque chose.

Les êtres sont en trains de changer, ils parlent de moins en moins, naissent avec moins de doigts. Les lois de l'humpur interdisent tout comportement déviants et deviennent de plus en plus coercitives. Véhir, le grogne, se rebelle et se sauve, un comportement inexplicable. Seuls les plus anciens se souviennent encore que cela s'est déjà produit. Dans sa quête des dieux humains de la légende, il va s'allier à des compagnons bien étranges pour un grogne : une hurle, un ronge, une siffle. Ce voyage, où  il représente une proie pour presque tous ceux qu'il rencontre y compris ses compagnons, va le ramener aux origines de son monde...

Dans ce récit c'est la notion même d'humanité qui est au coeur de l'histoire, d'où le côté dérangeant. Mais en même temps c'est un livre sur l'apparence et la résistance, sur la connaissance et son usage. Dans une forme étrange et séduisante : un langage savoureux qui s'inspire des contes populaires du moyen âge, représente l'héritage commun de ses clans mi-hommes-mi animaux qui sont censés vivre sans se connaître. Impressionnant.

Les fables de l'humpur - Pierre Bordage - J'ai lu Fantasy - 1999

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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 22:39

Depuis un moment déjà, j'ai du mal à trouver des livres de science fiction - tout genre confondu - à mon goût ! Alors soit j'entre dans une nouvelle ère soit je suis bien tombé mais récemment j'ai fait quelques bonnes pioches.

La terre n'est plus qu'une megalopole sans fin sous un couvercle impénétrable qui l'isole du reste de l'univers et permet tous les fantasmes. Ambiance cyberpunk, comme j'aime ! Dans ce monde pauvre et sans horizon, une seule substance peut tout : le plasma. Mais son utilisation reste l'apanage de quelques privilégiés (forcément). Ayah a toujours su que son ambition était sans objet et qu'elle n'avait aucune chance de sortir de la grisaille.  Jusqu'au jour où elle découvre une source de plasma non répertoriée et "oublie" de la signaler. La petite fonctionnaire Barzakie va devoir trouver suffisament d'astuce et de ruse en elle pour négocier sa trouvaille à son avantage...

Je me suis vraiment prise au jeu de ce roman, l'histoire, le monde, l'idée même du plasma intéressante et bien exploitée, tout m'a plû - l'écriture est solide un rien trop technique parfois mais ça fonctionne. Du coup j'ai courru acheter la suite...

Plasma - Walter Jon Williams - j'ai lu - 1995

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