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Chroniques De Lectures

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 08:00
Une anglaise d'un certain âge, Mrs Moore, accompagne aux Indes celle qui doit devenir la fiancée de son fils ainé, magistrat installé dans une ville moyenne du Raj britannique. Les deux femmes sont dès l'abord choquées et déçues de l'attitude des anglo-britaniques du cru et tiennent à rencontrer des hindous - ce qui ne se fait guère. Elles font la connaissance d'Aziz un jeune médecin musulman qui propose de leur faire découvrir quelques richesses touristiques, malheureusement dans une des grottes de Malabar, la jeune fille est agressée et les soupçons se portent immédiatement sur Aziz...
Dans ce tout dernier roman écrit dans les années vingt, Forster épingle avec une grande finesse la complexité des rapports humains dans les Indes Britaniques, tant entre anglais et autochtones, qu'entre musulmans et hindouistes voire comme à son habitude entre hommes et femmes. Tous les signes des troubles à venir sont bien là, dans la brutale insensibilité anglaise, mais aussi dans les contradictions inhérentes à la conditions de "colonisés éduqués" comme l'empire en a tant formé dans cette région du monde. C'est étonnant de lucidité, de justesse et d'acidité.
Encore une fois E. M. Forster traite de rapports humains contraints, compartimentés par les convenances d'une société pour laquelle il ne montre aucune indulgence - ici une micro société coloniale figée, intolérante, et d'une bêtise confondante. Mais contrairement aux autres romans que j'ai lu de lui, il n'y a guère d'espoir derrière tout cela, pas d'apprentissage, ni d'évolution... Les personnages semblent se complaire dans leurs illusions et aller toujours plus loin dans l'aveuglement, l'égoïsme et la bêtise. Nul soupçon de manicheïsme possible, tous sont plus antipathiques les uns que les autres, anglais et hindous dans le même panier. Même Fielding et Mrs Moore, les deux seuls personnages un rien tolérant, font preuve d'une étrange insensiblité et malgré la sublime dernière conversation entre Aziz et Fielding qui résume si magnifiquement la thématique du colonisateur et du colonisé, j'ai eu peine à éprouver une quelquonque empathie pour eux.
Une très beau roman donc, impressionant voire magistral mais empreint d'une amertume, d'une aigreur même qui en rend l'accès plus ardu que celui les autres oeuvres de l'auteur. Âpre !

Route des Indes (A passage to India) - E.M. Forster - 1924 - 10/18 - Traduit de l'anglais par C. Mauron (1927)


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Published by yueyin - dans roman britanique
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 08:00
Pour moi qui suis tombée dans la lecture quand j'étais toute petite, au point que les effets ont été permanents depuis, découvrir Walter Scott, comme plus tard Alexandre Dumas, a été une révélation. Des pages et des pages et encore des pages (soyons fous) d'aventures, de rebondissements, de beaux sentiments,  de nobles héros, de belles héroïnes, de bravoures diverses, de ceci et de cela, bref des heures de plaisirs qui n'avaient de limite que les possibilités des bibliothèques familiales et municipales. Ceci pour dire que Ivanhoé a bel et bien été un des héros de mon enfance, d'autant que la télé nous offrait complaisamment et régulièrement le chef d'oeuvre de Richard Thorpe avec l'indéboulonnable Robert Taylor (grand habitué du genre) sans le rôle titre,  sans parler de l'innénarable série avec Roger Moore. A l'époque, comme aujourd'hui, la télévision savait rentabiliser ses achats.
Mais revenons à Walter Scott et à son Wilfrid d'Ivanhoé, ce chevalier d'origine saxonne, renié par son père mais fidèle à son roi légitime Richard Coeur de Lion (un normand donc, suivez un peu) a suivi ce dernier lors de la troisième croisade. A son retour, il cherche à rassembler la rançon de son seigneur, prisonnier quelquepart en europe, dans une Angleterre qu'un vil usurpateur, le prince Jean, tente de s'accaparer. Pour ce faire il s'abouche avec Isaac d'York, riche juif, dont la fille, la belle et brune Rebecca, est plus que sensible a son charme saxon et lui servira d'infirmière à l'occasion. Mais le coeur de d'Ivanhoé reste fidèle à la blonde Rowenna qu'il épouse à la fin. Je reconnais que c'est un résumé un peu court, j'ai passé quelques complots, batailles et tromperies sans parler de l'intervention du célébrissime Robin et de ses "gais compagons" mais enfin pour ce qui nous occupe cela suffira.
Cette fin pouvait plaire ou non, certains regrettaient quand même que la belle, la courageuse, l'altruiste, la brune enfin, Rebecca  ait été écartée aussi facilement de la vie de Wilfrid au profit de la froide Rowena. William Makepeace Thackeray fut ce ceux-là et décida donc de donner une suite plus à son goût à ce roman chevaleresque et néanmoins injuste. ce fut donc Rebecca and Rowena qui nous conte ce qu'il advint ensuite et comment, après l'échec patenté de son bigot mariage, Ivanhoé repartit guerroyer au côtés de son roi, trucida mélancoliquement à tout va, passa pour mort et, enfin veuf, retrouva celle que, celle qui...
je cède à la tentation de vous copier ici quelques lignes du dernier chapitre :
Mais assez de palabre! Voici la scène finale : Valence est assaillie et prise par les chrétiens.
Qui est le premier sur les remparts pour arracher l'étendard vert du prophète ? qui décapite l'émir Abu Je-ne-sais-plus-comment juste après que ce dernier eut fait subir le même sort au cruel Don Beltran de Cuchilla y etc. ? Qui, attiré dans le quartier juif par les cris déchirants de ses habitants (...) découvre Isaac d'York égorgé sur le seuil de sa maison serrant dans sa main la grosse clé de l'arrière cuisine ? Qui, sinon Ivanhoé ? Hein ? Qui, sinon Ivanhoé ?
- Un Ivanhoé, un ! s'exclame-t-il.
(...) Et qui sort de l'arrière cuisine, toute chancelante, les bras tendus, vêtue d'une simple robe blanche, les cheveux dénoués... ? Qui, sinon Rebecca ? Regardez ! Ils se précipitent l'un vers l'autre, et maître Wamba déploie une bannière devant eux et assomme un curieux avec un jambon qu'il avait sur lui par le plus grand des hasards... Quant à Rebecca, maintenant qu'elle a posé sa tête sur l'épaule d'Ivanhoé, je ne me permettrai pas d'écouter les paroles qu'elle murmure ou d'aller plus avant dans la description de cette scène de retrouvailles, bien qu'elle soit loin de me laisser insensible. En effet je n'ai jamais cessé d'y penser depuis vingt-cinq ans, depuis l'époque où je fréquentais encore les bancs de l'école et me consacrais à la noble étude des romans, depuis ce jour où, je vis apparaitre les silhouettes des braves chevaliers et des belles dames, tombai amoureux de rebecca la plus douce créature dont un poète puisse rêver, et me jurai de lui rendre justice.

Où comment passer du cocasse à l'émotion en deux paragraphes car il est bien facile de se reconnaitre dans cet écolier plongé dans la noble étude des romans. Mais au delà de la justice rendue à Rebecca et de la pochade burlesque, il y a dans ce petit livre une vraie satire  qui moque avec  jubilation les outrances du romantisme médiévalesque exacerbé, le manichéisme forcené opposant fiers et  bons saxons aux fourbes et vils normands, l'idéalisation à la fois du moyen âge, de ses preux chevaliers et de Richard Coeur de Lion (a-t-on idée du choc que ressent une enfant, ou même une adolescente, quand elle découvre que ce fameux prince Jean, vil corrupteur, usurpateur, menteur et autres mots en -eur que l'on se représente volontiers en lion pelé sans crinière suçant son pouce, sera finalement le successeur légitime du beau Richard sur le trône d'Angleterre... Et alors et Robin, et Wilfrid ? Que devinrent-ils ? Et que dire des relations un peu troubles entre frères, mère et père au sein de cette douce famille d'Angleterre ? Quand Dumas faisait des enfants illégitimes à l'histoire, s'il leur donnait autant de souffle, du moins les faisait-il plus subtils mais passons et revenons à nos moutons saxons) En plus de tout cela, il me semble déceler quelquechose de plus corrosif quoique tout en légèreté qui a trait à la distance entre les beaux discours et les actes, entre la vertu affichée et la cruauté des intentions, entre la légende et la boucherie qui l'a précède.
Quoiqu'il en soit un petit bijou de drôlerie à recommander absolument et qui donne terriblement envie de relire l'original de Sir Walter Scott, l'enchanteur de mon enfance.

Ivanhoé à la rescousse (Rebecca et Rowena) - William Makepeace Thackeray - 1851 - (Rivages 2009)


Les avis de Chiffonnette, Lilly, Fashion...

Challenge English Classic  4/2

PS Cela me fait plaisir de savoir que Thackeray aussi pouvait tomber amoureux de personnages de fiction, je me sens moins seule...

PPS pour le plaisir

PPPS et pour rire




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Published by yueyin - dans roman britanique
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 08:00
Scrooge est un vieillard richissime, solitaire, égoïste, méchant et, par dessus tout, avare. La nuit précédent noël, il reçoit la visite du fantôme de son défunt associé, Marley, qui semble tout sauf heureux dans l'au-delà et lui annonce la visite de trois fantômes, ceux des noëls passé, présent et à venir... Terrorisé Scrooge se prépare à vivre de bien curieuses épreuves qui vont changer son regard sur noël et par là même sur la vie.
A Christmas Carol, traduit en français tantôt sous le titre de Chant de noël tantôt sous celui de Cantique de noël est un conte plein de magie, de merveilleux et de bons sentiments... dans le bon sens du terme. Scrooge lui-même est un personnage que l'on retrouve très souvent cité au détour d'un roman anglosaxon, c'est un peu l'équivalent d'Harpagon en terme de caractère et il a servi de modèle au célébrissime Picsou de Walt Disney du temps où celui-ci était encore un personnage négatif. La tendance plus ou moins récente à faire de Picsou le héros qui a réussi et de Donald le looser a tendance à me rester en travers de la gorge mais je m'égare. Bref autant vous dire que j'étais ravie de rencontrer enfin la source de toutes ces références et ces clins d'oeil. Un chant de noël est un très beau conte, original dans sa forme, magnifiquement écrit et, en fait, beaucoup plus facile à lire que je ne l'aurais pensé. décidément il faut que je me débarasse de mes préjugés poussiéreux envers Charlie.
Si je l'ai lu ces derniers temps c'est bien entendu à cause du film de Robert Zemeckis qui a fait un tabac pendant les fêtes. Je l'ai peut être déjà raconté (peut être !!) mais je ne peux résister à l'idée de voir les adaptations des romans que je lis et inversement de lire les romans à l'origine des films que je vois, une manie, une habitude, une passion, un hobby, une pulsion... choisissez le terme qui convient le mieux. En ce qui concerne le dit-film donc, le moins que je puisse dire c'est qu'en plus de ses qualités esthétiques, il est extrèmement fidèle au roman. Les personnages, le découpage, les situations, tout est parfaitement réussi et respecte l'esprit et la lettre du roman. Si j'avais un bémol paradoxal ce serait qu'il est justement si fidèle qu'il n'apporte pas grand chose de plus mais je reconnais qu'on frôle le pinaillage. La 3D, en plus de m'avoir fait pleurer comme une malheureuse, permet de magnifiques images bien qu'elle ne soit peut être pas réellement intégrée à la réalisation. En résumé, un beau film qui met à la portée de tous un indémodable classique dickensien.

Un cantique de noël (A christmas Carol) - Charles Dickens - 1843
Le drôle de noël de Scrooge (Disney's a Christmas Carol) - Roger Zemeckis - 2009






2/2




1/?
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Published by yueyin - dans roman britanique
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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 12:00

Elles s'y sont toutes mises! Cuné, Isil, Erzebeth, Fashion, qui m'a offert De grandes espérances pour mon anniversaire, d'autres encore. Et Charlie Rules par-ci et Dickens par là, le Docteur (Who) lui-même a ajouté son grain de sel (saison1-épisode3) sans parler de Dame Agatha. Lisez plutôt cet extrait de Rendez-vous à Bagdad dont je vous parlais récemment.


"Richard (...) se contenta de demander à Victoria ce qu'elle était en train de lire. Elle fit la grimace.

- Ici vous savez, pour les romans, il n'y a pas grand choix : A Tale of Two Cities, Pride and Prejudice et The Mill on the Floss. Je lis A Tale of Two Cities.
- Vous ne l'avez jamais lu ?
- Jamais. Je considérais Dickens comme une auteur ennuyeux.
- Quelle idée!
- Et je m'aperçois qu'il est passionnant!"

Dickens, Austen, Elliott, sacré choix! De toutes façons, je ne saurais mieux dire que Dame Agatha et Victoria réunies, j'ai toujours eu peur de m'attaquer à Dickens, impressionée par l'aura, la réputation, la prolixité, que sais-je, de l'auteur. Et je m'aperçois qu'il est passionnant.
Le jeune Pip, villageois orphelin, élevé à la dure par sa soeur acariâtre et son débonnaire forgeron de beau-frère, voit s'ouvrir devant lui de magnifiques perspectives : argent, éducation, indépendance et de "grandes espérances" pour la suite, entendons promesse d'héritage et de fortune. Peu à peu à travers ses expériences, plus ou moins réussies, ses rencontres parfois étonnantes voire oniriques parfois prosaïques, les mille évènements petits et grands de la vie, Pip va apprendre à se connaitre et à décider ce qu'il veut réellement faire de sa vie.
Dit comme ça, c'est pauvre j'en ai bien conscience. Disons que c'est un roman d'apprentissage doublé d'un roman d'aventures des plus allègre, d'une peinture fascinantes d'une certaine société victorienne et surtout une galerie de personnages inoubliables, dont la célèbrissime miss Havisham que j'avais déjà souvent rencontrée au détour d'une citation, d'un hommage voire d'un dessin animé, sa pupille la polaire Estella, Joe à la puissance bienfaisante et quasi-tellurique, l'amitié absolue de Herbert, Wemmick et son étonnante tour d'ivoire, Jaggers, Compeyson, Biddy, Magwitch le forçat bien sûr, d'autres encore. Autant de personnages hauts en couleur, complexes, nuancés, tour à tour attachants et repoussants, toujours intéressants et, comment dire, sonnant vrai. Bien que la caricature ne soit jamais loin,  les acteurs de cette histoire sont étonnaments crédibles et humains.
Il est bien difficile de parler des grandes espérances en quelques lignes, presque aussi difficile que de le reposer, une fois bien installée au coeur de ses pages. Monumental!

De grandes espérances - Charles Dickens - 1861 - traduction de Charles Bernard-Derosne revue par Jean-Pierre Naugrette.

Les avis de Kali, Cuné, Chiffonette, Lilly...


1/2  






3/2 - le coup de coeur d'Erzebeth (challenge réussi (incredible), mais je continue...)




Janvier 1/12
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Published by yueyin - dans roman britanique
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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 08:00
J'éprouve une passion non dissimulée pour les adaptations cinématographiques et ce quelque soient les romans d'origine, science fiction, jeunesse, classiques en tous genre, polars, tout m'est bon et de préférence j'aime voir les films avant les livres (enfin quand c'est possible). Tout cela pour dire que tombant par hasard sur Chambe avec vue de James Ivory, je me suis fait un plaisir de succomber à la tentation et comme je n'ai certes pas été déçue, je me suis précipité derechef sur ma pal et l'ai démolie jusqu'à retrouver le livre originel de E.M. Forster. J'avais beaucoup aimé Maurice de cet auteur (un chef d'oeuvre, n'ayons pas peur des mots) et Avec vue sur l'Arno a tenu toutes ses promesses.
Lucy une jeune anglaise aisée voyage en italie, chapronnée par sa cousine Charlotte vieille fille des plus guindées. En arrivant à Florence, elles se rendent compte que les chambres qu'on leur a réservées n'ont pas la vue sur l'Arno qui leur avait été promise. Passablement véxées elles s'en plaignent assez haut à la table commune de la pension, pour qu'à leur grand embarras, deux des anglais présents leur proposent de changer de chambre avec eux. D'abord refusée avec indignation par Charlotte, l'offre est ensuite acceptée grâce à l'entremise d'un pasteur de leur connaissance, mais l'incident suffit à classer leurs aimables bienfaiteurs dans la catégorie des importuns plus ou loins vulgaires et à éviter.  Un peu choquée par le contraste entre la générosité désintéressée des deux hommes et le discours  mesquin de sa cousine, Lucy se range bien sûr à son opinion, mais ce petit événement va marquer pour elle un début de prise de conscience de l'hypocrisie de son milieu et une première étape sur le chemin qui lui permettra de penser par elle-même...
Ce roman d'une grande sensibilité explore, comme Maurice, le carcan que peut imposer l'éducation et les conventions sociales sur un esprit pourtant curieux et intelligent. Lucy sent que les choses ne sont pas claires, que les discours de son entourages ne correspondent pas vraiment aux valeurs officiellement revendiquées mais son éducation l'empêche de comprendre seule ce qui la gêne et de prendre conscience de ses propres aspirations et désirs.
Magnifiquement écrit et construit, léger et parfois très drôle ce très beau roman dénonce avec beaucoup de subtilité et une acidité certaine les conventions fallacieuses et étriquées de l'Angleterre victorienne. Léger, caustique, so british !

Avec vue sur l'Arno (A room with a view) - E.M. Forster - 1908 - 10/18

Les avis de Isil, Lilly, Papillon, d'autres sans doute...

James Ivory a réalisé en 1986, une superbe adaptation de ce roman, très fidèle à l'original mais sachant introduire en images la touche de sensualité sous-entendue mais jamais clairement transcrite par Forster, je pense en particuliers aux scènes des baisers de Lucy, volé par Emerson, sollicité par Cecil...
L'interprétation est impeccable avec un casting de rêve, les images fort belles et l'ambiance parfaitement rendue... une réussite à tout point de vue. Mais voyez plutôt...

Chambre avec vue (A room with a view) - James Ivory - 1986 avec Helena Bronham-Carter, Daniel Day-Lewis, Maggie Smith, Julian Sands, Denholm Elliott, Simon Callow, Judi Dench...
Pour le plaisir, la scène du pique-nique...


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Published by yueyin - dans roman britanique
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 21:23
1946, Juliet, romancière devenue journaliste et assez connue pendant la guerre, est à la recherche de nouveaux sujets et accepte une série d'articles sur la lecture. Justement elle reçoit une curieuse lettre d'un inconnu qui dit avoir trouvé son nom dans un livre d'occasion et être à la recherche d'autres titres du même auteur mais sans pouvoir les trouver sur son île, Guernesey, où toutes les librairies sont fermées depuis le début de la guerre. En entamant une correspondance avec cet étrange membre d'un non moins étrange cercle littéraire né accidentellement un soir de peur et rassemblant depuis quelques lecteurs des plus atypiques, Juliet va non seulement apprendre les choses les plus curieuses sur les différentes façons de concevoir la lecture mais aussi découvrir les pénibles conditions de vie des iliens pendant la guerre, leurs joies, leurs peines et leur incroyable vitalité...
Ce roman épistolaire rappelle
nettement au départ, et certainement volontairement, 84 charing cross road de Helen Hanff tant  par son ton humour et son style que par ses références littéraires, mais il s'en distingue très vite pour s'intéresser de plus près à une galerie de personnages touchants, loufoques, dignes, généreux, parfois mesquins ou égoïstes mais tous fermement campés. A travers leurs mots, leurs phrases parfois simples, parfois plus recherchés c'est toute la vie d'une communauté coupée du monde pendant plusieurs années qui s'anime sous nos yeux, depuis les horreurs sans nom décrites sans manicheïsme, ni pathos jusqu'à la joie pure des retrouvailles et du renouveau.
Ce bijoux est un hymne conjoint à la littérature (ah la découverte indignée d'Orgueil et préjugé par Isola - et pourquoi donc ne lui en avait-on jamais parlé ?) et à l'humanité (l'abnégation de ceux, quelque soient leur nationalités, qui prennent des risques pour en aider d'autres), un pur rayon de soleil pour réchauffer un peu les froides journées de l'hiver qui s'annonce. Enthousiasmant !

Un coup de coeur partagé par bien des blogueurs depuis sa sortie, (il y a un an  ce qui est j'imagine un temps moyen pour arriver à extirper un livre de ma pal). Anne, Caro(line), Cynthia, Fashion, Isabelle, Karine, leilonnaLilly, Michel, Papillon, Pimpi, Ys, (j'en oublie sans aucun doute, faites vous connaitre) ont toutes été enchantées par ce petit bijoux !

Merci à Tina pour ce beau cadeau...

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary ann Shaffer et Annie Burrows - 2007? - Nil


294-1=293
New pal = 35
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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 22:15
Evidemment le titre est un clin d'oeil à Sex & the city et il se trouve que j'apprécie cette série réjouissante (beaucoup plus que les chroniques d'origine de Candace Bushnell qui sont nettement moins drôles), alors un livre drôle et pétillant pourquoi pas ?
Finalement il y a bien eu des moments drôles dans cette lecture mais aussi à boire et à manger si j'ose dire. Le livre se présente à la fois comme une minibio romancée de l'auteure, autosurnommée reine des larguée, et comme un manuel de survie à l'usage des filles larguées... Bon !
Pour le côté fictionel, je dirai que cela fonctionne, c'est enlevé, parfois drôle, et même si j'ai
personnellement l'impression que cela se passe sur une autre planète, voisine de la planète chick-lit, où de "plus ou moins" célibataires habillés chic s'imbibent toutes les semaines dans des soirées hyper branchée, pourquoi pas ? Nous croisons dans les eaux de la série précitée. Pour la partie manuel c'est tout et n'importe quoi depuis des conseils hilarants (au 36e degrés j'ai peine à croire que des adultes même très jeunes puissent tenir de tels propos à peine niveau préado à mon sens mais passons),  jusqu'à des simili bios de grandes larguées de l'histoire de Didon à Madame Butterfly en passant par Jenifer Aniston et Buffy, voire une sélection de chansons de rupture avec mode d'emploi (je cite), enfin un peu de tout... Dans l'ensemble c'est léger, très très leger, plutôt limite même. L'auteure est journaliste pour l'édition anglaise de Elle et son livre rappelle d'assez près le style des journaux dits féminins... sur 250 pages. Disons que de (très) grands amateurs de chick lit et de magazines féminins peuvent s'en faire une lecture légère pour la plage.

Ex & the city - Alexandra Heminsley - 2007 - Belfond 1000 comédies 2009 - Traduit de l'anglais par Jennifer Boulard

Merci comme toujours à Suzanne et 
pour cette découverte


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Published by yueyin - dans roman britanique
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 10:31
Au tournant des XVIIIe et XIXe siècle, une jeune fille plutôt pauvre mais de bonne famille est accueillie par Lady Ludlow, riche veuve qui aime à faire le bien en s'entourant de demoiselles de compagnie dans le besoin. Au fil du temps, elle raconte le quotidien d' une demeure seigneuriale restée dans le passé pour l'essentiel mais peu à peu cernée par des changements inéluctables.
Lady Ludlow n'est pas vraiment un roman, plutôt une chronique sociale s'attardant tantôt sur une période, tantôt sur un personnage ou un sujet de controverse. Certaines digressions ont une évidente portée morale, savoir si nous la comprenons aujourd'hui comme Elizabeth Gaskell la ressentait, c'est une autre histoire. L'utilisation de la longue anecdote qui prend place pendant la révolution française utilisée comme parabole des méfaits de l'instruction dispensée à des esprits trop frustres est particulièrement intéressante, en ce sens qu'elle donne une idée précise de la façon dont ces évenements ont pu être vécus et interprétés par la bonne société anglaise. Les affrontements entre lady ludlow et ses tenanciers sont également très savoureux, l'auteure ne juge pas ses personnages, qu'elle traite ma foi très honnêtement, et la digne dame, quoique parangon du respect des traditions dans ce qu'elles ont de plus figées, se sent parfois bien à l'étroit face à de criantes injustices que jusque là on avait eu l'élégance de ne pas lui mettre sous le nez.
Une très belle galerie de personnages dans un récit qui manque un peu de liant et de tenue mais qui est sauvé par l'exceptionnelle qualité de son écriture élégante et précise. Un bon moment de lecture, plein d'intérêt pour qui s'interesse à cette période précise dans ce pays précis et qui m'encourage à continuer avec Elizabeth Gaskell. Terriblement anglais !


Lady Ludlow - Elizabetth Gaskell - 1858 - Ombres 1999

L'avis d'Isil toujours à la pointe de la littérature anglaise du XIXe.
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 00:04
2009 sera l'année des classiques ou ne sera pas... certes ! C'est bellement dit, merci Caro(line), merci Fashion mais lire des « classiques » c'est une chose, écrire autour en est une autre et je me sens comme toujours très démunie au moment de rédiger un billet sur un tel roman.
L’avantage est que la trame est bien connue ; Constance, jeune femme éduquée de la bonne société, s'étiole auprès d'un mari impuissant et aigri. Elle retrouve peu à peu le goût de la vie dans les bras du garde-chasse de son époux. Horreur, malheur, quoi de plus choquant en 1928 que ces scènes de sexualité épanouissantes et, pour l'époque, explicites entre une femme de bonne famille et un homme socialement inférieur? Le roman, interdit pour obscénité pendant plus de trente ans, ne sera publié intégralement qu'en 1960 après un procès retentissant ou témoignera entre autre E. M. Forster.
Je serais bien en peine d'analyser un tel livre et du reste cela a déjà été fait souvent et fort bien mais je peux parler de ce qui m'a particulièrement frappée. Et tout d'abord du fait que j'ai enfin compris certaines allusions rencontrées au détour de livres ou de films et qui m’avaient échappé sur le moment. Voilà un des grands avantages de lire des classiques ; savoir que l'héroïne du film d'Adrian Lyne, Infidèle, se prénomme Constance avec raison n’est peut être pas essentiel mais ajoute au plaisir (récemment j'ai été soufflée en lisant que Stendhal disait destiner ses romans aux Happy fews qui pouvaient les apprécier, inculte que je suis ! mais je digresse).
Ensuite j'ai bizarrement beaucoup pensé à Tolkien au cours de cette lecture (inutile de ricaner, merci !), l'opposition systématique voire méthodique que Lawrence stigmatise entre la modernité vue comme industrielle, abêtissante, deshumanisante et un monde traditionnel organique et sensuel m’a continuellement ramenée à Tolkien et à l’affrontement nécessaire et désespéré qu’il met en épopée entre les flammes destructrices de l’industrie et une tradition de nature et de fécondité. Liée aux bouleversements sociaux de l’Angleterre de l'après grande guerre, cette opposition est au coeur du roman de Lawrence. Constance et Mellor, les amants revivent en acceptant leur nature sensuelle au milieu des bois - ce renouveau de la vie culminant avec la conception d’un enfant dont Connie refuse de faire endosser la paternité par son mari. En parallèle inversé, lord Chatterley, personnage tout aussi symbolique et assez terrifiant, se découvre une vocation active de capitaine d’industrie  et devient toujours plus desséché, plus pervers, moins humain, dévirilisé par cette activité plus encore que par sa blessure de guerre.
Le style est particuliers, je ne surprendrai personne, dense, exigeant souvent répétitif, il ne se laisse pas oublier. L’auteur développe à l’envie ses théories sur la littérature, le mariage, les femmes, le sexe, l'argent que sais-je encore ? Et si ses propos sont parfois surprenants, agaçants ou même choquants, ils sont toujours pleins d’intérêt mais de ce fait, entrer dans le roman demande un certain temps, ensuite... tout va bien. Stimulant !

L'amant de lady Chatterley - D. H. Lawrence - 1928 - traduit de l'anglais par Frederic Roger-Cornaz (la traduction pose  d'ailleurs d'ailleurs une vraie question, celui de l'usage que fait Mellor de l'alternance entre rugueux patois et anglais "de tout le monde" et que le traducteur a choisi de ne pas traduire. Je comprends ses raisons mais cela alourdit passablement le style car il est obligé de signaler systématiquement chaque changement de registre.)
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 08:00
Evidemment je n'ai pas résisté... Après avoir lu et relu Orgueil et préjugés un nombre déraisonnable de fois, je me suis laissé séduire par ce journal intime de Fitzwilliam D. Et ce fut ma foi fort agréable. Certes il n'y eu ni surprise ni suspens, mais à la trentième lecture le suspens est, de toute façon, un tantinet émoussé et puis cela n'a jamais été ma tasse de thé.
J'aime beaucoup l'idée d'un changement de point de vue sur les évenements d'un roman et le fait que le récit de Darcy se présente sous forme de journal ajoute un certain piment. Nous retrouvons donc certains dialogues originaux mêlés à ses commentaires, sa vision des évenements et des personnages (ah la famille Bennet !!!), ainsi que des relations un peu développées de la mesaventure de Georgiana ou du séjour londonien de Bingley. Mais ce qui fait tout l'intérêt du livre c'est bien sûr l'évolution personnelle de Darcy. D'abord dérangé par la conduite des nouveaux voisins de son meilleur ami, il est très vite perturbé par la liberté de ton et de manière de Lizzie et se trouve partagé entre réprobation et disons émulation car, pour une fois, les conversations sont imprévisibles et stimulantes... Lorsque le refus de Lizzie le pousse réellement à la reflexion, cela devient d'autant plus passionant. J'ai déjà dit quelque part que je ne voyais pas Darcy comme  un homme véritablement orgueilleux - un tel homme n'aurait jamais justifié sa conduite auprès d'une femme qui venait de si mal le juger. L'auteure le décrit ici comme je l'imagine, profondément persuadé de la supériorité de sa position et de son lignage mais sans prétention pour lui-même. Très loin d'un orgueil intransigeant tel que celui épinglé par Stevenson par exemple dans Le maitre de Ballantrae. Mais je m'emballe, comme c'est étrange... Toujours est-il que j'ai trouvé assez convaincant ce cheminement personnel d'un homme plus habitué à être encensé que contredit.

La satire sociale est moins présente bien sûr que dans l'irremplaçable original et le style quoique agréable et assez respectueux de celui de l'époque n'a ni le mordant, ni la drôlerie de celui d'Austen. Mais tel quel il représente un très bon moment de lecture pour les passionnés d'Orgueil et préjugés en général et de Fitzwilliam Darcy en particuliers (Nous sommes, dit-on, plusieurs dans ce cas).

Mr Darcy's diary - Amanda Grange - 2007 - Sourcesbooks

L'avis de Karine et je n'en ai pas trouvé d'autres pour le moment.
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