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Chroniques De Lectures

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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 16:57
Northanger Abbey est un des trois romans que Jane Austen a rédigés entre 20 et 25 ans. C'est donc la fin du XVIIIe siècle qui s'anime sous nos yeux.
Le personnage principal est encore une fois une jeune fille mais son extrème jeunesse et sa candeur sont bien plus au coeur de l'intrigue que sa personnalité encore mal définie.
Catherine Morland, deuxième fille d'une nombreuse fratrie, se voit offrir la perspective d'un séjour à Bath, ville très à la mode, en compagnie de riches amis. Pour une jeune personne de 17 ans issue d'une famille aux moyens relativement réduits, c'est une occasion inespérée de voyager et de se faire des relations. Très vite cependant de multiples pièges vont s'ouvrir sous ses pas, son extrème naiveté en faisant une proie facile qui inspire au demeurant plus le rire que la compassion... car réellement, de faux amis en soupirant aussi  insupportable que malavisé, de relations intéressées en mauvais conseils, elle ne voit rien, n'entend rien et ne comprend pas grand chose... Heureusement son honnêteté foncière et sa franchise rachètent un peu le tout et lui permettent de se sortir finalement plutôt bien de cette expérience hasardeuse.
Jane Austen aimait bien les fins heureuses c'est un fait mais cette charmante satire lui permet d'effleurer en passant quelqu'unes de contraintes voire des dangers qui guettaient les femmes de l'époque.
Cette adolescente sans la moindre expérience se retrouve en quelques sorte jetée en pâture aux lions. Certes ce sont des lions policés bien vêtus et parlant un anglais chatié mais ce n'en sont pas moins des prédateurs à l'affût, chassant pour leur propre compte et attentifs à leurs seuls intérêts. Et certaines décisions, certaines erreurs peuvent engager une vie tout entière.
L'autre aspect réjouissant de ce roman est la façon dont Jane Austen traite du romantisme gothique. L'imagination de Catherine, enfiévrée par ses lectures, s'emballe dès qu'il est question de vieilles pierres, châteaux évidemment hantés ou abbayes forcément mystérieuses. Elle en arrive à se forger les idées les plus saugrenues, les plus prévisibles, mais si sauvagement romantiques...
Après avoir vertueusement rappelé qu'un auteur comme elle ne saurait se moquer des lecteurs de romans, miss Austen épingle avec jubilation les clichés chers aux amateurs de gothique... et comme elle devait les connaitre à fond, ces romans, pour si bien viser.
Encore une fois un livre délicieux, apparemment léger et vraiment drôle mais à l'ironie mordante sous la dentelle. J'adore !

L'avis de Lilly

Pour mémoire, les critiques des autres oeuvres de Jane Austen dont j'ai déjà parlé ici :
Orgueil et préjugés
Raison et sentiments
Persuasion

Northangey abbey - Jane Austen - 1818 - 10/18
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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 21:29
tokyo.jpgGrey débarque au Japon, sans argent, sans bagage, avec une seule idée en tête : rencontrer un des rares survivants chinois d'un des épisodes les plus sanglants de l'occupation japonaise en Chine : le massacre de Nankin en 1937, exactions, tortures, 300 000 morts ! Perturbé par l'obsession de Grey, le professeur Shi Chongming refuse tout d'abord de répondre à ses questions. Mais il ne peut s'empêcher de se replonger dans son journal écrit tout au long de ces mortelles journées et jamais ouvert depuis.
Mais qu'est-ce qui fait courir Grey, devenu hôtesse dans un bar des bas-fonds de Tokyo ? D'où viennent ses fantasmes morbides ? Et pourrait-il les utiliser pour concrétiser ses propres obsessions ? Pendant quelques semaines ces deux êtres si différents par l'âge et la culture, vont suivre des voies étrangement convergentes...
L'alternance des récits contemporains de la vie tokyoite de Grey et du journal de 1937 rythme de façon très prenante ce récit. L'angoisse très intime de l'une fait contrepoint à la montée de la peur chez l'autre, créant peu à peu une tension palpable. Les changements de narrateur soulagent d'abord cette pression pour la nourrir un peu plus ensuite : du grand art !
Les personnages, tant principaux que secondaires, sont maladroits, certainement perturbés et pas forcément sympathiques, mais dotés d'une profondeur qui les rend étrangement attachants. Avec une mention spéciale pour l'un des personnages à part entière de cette histoire : Tokyo devenue sous la plume de Mo Hayder une ville sombre, hantée, scintillante, imprévisible...
Les thrillers sont très loin d'être mon genre de prédilection, mais Tokyo est un très beau roman, dur et morbide, mais fascinant !

Tokyo - Mo Hayder - 2004 - presses de la cité - Traduit de l'anglais par hubert Tézenas
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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 01:03
persuasion.jpgEt oui je continue dans ma fascination austenienne avec Persuasion, le sixième et dernier roman de Jane. Et je préfère vous prevenir tout de suite, je suis définitivement accro !
Sur le fond, ce roman ne diffère pas vraiment de ceux dont j'ai déjà parlé, Orgueil et préjugés et Raison et sentiments : peu d'action, des situations banales, un cadre étroit. Tout l'intérêt tient une fois encore dans la manière dont Jane plante le décor et décrit minutieusement l'évolution de chacun de ses personnages.
Anne se fane et s'étiole dans l'ombre d'un père et d'une soeur qui ne l'apprécie pas. Longtemps auparavant elle a renoncé à des fiançailles imprudentes aux yeux de son entourage et depuis rien n'est venu combler le vide de son existence. Un changement de décor la remet en présence de son ancien fiancé. Voilà toute l'histoire et dès la première page ce n'est que du bonheur,
sinon pour les acteurs du moins pour le lecteur
Ce qui diffère c'est la narration. Dans des autres romans, le regard vient de l'extérieur. Ici, l'histoire est vue uniquement à travers les yeux d'Anne Elliot et les différents personnages se construisent à travers le filtre de ses perceptions. Son âge et
sa maturité donnent un relief particulier à cette oeuvre plus douce-amère que les précédentes. Non que Jane Austen décrivent uniquement des familles heureuses, loin s'en faut, mais cette cruauté notamment dans le rapport entre soeur est une nouveauté pour moi. 
Comme toujours la galerie de portraits est édifiante et les failles sociales, familiales, intellectuelles ou morales de chacun sont passé au crible d'un humour acéré mais tout en délicatesse... une petite merveille !

Persuasion - Jane Austen - 1818 - traduit de l'anglais par André Belamich - christian bourgois éditeurs 1980
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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 22:31
raison.jpgLire Jane Austen pour moi c'est m'immerger dans sa prose si fluide et oublier  tout le reste.
Il ne se passe rien dans ces romans dit-on ! C'est sans doute vrai, mais comment expliquer alors qu'ils soient si passionnants ? De page en page, je dévore les conversations, réflexions, émois d'une petite foule de personnages qui s'ils m'étaient inconnus hier, sont aujourd'hui quasiment des intimes.
Elinor aime Edward, Marianne aime Willoughby, c'est simple comme bonjour et si compliqué. Elinor est la raison même, Marianne laisse s'exprimer toute la force de sa passion. A partir de là, l'auteure nous brode une fable à sa façon, réjouissante de cruauté, étonnante de drôlerie et de modernité.
Dire qu'ils sont drôles ne rend pas justice à certains dialogues, voire certains débats intérieurs qui frôlent le burlesque. Voir Dashwood s'emmitoufler savamment de bons sentiments et de creuses réflexions et en tirer triomphalement toutes justifications pour laisser ses soeurs sans ressources alors qu'il avait juré de prendre soins d'elles est une merveille... et il est sincère le bougre... sincèrement ridicule de pingrerie !
Ces personnages dont les motivations et les contraintes semblent si éxotiques, nous sont  finalement très proches par leurs aspirations qu'elles soient romanesque ou plus prosaïques. Car si l'argent joue un grand rôle dans la vie des marionnettes austeniennes, est-ce donc si différent aujourd'hui ? La forme change, mais le fond...
Quant aux femmes, centrales dans ce roman où les hommes sont bien peu avantagés, elles sont matériellement terriblement dépendantes, elles peuvent être sottes ou carrément bêtes, communes ou même vulgaires, intrigantes et intéressées, charmantes ou loyales, en tout cas ce ne sont pas de faibles femmes... Bien loin de bluettes victoriennes qui les décrivent comme de délicats bibelots à tenir sous globe, les femmes d'Austen montrent une étonnante indépendance d'esprit et une capacité certaine à tirer partie de tout, serait-ce de leur bêtise, pour obtenir ce qu'elles veulent.
Et la morale de l'histoire ?  Certes elle est bien présente mais pas si convenue qu'on pourrait le croire car si les choses tendent souvent à s'arranger pour les honorables héros, les égoïstes intrigants s'en tirent bien aussi...  Alors peinture de moeurs mordante, comédie sentimentale pour midinettes romantiques ou fine analyse psychologique délicieusement comique ?  les trois et plus ! Sublime !

Raison et sentiments - Sense and Sensibility - Jane Austen - 1811 - traduit de l'anglais par Jean Privat - 10/18
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 12:26
orgueil.jpgEst-ce bien nécessaire de résumer l'histoire des soeurs Bennett ? J'en doute, Orgueil et préjugés est probablement l'un des romans les plus célèbres de la littérature. Un classique des classiques et que l'on aime ou pas Jane Austen, tout le monde en a plus ou moins entendu parler. Disons quand même pour que personne ne se sente exclu que l'intrigue se résume à peu de chose. A la toute fin du XVIIIe siècle, dans  une bonne famille point trop riche, une mère cherche par tous les moyens à marier avantageusement ses cinq filles. L'une d'elle, de nature légèrement rebelle, n'est pas prête cependant à faire tout ce que l'on attend d'elle et son entêtement se révèlera avoir toute sortes de conséquences intéressantes !

J'ai dit que cela se passait au XVIIIe, mais il me semble à moi que c'est le plus intemporel des romans. Malgré le langage plus recherché et les phrases sans aucun doute mieux tournées, malgré les conventions et la politesse d'un autre âge, les sentiments et les erreurs de Lizzie me semblent aujourd'hui aussi frais et compréhensibles que si elle était ma meilleure amie depuis toujours. Pour Darcy, je n'irai pas jusqu'à souhaiter l'avoir comme ami, cet homme là est bien trop séduisant comme des millions de femmes s'en sont aperçu en deux siècles.

orgueilfilm.jpgLes esprits méthodiques noteront certainement que ce roman n'était pas sur ma PAL de l'été. Seulement j'ai découvert l'adaptation de Joe Whright cette semaine avec Keira Knightley et Matthew McFadyen et je suis tombé amoureuse... du film pas de Darcy, enfin si un peu aussi peut-être. Après l'avoir regardé deux fois de suite et avoir épuisé les bonus, j'ai dû me rendre à l'évidence, il me fallait relire le livre dont le souvenir se perdait un peu dans la brume des années. Je l'ai acheté ce matin et ce soir après avoir dévoré la dernière page... je suis encore sous le charme ! Sous le charme des personnages, de l'écriture, de l'humour aussi qui m'avait complètement échappé à l'adolescence, des paysages, de l'époque et je crois bien sous le Charme intemporel et irrésistible de miss Austen.

Résumons nous, un film magnifique à voir absolument ! Un roman magnifique a lire absolument ! Vive les vacances...

Lamousmée a justement mis un très bel extrait du film sur son blog il y a quelques jours.

Les critiques d'Allie, de Lilly, de Chimère, pour les autres excusez-moi, j'ajouterai très volontiers des liens vers vos critiques si vous me mettez un petit mot.
Une critique du film chez blogbilger

Mention spécial pour les couvertures choisies chez 10/18 pour les oeuvres de Jane Austen, sublimes visages extraits de l'oeuvre de Dante Gabriel Rosseti (1828-1882) peintre pré-raphaélite très aimé de Lamousmée et dont la muse se prénomait
justement Lizzie !

Orgueil et préjugés (Pride and Prejudice) - jane Austen - 1813 - Christian bourgeois - 10/18 - Traduit de l'anglais par V. Leconte et Ch Pressoir - Préface de Virginia Woolf - Note biographique de jacques Roubad

Orgueil et préjugés - Film de Joe Whright - 2006 - Keira Knightley, Matthew McFadyen, Donald Sutherland, Judy Dench... Universal

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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 09:58
maurice.gifJ'avais vu le film d'Ivory il y a longtemps et j'en gardais un excellent souvenir. Un billet d'incolblog me l'a remis en mémoire et m'a donné envie de lire enfin Forster, le swap a fait le reste...
Cela a été une expérience étonnante, je me souvenais parfaitement de l'histoire mais j'ai eu l'impression de n'avoir strictement rien compris la première fois. J'y avais vu une histoire d'amour tragique dans un contexte hostile, mais Maurice est bien autre chose que cela. A travers l'histoire d'un amour contrarié, Forster analyse tout en finesse la contrainte que peut exercer la société sur l'esprit. Et cela alors même que ces esprits sont parfois parfaitement conscients de leur sujetion.
Maurice après une enfance complètement réglée par les conventions de son milieu connait la chance incroyable de rencontrer et de reconnaitre à l'université un esprit libre. Les sentiments qui se developpent entre eux sont tellement fort qu'ils lui permettent de secouer la chape contraignante qui pèse depuis toujours sur ses pensées. Petit à petit, il apprend à penser par lui-même, à percevoir et à remettre en cause le carcan des conventions, à se connaitre enfin et à s'accepter.
Mais même les esprits libres peuvent trouver insupportable à la longue l'obligation de vivre masqué, au point peut être de renoncer à une partie d'eux-même pour trouver une place dans le seul milieu qu'ils aient jamais connu. Les renoncements de son amour de toujours vont pousser Maurice à des choix déchirants mais peut être libérateurs. Les deux amis seront amené à suivre des voies très différentes mais quel en sera le prix à payer ? Quels sont les renoncements les plus douloureux, et jusqu'où peuvent-ils aller ? Une magnifique analyse en profondeur des carcans de l'esprit.
Maurice. E.M. Forster - 1971 (1914) - 10/18 Traduit de l'anglais par Nelly Shklar
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31 octobre 2006 2 31 /10 /octobre /2006 01:00

 C'est bien difficile de parler de dame Agatha, elle est si connue... Pourtant la plupart du temps on ne sait pas grand chose d'elle, elle a écrit des romans policiers, beaucoup, elle n'est plus à la mode, mais ses livres se vendent toujours autant. Voilà en gros... Qui était vraiment cette dame ? Mystère ! Cette discrétion elle l'a voulue et son autobiographie commencée en 1950 et achevée 15 ans plus tard ("et maintenant que j'ai atteint l'âge de 75 ans, le temps semble venu de lettre un point final. En ce qui concerne mon existence il n'y a plus rien à dire")  n'a rien d'un volume de confessions intimes, dame Agatha n'était pas du genre à se faire piéger par l'écriture, de tout temps c'est elle qui a tiré les ficelles et ce livre ne fait pas exception.

Ce qu'elle choisit de nous raconter dans son style personnel tout en simplicité et malice, c'est un itinéraire. Son enfance victorienne, totalement excentrique à nos yeux, son premier mariage à peu près catastrophique, ses voyages autour du monde d'abord avec Archie puis seule, sa fille, ses maisons, l'orient, Max son second mari, et l'archéologie qui devait être une des grandes passions de sa vie... De disparition mystérieuse point, d'analyse pertinente de ses intrigues ou de la génèse de ses romans pas plus... Lady Mallowan a toujours dit et redit qu'elle écrivait pour faire bouillir la marmite... elle persiste et signe...

En même temps, la jeune Agatha est tombée dans l'écriture très jeune et je doute qu'elle ai passé plus d'un jour de sa vie sans écrire et cela bien avant d'être publiée... Journal intime ou de voyage, correspondance, nouvelles, c'était chez elle un besoin absolu et elle puisait sa matière dans ce qu'elle observait autour d'elle. A chaque tournant du récit se rencontre un personnage, une réplique, un nom, une situation qui rappelle un de ses romans ou nouvelles... Un vrai plaisir pour une fan.. dont je doute qu'il soit fortuit.

Ma scène préférée, sa rencontre avec Max Mallowan. Comme cela se faisait à l'époque, on avait organisé pour mrs Christie, célèbre romancière, une visite de quelques sites archéologique dans ce qui est aujourd'hui l'Irak. Bien sûr elle se devait d'être accompagnée et la corvée échut au plus jeune des archéologues présents, Max Mallowan. Au beau milieu de nulle part la voiture tomba en panne. Max et le chauffeur durent bricoler plusieurs heures pour la faire redémarrer. Que faisait donc mrs Christie pendant ce temps ? Se tordait-elle les mains, paniquée à l'idée de passer un temps indéfini dans le désert ? Non. Elle s'était étendue à l'ombre du véhicule et ne trouvant rien de mieux à faire s'était octroyée une petite sieste. Je l'imagine bien dans les vêtements féminins de l'époque (on est dans les années trente) installée par terre, tranquille comme baptiste, pour un somme réparateur.  Max lui aurait raconté plus tard que c'est à ce moment là qu'il avait envisagé pour la première fois de l'épouser... véridique ou non, elle n'a jamais mis cet épisode invraisemblable dans un de ses romans... un très beau livre !

Une autobiographie - Agatha Christie - Le masque - 1977 (réédité en 2002)

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18 septembre 2006 1 18 /09 /septembre /2006 13:55

Comme je le disais, il faut bien commencer quelque part... Je ne sais pas si c'est normal mais j'égare toujours mes livres un peu partout dans la maison ! Je perd un temps non négligable de lecture à me demander où diable j'ai pu fourrer l'en cours. Bref j'en ai fini un ce matin aux petites heures et il mérite d'être l'entrée en matière de ce journal de lecture que je médite depuis un certain temps. Comble de bonheur je l'ai retrouvé presque immédiatement sous le coussin du canapé c'est bon signe.

"Délivrerez-moi" de Jasper Fforde avec deux ff. Pas facile à décrire !  Je commencerai donc par le 4e de couverture de l'opuscule précédent, "L'affaire Jane Eyre"  qui m'avait presque décidé à l'acheter (la recommandation d'une amie à fait le reste) : "au carrefour du roman policier et de l'uchronie déjanté, un ouvrage jubilatoire"  ça fait rêver non ? E t bien c'est exactement ça...

L'affaire Jane Eyre commençait comme un livre presque normal sauf de temps à autre une impression de ... décalage. Mes classiques sont loin, il se peut même que j'en ai raté certains mais enfin il me semblait pourtant et  c'est parti... ça cloche oui, la guerre de Crimée bat son plein en 1985, l'Angleterre a été occuppée jusqu'en 46, Churchill n'a jamais existé, le dodo est un animal de compagnie recherché et jeudi prochain n'est pas une indication temporelle mais le nom de l'héroïne.

De décalage en décrochage suivre les aventures de Thursday au milieu des livres et encore mieux dans les livres est un vrai régal... En plus dans ce monde où tout peut arriver, les livres sont au centre de tous les intérêts (ben oui ça change quoi), les gens se battent pour les avoir, les acheter, le posséder voire les modifier. Les fan clubs littéraires  forment un réel contre-pouvoir (dans la mesure ou ça existe) et la littérature a accouché de sa dose d'extrémistes intégristes.

Enfin, en plus d'être un bon bouquin qui joue délicieusement avec la littérature, une pincée de fantastique, quelques tasses de thé, une bonne dose de paradoxe temporel et un soupçon de vie des animaux (hum la migration automnale des mamouths) j'aime bien l'idée d'aller me promener dans les bouquins, histoire de tailler une bavette avec un personnage ou un autre ! Et depuis l'aube  je réfléchis, je m'interroge, par lequel commencerai-je ?

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