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Chroniques De Lectures

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 20:17
A la mort de Caroline Meredith, californienne égarée dans un comté dénué de charme de l'Angleterre profonde, sa famille prend conscience que malgré les années, la morte a conservé tout son mystère, incapable qu'elle fut de s'intégrer tant au très fermé clan des Meredith qu'à la vie rigide de ce terroir ancré dans ses traditions. Pourtant sa disparition provoque des réactions aussi  violentes que muettes, colère chez sa fille adoptive, retrait en lui-même chez son mari, depression chez son beau-frère.
Jusqu'au jour où Zoé, une jeune fille de la ville aussi libre de pensées que de gestes, débarque et s'installe, faisant voler en éclat le statu quo plein de non-dit qui reliait les membres de cette famille à leur terre et à l'idée qu'ils se faisaient d'eux-même.
Joanna Trollope excelle à décrire le quotidien de gens ordinaires qui en deviennent étonnament singuliers et complexes avec leurs drames petits et grands qui tissent les jours et les histoires. Son écriture précise et élégante donne un charme particuliers à ses romans. L'Angleterre qu'elle décrit est peut être tout sauf glamour et ses personnages aussi terre à terre que boueux, on se laisse
séduire par cette histoire en apparence toute simple. Décidément une auteure à découvrir. Prenant !

Les liens du sang - Joanna Trollope - 1997 - traduit de l'anglais par ... Calman Levy ou Pocket

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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 22:02
Milieu du XVIIIe, Bonnie Prince Charlie, héritier de la dynastie des Stuart, obtient le soutien des clans ecossais dans son projet de reconquête du trône d'angleterre. Mais les grandes familles écossaises sont prudentes à leur façon. Le vieux lord Durrisdeer envisage donc d'envoyer son fils cadet soutenir le prétendant, tout en gardant auprès de lui son ainé, le Maitre de Ballantrae, qui ferait lui allégeance au roi en place.
Un bel et bon arrangement qui malheureusement n'a pas l'heur de plaire au-dit Maître, jeune homme séduisant et talentueux mais violent, manipulateur et libertin qui préfère de loin l'aventure jacobite. Il part donc abandonnant le domaine à son frère, Henri, jeune homme bon et honnête mais renfermé et peu populaire. La bataille de Culloden met bientôt fin à la rebellion et le Maître est présumé mort mais son ombre continue de hanter étrangement le domaine des Durrisdeer...

Dans ce roman, pourtant assez court, Stevenson réussit le tour de force de conjuguer avec une rare maîtrise, les sources d'inspiration qui ont fait le succès de deux de ses précédents chef d'oeuvres, l'île au trésor et de l'étrange aventure du dr Jekyll et de Mr Hyde, ciselant un roman aux multiples facettes ajustées au millimètres. A la fois roman d'aventures fourmillant d'actions, de pirates sanguinaires, d'indiens hostiles et de contrée sauvages, roman psychologique jouant sur le double néfaste à travers deux frères aux caractères diamétralement opposés, roman d'atmosphère glaçant où l'on voit les personnages s'engluer dans une situation infernale tissée d'orgueil, de non-dit et de mensonges, conte quasi-fantastique enfin dans la façon dont le narrateur mets en scène son involontaire fascination pour le Maître, son intelligence, sa force et sa noirceur absolue et contagieuse.
A cette construction rigoureuse au rythme enlevé s'ajoute la prose de Stevenson, étonnament visuelle, puissante, aussi élégante que précise avec ce zeste d'extravagance dans l'adjectif qu'on retrouve à des degré divers chez d'autres "aventuriers" anglais de l'époque tels Henri Rider Haggard ou Arthur Conan Doyle. Un must !

Le maitre de Ballantrae - Robert Louis Stevenson - 1889


L'avis d'Isil, de Tamara ...
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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 18:00
Voilà un roman quasi mythique, un de ces romans d'aventures dont la fin du XXe siècle a eu le secret et qui ont fait rêver (et ont peut être influencé) plusieurs générations de lecteurs. Une de ces histoires où des gentlemen anglais aussi érudits que forts découvrent des mondes perdus desquel le temps et la civilisation (du moins la civilisation telle que comprise par des européens de l'époque) sont exclus...
Dans le cas de Elle, cette trame se complique de la présence d'une souveraine immortelle, Ayesha Elle-qui-doit-être-obéie, despote absolue de son peuple, toujours voilée car une simple vision de sa beauté enchaîne les hommes pour toujours, cultivée d'une façon qui peut parler à un héros victorien - elle parle grec, latin, arabe classique, capable de tuer d'un seul regard et pour autant admirablement chaste puisqu'elle attend le retour de son amour depuis plus de 2000 ans, amoureux qu'elle a tué de sa main en son temps.
Tous les fantasmes du colonialisme victorien s'épanouissent joyeusement dans cette folle histoire où se mèle nature sauvage, ruines imposantes, mystère de la vie, peuplade cannibale et tous les ingrédients qui seront un jour ceux du genre... car nous en sommes au début ! Henri Rider Haggard, lorsqu'il écrit She en 1886 a déjà les Mines du roi salomon a son actif et est en train de donner véritablement ses lettres de noblesses à ce type de roman d'aventures qui connaitra une immense poplarité à la fin du XIXe et au début du XXe. Il n'est  peut-être pas cité dans les auteurs victoriens classiques mais il fut l'un des auteurs les plus célèbres et les plus populaires de son temps et son influence n'a pas fini de se faire sentir - Ne dit-on pas que le très célèbre Indiana Jones (fort et érudit lui-même) est directement inspiré de son Allan Quatermain. Quand à Ayesha que Freud et Jung ont tous deux considérée comme un Archétype féminin, ma foi il serait intéressant de spéculer sur ses descendantes directes ou non !

Alors certes c'est un roman ancré dans son siècle et certains des préjugés de l'auteur sont innaceptables de nos jours mais pour son époque justement, je crois qu'il faisait preuve d'assez de largeur d'esprit. Il met en scène un peuple où les femmes sont totalement libres de leur choix - car ce sont elles qui donnent la vie - , un amour sincère entre un gentleman anglais et une africaine en peau de léopard,  une femme devenue toute puissante par la force de son esprit... Pour un homme de son éducation ce n'est pas si mal. Le style est certes assez emphatique pour un pur roman d'aventure mais agréable et même enlevé. Dans l'ensemble une belle découverte que je dois à mon excellente amie, Amelia Peabody Emerson qui ne cesse de recommander cet auteur malgré les moqueries de son séduisant époux. Exotique !

Elle - He
nry Rider Haggard - 1886 - traduction (révisée) de Jacques Hillemacher


PS.  La traduction de She a fait beaucoup débat il fut un temps car le roman fut traduit  en français en plein
procès de plagiat fait à Pierre Loti et son Atlantide... apparemment des versions plus ou moins abrégées ou mutilée ont fleuri et je ne sais pas trop ce que valait la mienne - bien qu'elle soit révisée "d'après l'original anglais" je cite. N'est-ce pas extraordinaire de préciser cela ?

PPS. She a fait l'objet d'innombrables adaptations cinématographiques dont la première date de 1899 (La danse du feu de Georges Meliès) et la dernirère de 2001 (Timothy Bond). Une des plus célèbre est sans doute celle de 1965 - La déesse du feu de Robert Day - avec Ursula Andress dans le rôle titre.
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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 21:14
Hong kong 1925, Kitty, jeune anglaise frivole, a épousé faute de mieux un chercheur en bactériologie. Quelques années de mariage n'ont fait que l'éloigner de ce mari trop sérieux, qu'elle méprise de surcroit  pour son manque d'entregent social. Elle se lance donc à corps perdu dans une idylle aussi romantique que sensuelle avec un notable du cru qui flatte à la fois son besoin d'attention et sa vanité. Surprise quasiment en flagrant délit d'adultère, elle se voit offrir par son mari un marché aussi tortueux qu'incompréhensible pour elle. Soit elle subit un divorce à ses torts, ce qui lui ferait tout perdre et surtout sa position sociale, soit elle le suit dans une ville de l'intérieur de la Chine où vient de se déclarer une épidémie de choléra. Faussement magnanime, il lui propose finalement de renoncer à ce choix si son amant promet de divorcer pour l'épouser. D'abord soulagée, Kitty se rend vite compte que l'amant en question n'a nulle intention de quitter une épouse à laquelle il doit sa propre situation et sa fortune. Prenant pour la première fois conscience de la profonde solitude à laquelle l'a cantonnée la superficialité de ses relations, kitty se résout la mort dans l'âme à accepter un voyage qui la térrifie. Cette expérience traumatisante changera profondément sa vision du monde, des hommes mais aussi des liens qu'ils peuvent ou non tisser entre eux...
Ce roman a été pour moi une très belle découverte. L'écriture limpide, précise esquisse avec peu de mots et une déconcertante aisance des décors étonnament vivants, des caractères complexes et une histoire extrèmement subtile dont la richesse se révèle dans les différents niveaux d'interprétation.
Certes les personnages ne sont guère attachants. Kitty est une péronnelle égocentrique, Walter le mari est une sorte de brute psychologique, l'amant un fat sans épaisseur, les autres à l'avenant...  Mais ce qui frappe dans ces personnages c'est avant tout, leur totale incapacité à communiquer. Au bout de deux ans de mariage, Kitty et Walter sont aussi étrangers, l'un à l'autre qu'au jour de leur rencontre : elle est totalement incapable de comprendre ses réactions et il semble tout aussi incapable de saisir sa pensée. Jamais ils ne se sont parlé, jamais ils n'ont fait l'effort de s'intéresser à l'autre, côte à côte ils ont vécu en totale incompréhension.
En ceci d'ailleurs ils ne font que reflèter le monde qui les entoure. Ce monde "colonial" où les anglais vivent à côté d'un peuple qu'ils méprisent la plupart du temps, pour qui ils éprouvent de la compassion parfois mais que jamais au grand jamais ils ne cherchent à comprendre.
Le personnage de Waddington, en ce sens est intéressant, car seul occidental de l'histoire à parler chinois et à tenter de comprendre ce pays et ses habitants, il est aussi le seul à comprendre ce qui se passe entre Kitty et Walter et à pouvoir dans une certaine mesure les aider. Il représente pour Kitty, une toute nouvelle expérience relationnelle, fondée non sur l'apparence et une satisfaction toute sociale mais sur la compréhension.
Enfin, il m'a semblé que derrière cette analyse très fine de la difficulté de nouer de vraies relations dans un cadre social trop rigide, derrière cette peinture peu flatteuse de l'attitude de ces expatriés anglais face aux tenants d'une autre culture, se dissimule une critique acide d'une société infiniment superficielle ou l'intelligence est moins prisée qu'un noeud de cravate bien noué et où la compassion tient lieu de vertu quand elle peut s'appliquer à distance. Profond et subtil !

Les avis de Choupynette, Lilly  ,

La passe dangereuse (the painted veil) - William Somerset Maugham - 1925
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 22:37
Tout a commencé par mon colis swap, Karine y avait glissé une adaptation (superbe) des Hauts de Hurle-vents avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche. A peine le film terminé, je me suis précipitée sur le livre que j'avais lu quand j'était adolescente mais jamais depuis. Forcément je voulais savoir, comparer, faire durer la magie aussi sans doute, car c'est une histoire magique, tragique, noire et magique !
Devrais-je rappeler la trame ? Dans un coin perdu du Yorkshire, un jeune garçon, tour à tour gâté, rabaissé jusqu'à la déchéance puis trahit dans un amour passionel et exclusif exerce une vengeance implacable qui viendra à bout de deux familles et s'exercera jusque sur les descendants de ceux qui l'ont offensé.
Tout le monde connait ce huis clos démoniaque, violent, cruel niché dans l'écrin d'une lande désolée, battue par les vents où se dressent deux vieilles demeures aussi sombres que les sentiments de leurs habitants.
Ce qui m'a surpris à la lecture c'est à quel point mon ressenti avait évolués par rapport à ma lecture d'adolescente. Je me souvenais parfaitement de l'ambiance gothique et du personnages d'Heathcliff  mais j'avais à peu près tout oublié de celui de Catherine, son égoïsme absolu, sa violence particulière dirigée bien plus contre elle-même que contre tout autre. Et je n'arrétais pas de penser à l'auteure. Où donc a-t-elle été chercher cette démence obsessionelle, cette tension incroyable qui habite les pages de son unique roman. Je n'en ai aucune idée. Aucun de ses personnages n'est seulement sympathiques, trop tourmentés, trop cruels même quand ils semblent représenter le côté lumineux de l'intrigue, si tant est qu'il y en ai un. Et pourtant il est impossible de les laisser, impossible de ne pas les suivre jusqu'au bout dans cette course infernale et morbide, jusqu'au soulagement ténu de la toute fin.
Je me suis aussi demandé pourquoi Heathcliff, homme brutal si totalement implacable, si absolument cruel, exerçait une si grande fascination depuis un siècle et demi. Je suppose que l'amour absolu qui l'habite lui vaut rédemption dans l'esprit du lecteur, comme le personnage d'Hareton semble une rédemption symbolique dans l'histoire elle-même. L'écriture d'une puissance exceptionnelle avec des moments de magie absolue y est pour beaucoup - La prière démoniaque d'Heathcliff après la mort de Catherine, j'en frissone encore - mais il y a plus, le huis-clos irrespirable est le fruit d'une construction extrèmement rigoureuse qui contraste avec ces transports physiques et mentals qui mènent volontairement à la mort. Pour Emily on pouvait  mourir d'amour, de fureur, de vengeance... Grandiose !

Les Hauts-de-Hurlevents - Emily Brontë - 1847

Pour le plaisir, la première scène du film de Peter Kosminsky (1992)... (vous ne l'entendrez pas beaucoup mais la musique est de Ruichi sakamoto)


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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 11:40
Dès la seconde de sa conception, Ruby Lennox fait l'expérience du rejet. Au coeur des pensées de sa mère, elle ne sent que colère, dégoût et  frustration, car dans l'esprit de cette femme qui se rêve en Scarlett et ne décolère pas d'être l'épouse ordinaire d'un homme médiocre, Ruby n'a pas sa place... A vrai dire sa mère ne supporte guère ses soeurs mais à mesure qu'elle grandit, Ruby sent bien qu'elle est, plus que les autres, un objet de répulsion.
Ce qu'elle va mettre une vie à comprendre, c'est la malédiction du silence qui domine sa lignée maternelle. Mère, grand-mère, arrière-grand-mère, mais aussi tantes, oncles ou grands-oncles, tous ont reçu , enfants, des blessures profondes, aucun n'a pu les dire, tous en portent les stigmates et les reproduisent. Ruby va devoir se chercher dans le silence de toute une famille figée dans ses manques.
Ce roman ressemble à un tourbillon. Sa construction flamboyante pourrait nous perdre dans ces fragments de vies multiples répartis sur quatre générations, et pourtant non. Très vite tout se met en place, chaque pièce du puzzle éclaire un peu plus un tableau familiale à la fois ordinaire à pleurer et proprement tragique. On se prend à suivre, le coeur serré, les trajectoires de personnages parfois attachants, parfois déprimants ou drôles mais tous impuissants. Sous le style pétillant et l'humour sarcastique de l'auteur se dissimule une tristesse si profonde qu'elles en devient inaudible pour ceux-là même qui la souffrent. Superbe et poignant !

Merci à Stéphanie pour son prêt.
Les avis (très divers c'est le moins qu'on puisse dire) de Jules , Praline, PascalPapillon  Virginie, et Heri

Dans les coulisses du musée - Kate Atkinson - 1996 - Traduit de l'anglais par Jean Bourdier - éditions de Fallois.


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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 23:11

Depuis un moment déjà je voulais découvrir Ian McEwan, un de ces "grands auteurs vivants" que je n'ai encore jamais lu... Je pensais vaguement  commencer par  Expiation, quand je suis tombée sur la critique du jardin de ciment chez Thom.
Il n'en fallu pas plus...
Le jardin de ciment est, semble-t-il, le premier roman de Ian McEwan, un premier roman ET un monument : à peine 138 pages lues d'une traite quasiment sans respirer.
Dans un famille repliée sur elle-même au fin fond d'une banlieue désertée et quasiment détruite par l'abandon d'un projet autoroutier, quatre enfants perdent successivement leurs parents et restent seuls. Devant l'anxiété et la perte, un seul refuge : serrer les rangs et faire comme si... Ils dissimulent le corps de leur mère dans la cave et reprennent leur vie... mais pas tout à fait comme avant. Dans cette famille si isolée, si vulnérable d'où les derniers repères ont disparu, toutes les envies, tous les fantasmes peuvent prendre corps. Aucun frein d'aucune sorte, après tout pourquoi pas...
Etrangement malgré son atmosphère étouffante voire carrément glauque, cette histoire ne m'a jamais semblée malsaine ni perverse comme j'ai pu le lire. Ces enfants perdus reconstruisent à leur manière une famille qui a commencé à se dissoudre et qu'ils craignent de voir disparaitre. Nul regard extérieur sur eux, personne pour seulement discuter du bien fondé, de la responsabilité ou du danger. Le plus jeune à 6 ans, la plus agée 17, comment ne créeraient-ils pas leur propre modèle loin du regard des "autres" ?
En quelques pages McEwan nous arrime aux sorts de ses personnages. Dans un style
d'une puissance et d'une aisance confondante sans jamais jouer sur la pitié, finalement peu sur la sympathie mais presque entièrement sur l'intérêt, car quoique que nous pensions d'eux, il nous faut savoir : ces gamins hors normes, que va-t-il leur arriver, vont-ils se trouver ou se faire laminer par l'extérieur?   C'est froidement poétique, franchement urbain et complètement distancié, un roman hors du temps que j'ai trouvé paradoxalement emblématique à la fois des années soixante-dix et de l'adolescence.  Renversant !

l'avis de Thom à qui je dois cette lecture

Le cimetière de ciment - Ian McEwan - 1978
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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 14:10

Obligé de cohabiter avec un beau père aussi répugnant qu'insupportable et dont aucune maison de retraite ne veut plus, Ravi Kapoor, médecin londonien plus britannique que nature, voit sa vie et son couple se défaire peu à peu quand une idée lumineuse jaillit d'une conversation avec un sien cousin. Créer une maison de retraite délocalisée en Inde. Les frais y seraient fort bas. Les pensionnaires, désorientées voire affolés par une Angleterre qu'ils ont bien du mal à reconnaitre, y retouveraient l'athmosphère de leur jeunesse, très "Empire des Indes", tout en profitant du soleil. Et surtout, surtout Ravi pourrait envoyer son abominable beau père très très loin... Contre toute attente, le projet voit le jour et connait même un succès fort honorable. Et les nouveaux délocalisés vont faire des découvertes et des rencontres qu'ils ne croyaient plus possible.
Avec beaucoup d'humour et de finesse Deborah Moggach brosse le portrait non seulement d'une génération complètement perdue dans un pays en profonde mutation mais aussi de leurs enfants, ces quinquas écartelés entre leur volonté de se libérer de la contrainte représentée leur parents vieillissants et une culpabilité rongeante de les abandonner. Ces rapports complexes entres parents et enfants devenus "d'âge moyen", mais aussi entre l'Inde d'aujourd'hui et une certaine idée de l'Angleterre sont joliment mis en scène sans complaisance mais sans misérabilisme. Les personnages sont attachants même quand ils sont agaçants et l'écriture allègre de l'auteur sert admirablement son propos. Une très jolie découverte.

Lu grâce à
Fashion dans le cadre de l'opération "Ces petites choses" menée par
 
Ces petites choses - Déborah Moggach - 2004 - Traduit de l'anglais par Jean Bourdier - Edition de Fallois 2007
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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 14:40
"I am going to take a heroine whom no one but myself will much like". Ainsi s'inquiétait (!) Jane Austen de son personnage Emma et du roman qui porte son nom... Alors est-ce que seule sa créatrice peut aimer Emma ? je ne le crois pas.
Certes elle a des côtés agaçants, jeune, jolie, riche, gâtée et maîtresse chez elle ou peu s'en faut, elle trompe son ennui en inventant pour d'autres de meilleures destinées ce qui signifie de bons mariages... Si elle se contentait d'écrire ses intrigues, elle nous rappelerait quelqu'un mais voilà elle veut manier des gens bien réels et ceux-ci ne se comportent pas toujours en marionnettes dociles. Il faut dire qu'Emma est loin d'être aussi perspicace qu'elle le croit en ce qui concerne les sentiments et les pensées des autres. On ne peut pas dire qu'elle se trompe souvent, elle est systématiquement dans l'erreur et malheureusement les quiproquos qu'elle provoque ne sont pas sans effet...
Emma est le cinquième roman de Jane Austen, écrit près de 20 ans après Orgueil et Préjugé et Raison et Sentiments et certaines différences sont sensibles, non pas tant dans le style de l'auteur que dans "l'ordre des choses".
Tout d'abord ici pas de relation préférentielle avec une soeur très aimée. Non seulement Emma vit loin de sa soeur mariée mais elle évite la seule jeune fille de son âge qui soit son égale lui préférant une orpheline pauvre, sans grande intelligence et peu éduquée mais qu'elle peut manipuler à son aise.
De plus, si elle cherche à marier les autres, Emma est parfaitement décidée à rester célibataire, aussi incapable de sentiment et de passion, semble-t-il, que de renoncer à sa quasi totale indépendance. Aucun frisson non, même lorsque, lors du seul et unique bal, un des personnage masculin renvoit comme un miroir l'image d'un Darcy mûri par l'expérience et sauvant de l'humiliation une jeune fille grossièrement ignorée par un facheux.
Car on est loin de la société brillante de ses deux premiers romans, Highbury est un tout petit village où Emma passe son temps entre son père, vieil hypocondriaque égocentrique, son ancienne gouvernante aujourd'hui mariée, la veuve et la fille appauvrie de l'ancien pasteur, le vicaire et sa femme, un beau-frère de 15 ans son aîné et c'est à peu près tout. Rien de très joyeux ni de très relevé comme compagnie... et la satire se déchaine, aussi incisive et vitriolée qu'on pouvait l'attendre.  Jane Austen ne décrit que rarement ses personnage, elle se contente de les laisser parler et rien ne pourrait être plus cruel. Tour à tour mesquins, vains, médiocres, sots et j'en passe quand il ne sont pas tout à la fois, ces personnages nous offre un beau défilé et on comprend qu' Emma ait besoin de dérivatif.
Après tout elle est pleine de bonnes intentions et prête jusqu'à un certain point à reconnaitre ses erreurs et à en tirer les leçons. Et là nous retrouvons l'essence du roman austenien, car il s'agit bien d'un roman d'apprentissage, Emma va apprendre à se connaitre, à écouter et à aimer comme les autres héroines de l'auteure mais en frolant de près l'état de peste prétentieuse.
Au moment où elle écrivait ce roman, Jane vivait elle aussi dans un village entre sa mère et sa soeur, entièrement dépendante du bon vouloir des ses frères pour vivre. Les réunions animées, les sorties, les discussions du presbytère paternel plein à craquer étaient bien loin. Et j'avoue que je me suis interrogée sur le personnage de miss Bates, vieille fille sotte et volubile, vivant avec sa mère veuve d'un pasteur, en admiration devant sa nièce, toujours dépendante pour son confort et ses plaisirs de la bonne volonté des autres. Un personnage hautement comique mais sur fond d'amertume et d'une absence totale de perspective d'avenir... Est-ce d'elle-même que Jane se moquait ou avait-t-elle eu une vision de ce que serait l'avenir de sa soeur.
Un superbe roman, magnifiquement écrit, foisonnant, complexe, plein de pièges et de fausses pistes où certains trouveront qu'il ne se passe pas grand chose mais qui m'a tenu sous sa coupe.

Emma - Jane Austen - 1815

D'autres Billets sur Jane Austen dans ce blog :
Orgueil et Préjugés
Raison et sentiment
Persuasion
Northanger Abbey

Je ne trouve pas d'autres articles sur Emma, si vous en avez écrit un, dires le moi... Ah si celui de cuné
Lu dans le cadre de
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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 07:32
lignesdevieg.jpgJuste après guerre, dans une Coventry presque entièrement détruite par les bombes, Cassie accouche d'un petit garçon. Le père serait un GI de passage mais on ne peut guère se fier à ce que dit la jeune femme fantasque et impévisible. D'un commun accord, sa famille décide de faire adopter l'enfant, seulement au dernier moment la jeune mère refuse absolument d'abandonner son fils. Sa mère, Martha, matriarche et chef incontesté de la famille décide donc que ce sera à ses six soeurs d'assumer tour à tour l'éducation de l'enfant. Le jeune Franck grandira tour à tour à la ferme, dans une communauté d'intellectuels, chez de vieilles filles fascinées par le spiritisme ou chez un embaumeur... Dans la famille Vines, tout peut arriver car tout est aussi ordinaire qu'imprévu. Et Franck est un enfant particulier, comme sa mère et sa grand mère, il entend des voix qui restent inaudibles à d'autres. Atout ou malédiction ? Seul l'avenir le dira.
Tout d'abord Ligne de vies ressemble à un roman familial ou des vies ordinaires s'entremèlent et se cristallisent autour d'une petite dernière un peu dérangée. Et puis peu à peu les éléments se mettent en place, les sept soeurs serrées autour d'une figure maternelle à la sagesse aussi rude que profonde. Les coups à la porte qui effraient mais amène aussi des messages. Cassie peut être moins folle que sensible et en décallage avec une époque qui se veut rationnelle. Le père dont on ne sait qu'il est absent ou présent... La magie s'installe, le charme opère et au travers de Franck on s'attache à chacun des personnages de cette étrange mais solide famille enracinée dans un savoir autrefois ordinaire aujourd'hui dérangeant et un rien suspect.
J'avais noté cet auteur après l'article de Gaelle et je suis encore une fois enchantée d'avoir suivi ses conseils. Un très beau livre fascinant et poétique à l'écriture fluide et douce. Magique !
Les avis de cuné et Chimère
Celui moins enthousiaste de Papillon 
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Lignes de vie - Graham Joyce - 2005 - Bragelonne - Traduit de l'anglais par Mélanie Fazi
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