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Chroniques De Lectures

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 10:45

1922, la très jeune et très désargentée Anne Beddingfeld, depuis peu orpheline d'un père éminent paléontologue, se passionne pour un fait divers et de fil en aiguille se retrouve embarquée (c'est le cas de la dire) dans une folle aventure qui la mènera au bout du monde...

Voici un "si vous avez manquez le début" bien peu orthodoxe comparé au quatrième de couverture des éditeurs mais en gros c'est bien de cela qu'il s'agit. Certain diront (avec raison) que je manque singulièrement d'objectivité quand il s'agit de dame Agatha, néanmoins son quatrième roman (l'homme au complet marron donc, prenez des notes) est, à mon avis, une réussite dans le genre et un de mes préférés de toujours. (J'ai effectivement un assez grand nombre de préférés dans son oeuvre mais il y en a tout de même bien un ou deux ou même trois que j'aime moins, sachez-le). Mais revenons à notre roman, il n'appartient pas à la veine de ce que j'appelle les exercices de style (le crime du golf, le meurtre de Roger Ackroyd ou Dix petits nègres), ni franchement à celle des whodunit ou polar à énigme. Il n'appartient pas non plus à la lignée des grands détectives (quoiqu'il marque la première incarnation du bronzé et taciturne Colonel Race qui fera des apparitions régulières dans l'oeuvre de l'auteur). Il s’apparente plutôt (en fait c’est le premier) aux romans d'aventures populaires de la reine du crime : des voyages, de l'exotisme, une héroïne moderne (pour l’époque) et spirituelle, un soupçon d'énigme policière, une histoire un rien abracadabrante, un zeste d'espionnage à base de sociétés secrètes et de vastes complots, beaucoup d'humour et une dose (un peu indigeste pour Isil) de romantisme. On retrouvera plus tard les mêmes ingrédients (voire les mêmes scènes) dans Rendez-vous à Bagdad ou Destination inconnue voire jusqu'à un certain point dans le secret de Chimneys. C'est enlevé, léger, ébouriffant, aussi réaliste dans l'écriture (les Christie avaient fait le tour du monde en paquebot au début des années 20) qu'invraisemblable dans les faits, bref un régal en ce qui me concerne.

Oeuvre de jeunesse par excellence, ce roman mêle les genres (polar, espionnage, aventure) dans lesquels l'auteure devait plus ou moins s'illustrer par la suite (avouons que ses incursions dans l'espionnage quoique parfois réjouissantes ne sont pas ce qu'elle a écrit de mieux), teste l'exercice de style par sa construction en alternance entre le récit de l'héroïne et le journal d'un autre protagoniste (je n'en dirais pas plus mais il me semble tâter le terrain pour l'une des plus célèbres énigmes de l'auteure*) et si Anne est bien à l'image d'Agatha, disons qu'elle nous brosse un autoportrait en jeune fille romantique, enthousiaste et rieuse bien différent d'Ariane Oliver son alter ego plus tardif.

J'ajouterai deux autres raisons d'apprécier ce roman. Comme il apparait que je suis loin d'être la seule inconditionnelle de la dame, Anne Beddingfeld se trouve être à l'origine d'une lignée fictionnelle, certes confidentielle mais néanmoins fantabuleuse. Lorsqu'il y a quelques années j’ai découvert Un crocodile sur un banc de sable, j'ai exultée (car j'exulte parfois en lisant mes enfants en sont fort marris) en reconnaissant en Amelia Peabody, une Anne un peu plus mûre et d'un caractère plus rugueux (sans parler de l'ombrelle) mais à la filiation indéniable - d'ailleurs tout le début du Crocodile... est un hommage à l'homme au complet marron comme la suite est un hommage à l'égyptologie du tournant du siècle (le XXe s'entend). Je vous la fait courte, à la mort de son père, un éminent archéologue passablement distrait, Amélia devenu orpheline, décide de voyager à travers le monde et se retrouve embringuée dans une aventure plus ou moins policière en plus de rencontrer l'archéologie et l'homme de sa vie. Si nous ajoutons à cela que ladite Amélia a évidemment servi de modèle à l'Alexia Tarabotti de Gail Carriger, vous conviendrez que dame Agatha savait créer des personnages inspirants. Au demeurant n'a-t-elle pas épousé elle-même un archéologue affichant le mépris de Radcliffe Emerson pour toute civilisation postérieure à 1000 avant JC, avant de se passionner pour sa discipline.

Enfin, apprenez si vous l’ignorez encore que l'un des épisode (the unicorn and the wasp – saison 4 épisode 7) de la très cultissime série Doctor Who rend un vibrant hommage à Dame Agatha comme seuls les anglais savent en concocter. Le docteur y est incidemment appelé the man in the brown suit en référence à son inséparable costume. (Certes ce passage a été coupé au montage mais croyez-vous vraiment que cela peut arrêter une vraie fan ?).

Avec quelques folledingues passionnées du docteur et de la romancière, Isil et Pimpi (qui parlent aujourd'hui de ce même roman) Karine et Fashion (qui en sont au Secret de Chimneys) et chiffonette (qui n'a rien écrit la vilaine) (sorry si j'en oublie gentes participatrices), nous nous sommes d’ailleurs mises au défi (oui oui challenge) de relire dans l'ordre de parution tous les romans dont il est question dans cet épisode. Ce qui me donne une bonne excuse pour vous parler d’une de mes auteures fétiches et pour la lire enfin dans la langue du grand Will. Culte !

 

The Man in the Brown Suit - Agatha Christie – 1924

précédemment dans le challenge For the love of the unicorn and the wasp

The secret adversary

* Le meurtre de Roger Ackroyd

PS : Le colonel Race apparait dans quatre romans, l'homme au complet marron (1924), carte sur table (1936), Mort sur le Nil (1937) et Meurtre au champagne (1944).

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 22:03

Isabel Dalhousie, docteur en philosophie et rédactrice en chef de la très sérieuse (quoique confidentielle) Revue d'éthique appliquée, mène une vie des plus agréable dans sa ville d'élection, Edimbourg. Dotée d'une nièce limite caractérielle, d'une gouvernante dévouée mais spirite, d'un renard dans le jardin et de nombreux amis dont un charmant bassoniste, Isabel cherche avant tout à mener sa vie en fonction de ses principes éthiques, ce qui lui donne ample matière à méditations et reflexions en tout genre. Mieux lorsque quelqu'un a besoin d'aide ou simplement qu'un problème se pose, elle se sent tenue moralement de faire son possible pour éclaircir la situation, quand bien même, pour ses amis, ce ne serait qu'une façon de se mêler de ce qui ne la regarde pas...

Le premier opus de la série m'avait surpris - il était classé dans la série Grand détective, je m'attendais donc à une histoire policière or ce n'est pas du tout cela... Certes chaque roman recèle une situation qui aux yeux de notre philosophe professionnelle mérite une attention particulière, mais l'essentiel est ailleurs, dans la vie quotidienne de cette écossaise privilégiée, passionnée par son pays, ses artistes, son histoire, ses paysages, qui cherche à se contruire une vie heureuse tout en restant en accord avec ses principes d'altruisme et d'éthique.

Une fois habituée au rythme de ces romans, je me suis sentie très proche de cette femme, toujours prête à s'intéresser aux autres et à se remettre en question, et presque jalouse de sa vie bien remplie, intéressante et harmonieuse dans un cadre pour lequel l'auteur éprouve très certainement une vraie passion. Certes c'est l'Edimbourg des beaux quartiers ou l'on mange plutôt du risotto que du fish and chips mais cela fait du bien aussi de suivre des histoires douces, sans crimes ni horreurs d'aucune sorte. Délicieux !

Série Isabel Dalhousie - Alexander McCall Smith - 2004/2009 - éditions des deux terres puis 10/18

PS : Du coup j'ai lu les quatres derniers en autant de jours consécutifs, vous dire si je me sentais bien à Edimbourg

PPS : il y a une évolution certaine dans la vie d'Isabel au fil des romans mais je ne voudrais pas spoiler donc... motus, mais cela m'a plu.

La série dans l'ordre :

1. Le club des philosophes amateurs

The Sunday Philosophy Club

2. Amis, amants et chocolat

Friends, Lovers, Chocolate

3. Une question d'attitude

The Right Attitude to Rain

4. Du bon usage des compliments

The Careful Use of Compliments

5. La douce tranquilité des samedis

The Comfort of Saturdays

6. L'importance d'être reconnaissant

The Lost Art of Gratitude

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 21:54

1943, la guerre dure, les jeunes hommes sont partis et, comme si ce n'était pas suffisant, la grande et la petite Todday, deux îles jumelles - l'une catholique, l'autre protestante - au large de l'Ecosse, vivent une situation totalement sans précédent : une pénurie de whisky ! Rien de va plus dans les brumes de l'ouest, les vieux se laissent mourir, les jeunes ne s'aiment plus, les disputes grondent, les rivalités s'exacerbent. Mais le sort ou les fées veillent sur l'Ecosse et par une nuit d'intense brouillard, un navire chargé de whisky à destination des Etats-Unis vient s'échouer entre les deux îles... Une seule inconnue combien de temps mettront les secours pour arriver ?

Que voici un livre étonnant et drôle, hymne à l'Ecosse et au whisky, l'eau de vie (uisge beatha) qui soigne les corps comme les esprits, réconcilie les hommes avec la vie, les amoureux avec l'amour, donne du courage aux faibles et l'amour du prochain à tous... situations cocasses, style enlevé, personnages truculents, cadre sublime (quoique humide), poésie gaélique et whisky à gogo : que du bonheur. Sláinte Mhath !

 

Whisky à gogo - Sir Compton MacKenzie - traduit de l'anglais par Jean Périer - Terre de Brume - 2004

 

Lu dans le cadre du mois Kiltissime et néanmoins écossais de Cryssilda et Lou !

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 08:32

En plein conflit entre Jacobites et Orangistes, Charles Leslie partisan irlandais du roi Jacques en exil, parcourt l'Ecosse à la recherche de témoignages mettant en cause les compétences et la légitimité du roi protestant Guillaume. Entendant parler du massacre de tout un clan perpétré dans la vallée de Glencoe peut-être sur ordre royal, Charles tente d'en apprendre plus et pour se faire obtient la permission d'interroger un témoin du massacre, une femme, accusée de sorcellerie et qui doit être brûlée dès que le dégel le permettra. Seulement Corrag n'accepte de raconter le massacre qu'à la condition que Charles écoutera d'abord le récit de sa vie. Surmontant sa répugnance au nom de son allégeance, il accepte de revenir jour après jour dans le cachot de la sorcière et d'écouter ce qu'elle tient tant à lui dire. Assis raide et sévère sur sa chaise, aussi loin que possible de la prisonnière, Charles s'apprête sans le savoir à vivre une expérience qui va bouleverser les fondements même de son existence.

Ce roman est un bijoux, poétique, limpide, lumineux, admirablement construit autour d'un fait historique, le fameux massacre du 13 février 1692 à Glencoe qui peut être considéré autant comme un épisode de rivalité entre clans que comme une exaction orangiste contre les remuants highlanders (et peut être tient-il des deux), ce roman nous montre les highland à travers d'une part la vision d'une femme, étrangère - elle est anglaise -, sans attache, trop libre pour être acceptée ailleurs, pour qui le mot roi sent la poudre mais qui place la vie au dessus de tout, et d'autre part celle d'un homme engagé, partisan, rigoriste, plein de préjugés mais également mari et père affectueux. A l'abris de l'obscurité du cachot et de la luminosité du récit de Corrag, ces deux êtres vont contre toute attente se comprendre et Charles accéder à une humanité que son éducation lui refusait depuis toujours. Tout est magnifique dans ce roman, les personnages vibrants, le cadre sublime qui prend vie par la magie du verbe de la sorcière qui, totalement analphabète, fait chanter des mots tout simples pour célebrer la vie, l'histoire enfin prenante de bout en bout tant on se demande à la fois ce qui est finalement arrivé à Glencoe et quel sera le sort de Corrag. Une merveille absolue, aussi limpide que l'eau glacée des loch des highlands. Magique !

 

Un bûcher sous la neige - Susan Fletcher - 2010 - traduit de l'anglais par Suzanne Mayoux - Plon

 

Les avis de : Allie, BrizeCathulu, Chiffonnette, Claire, Clara, Fashion, Liliba, MariePapillon, Sandrine, Théoma, Yspaddaden...  

PS : Bien que nous soyons dimanche (et le dimanche c'est poésie), ce livre me semble assez poétique pour inaugurer en ces lieux le mois écossais organisé par Cryssilda et Lou et joyeusement baptisé mois Kiltissime. Slainte mhor !

PPS : En l'honneur de ce mois particuliers, Cryssilda (oui encore elle) m'a rebaptisée "Pota uisge beatha" (cette femme me connait), qui saura découvrir la signification de cet allègre sobriquet ? 

PPPS : Je n'aurais certes pas raté l'occasion d'utiliser un si séduisant logo

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 14:16

Rosamond est morte, elle a laissé à Gil, sa petite nièce, le soin de transmettre quelques cassettes audio à une certaine Imogen. Ces enregistrements ont visiblement été réalisés juste avant sa mort, près d'un buffet bien fermé abritant un verre ayant contenu du whisky et un flacon de tranquillisants.

Faute de retrouver la destinataire des cassettes, une jeune aveugle dont elle n'a qu'un très vague souvenir, Gil décide de les écouter un soir, en compagnie de ses filles. Fascinées les trois femmes vont découvrir une Rosamond inconnue et une histoire familiale dont elles n'avaient aucune idée...

Ceci étant mon tout premier roman de Jonathan Coe, je ne saurais le comparer aux précédents - il parait qu'il est fort différent - en revanche, je peux vous dire que ce fut un vrai coup de coeur ! La construction est fascinante, Rosamond, s'adressant à une aveugle, choisit en effet de décrire minutieusement vingt photos qui lui rappellent des moments clés de son existence. Vingt instantanés qui mis bout à bout dessinent avec une grande finesse trois vies de femmes, trois vies blessées qui, selon elle, trouvent leur raison d'être dans l'existence même de la jeune fille aveugle qui est censée écouter l'histoire, celles de sa mère, de sa grand-mère, ... et la sienne avec en contrepoint bien sûr celle de la narratrice, cette cousine qui dut lui paraître une grand tante.

L'auteur nous compose ici une histoire résolument féminine, où les hommes - qu'ils soient pères, frères, maris ou compagnons - ne jouent jamais que les seconds rôles. Évitant de tomber dans le pathos grâce à sa narration fragmentée, il tisse son récit de nostalgie et de regrets mais traités avec cette distance dénuée de sentimentalisme que les anglais savent si élégamment insuffler à leurs récits. Poignant !

 

La pluie avant qu'elle tombe - Jonathan Coe - 2009 - traduit de l'anglais par Serge et Jamila Chauvin - Gallimard

 

Un grand merci à Gaëlle qui m'a fait ce beau cadeau

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 21:58

Tout le monde connaît aujourd'hui Faust et son inséparable Méphistophélès, l'histoire de ce pacte de sang - une âme contre quelques années de puissance - a été reprise sous tant de formes que le mythe nous semble exister de toute éternité. L'origine pourtant peut être retracée depuis la vie d'un certain professeur d'université (il aurait enseigné Homère en illustrant ses cours à l'aide d'une lanterne magique) quelque part en Pologne ou en Allemagne, qui aurait eu quelques problèmes tant de dogme que de moeurs et une mort potentiellement tragique (genre bûcher, très tendance à l'époque). Quoiqu'il en soit des détails (assez brumeux au reste), un premier récit de sa vie tombe vers 1590 entre les mains du peu recommandable Christopher Marlowe (dramaturge, tragédien, poète, espion, faussaire, que sais-je encore ?), qui en tire une pièce inclassable. A partir de ce moment, le Faust historique quel qu’il puisse être, s'efface devant le personnage de fiction et ses multiples avatars.

Un brin d'intrigue pour ceux qui aurait manqué le début, le très savant Faust persuadé d'avoir épuisé toutes les possibilités de connaissances terrestres et avide d'en savoir toujours plus, invoque (par provocation ?) le diable et voit paraître Méphistophélès qui lui propose un contrat en bonne et due forme: tout ses souhaits réalisés sur terre en échange de son âme (une paille), le tout officialisé par une petite signature sanglante. Faust accepte donc sans trop d'états d'âme (justement) vingt-quatre années de terrestre toute puissance contre une âme en laquelle il ne croit pas... jusqu'à ce que la date d'échéance approche tout au moins.

Comme plusieurs des lectrices (y'avait-il des lecteurs ? oui un me dit-on dans l'oreillette) qui se sont de concert plongées dans cette pièce, cette lecture m’a laissé des impressions contrastées voire contradictoires. Sur les cinq actes que compte la pièce, j'en ai trouvé trois excellents et deux sans intérêt.

Les deux premiers sont réjouissants au possible, les réflexions de Faut sur le savoir et la religion (I think hell's a fable - il fallait oser en 1593!) sont d'une irrévérence délicieuse (Ah son exigence de voir Méphistophélès sous la forme d'un moine franciscain plutôt que sous celle d'un dragon, cette forme convenant tellement mieux à un démon !), celles de Mephisto sur l'enfer et vie terrestre (qu’il estime semblable) ne sont pas moins fascinantes:

L'enfer est sans limite, il n'est pas circonscrit

En un endroit précis, il est là où nous sommes

Et là où est l'Enfer, toujours nous devons rester.

Si les interventions du bon ange et du mauvais ange restent classiques, le divertissement offert à Faust par Lucifer et Belzebuth pour renforcer ses convictions chancelantes et l'engager à penser au démon (et à sa femme) est un must. Les sept péchés capitaux réduits à des personnages de pantomimes dérisoires (quoique la colère parle bien me semble-t-il, je dois y être sensible) y font trois petits tours beaucoup plus drôles que les farces qui font l'essentiel des actes III et IV. Sans doute était-ce au goût du moment de rajouter un brin de grotesque à toute pièce - quoique l'on ne sache pas précisément si ces parties sont bien de la plume de Marlowe - mais je les ai trouvées vraiment faiblardes et pour tout dire absolument pas drôles.

Avec le cinquième acte, on retrouve la plume de Marlowe, l'échéance approche, Faust s'inquiète de plus en plus du marché qu'il a conclu, se pose des questions sur son âme et se demande si l'enfer est finalement bien une fable... Les dernières pages rythmées par l'horloge sont grandioses pas moins.

Pourquoi n'es-tu pas une créature sans âme

Pourquoi la tienne est-elle donc immortelle

(...)

Toutes les bêtes sont heureuses

Car, à l'heure de leur mort,

Leur âme retourne dissoute aux éléments

La mienne ne doit vivre que les tortures de l'enfer

Maudits soient les parents qui t'ont donné la vie !

Non, Faust, maudis-toi toi-même. Maudis Lucifer!

Je pourrais vous raconter encore quelques petites choses sur cette pièce, ses références constantes à la littérature et la mythologie classique (Hélène, Pythagore, les métamorphoses), l'attitude plutôt moderne de Faust par rapport à la religion et à l'église (qui peut certainement s'expliquer en partie par la rivalité catholiques protestants), l'athéisme avoué du personnage (au moins au début) qui reprend semble-t-il celle de l'auteur, le thème du livre qui revient constamment comme symbole à la fois de la connaissance, de la liberté et de la chute, (les derniers mots de Faust sont parlants: "I'll burn my books! O Méphistopheles"), d'autres choses encore mais ce serait beaucoup trop long. Une lecture inégale donc mais riche et que je suis plus qu’heureuse d'avoir partagée avec mes estimables colectrices (/lecteur). Elizabéthain !

 

Le docteur Faust - The tragical history of doctor Faustus - 1604 - Christopher Marlowe (1564-1593) - La traduction que je cite est de François Laroque tirée de l'édition bilingue GF Flammarion

 

Les vaillants colecteurs sans peur et sans reproches : Cryssilda, Céline le blog bleu, Emma, Fashion (mouhahaha), IsilIsleene, Lou, Martial, Sabbio, Stéphie, Titine, The Bursar.


PS : Christopher Marlowe, contemporain du grand Will, est mort dans une rixe (à moins qu'il n'ait été liquidé discrètement du fait d'activités diverses mais répréhensibles) à l'âge de 29 ans, c'est donc une recrue de choix pour le challenge nécrophile.

PPS : Je ne le conte pas dans le challenge "Lire en Vo" mais j'en ai lu une bonne partie en anglais - très lisible d'ailleurs et très beau - essentiellement les trois actes qui m'ont plu quoi !

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 17:07

Sire Gauvain et le chevalier vert, comme son nom l'indique, fait partie de la vaste matière de Bretagne ou du cycle arthurien comme il vous plaira de l'appeler. C'est un poème en vers allitératifs, comme beowulf mais en moyen-anglais, datant de la fin du XIVe siècle. Voyez comme c'est beau et déjà bien plus compréhensible que le dit-Beowulf :

 

SIÞEN þe sege and þe assaut watz sesed at Troye,

Þe borȝ brittened and brent to brondeȝ and askez,

Þe tulk þat þe trammes of tresoun þer wroȝt

Watz tried for his tricherie, þe trewest on erthe:

 

Evidemment tout est relatif et d'ailleurs je l'ai lu en français.  Mais revenons en à l'histoire, un jour de l'an neuf où Arthur et ses braves chevaliers baffraient gentiment, surgit un chevalier immense tout de vert revêtu jusqu'à sa barbe et le poil de son cheval. Le visiteur lança au roi un défi, relevé par le très brave Gauvain, il s'agissait de lui porter un seul coup sans qu'il esquisse le moindre geste de défense et de gagner ainsi l'énorme hache chamarrée de vert qu'il tenait en main. En échange, Gauvain s'engageait à le retrouver où qu'il soit un an jour pour jour plus tard pour se soumettre à la même épreuve. Gauvain trancha d'un unique coup la tête du vert provocateur, mais celui-ci n'en parut pas prendre ombrage, la ramassa, la cala sous son bras et repartit d'où il était venu, non sans avoir rappelé sa promesse à son vainqueur du jour. A la toussaint suivante, Gauvain fit ses adieux et s'harnacha de rouge et d'or pour entamer la quête qui devait le conduire à un sort qu'il imaginait funeste...

Et oui c'est le genre de l'époque, une quête impossible, un courageux chevalier qui ne sait dans quoi il s'engage, des cavaliers qui partent muser à cheval (pauvres bêtes) en armures complètes, de lourdes parures étincelantes de pierreries diverses (mais assorties, vertes pour le chevalier mystérieux, rouges pour Gauvain), des épreuves, des tentations... Tout y est et fort bien mené, j'y ai bien entendu le conte que l'on peu réciter au coin du feu sans jamais lasser son auditoire, mais il y a plus, car ce récit est d'une richesse symbolique extraordinaire. Je ne dirais pas que j'ai compris toute les références loin de là mais cela n'a fait que m'encourager à m'interroger à l'infini (avec Isil, ma très estimée colectrice, nous ne nous en sommes pas privés vous pouvez m'en croire, ça a bavassé sec si j'ose dire). Une fois admis que certains motifs sont empruntés aux traditions celtes, irlandaises et galloises, d'autres aux récits de Geoffroi de Monmouth et de Chrétien de Troyes, antérieurs de deux siècles, le tout fusionnant harmonieusement grâce aux talents du poète, il reste énormément de questions. Au hasard pourquoi les  les armes de Gauvain représentent-elles un pentangle (un pentacle si vous préférez) ? L'auteur prend la peine de décrire précisément ce qu'il présente comme un symbole de perfection mais c'est un peu court... Pourquoi cette opposition fortement marquée et soulignée entre le rouge et or de Gauvain et le vert et or du chevalier mystère ? J'ai bien sûr quelques théories sur la question, le rouge et or, en plus de Gauvain, est souvent associé à Arthur (trois couronnes d'or sur fond de gueule) et toujours à aux Plantagenêts (de gueule aux léopards d'or) ! De là à y voir un maillon de la chaine forgée depuis Henri II (plantagenêt suivez un peu) pour relier la dynastie normande au légendaire Arthur, il n'y a qu'un pas. D'autant que le poème se termine par un "honni soit qui mal y pense" tonitruant (quoique peut être tardif) alors même que les chevaliers de la table ronde décident de tous porter, en souvenir des épreuves de Gauvain, la même écharpe verte. Quelques décennies après la fondation de l'ordre de la jarretière par Edouard III, cela prête à penser. Je pourrais aussi vous livrer quelques unes des réflexions qu'ont suscitées chez moi les scènes de séduction entremêlées de scènes de chasse mais je risquererais de m'étaler indéfiniment. Disons juste que c'est un poème épique, magnifique, d'une richesse incroyable, une des premières oeuvres littéraires en langue anglaise, mettant en scène un des plus célèbres chevaliers de Camelot*, qu'il existe une traduction en anglais moderne de JRR Tolkien (oui il fallait que ce fut dit) et qu'en un mot comme en cent, j'ai terriblement aimé. Mythique !

 

Sire Gauvain et le chevalier vert - (sir Gawain and the green Knight) - Anonyme - XIVe siècle - traduction française de Juliette Dor - 10/18 bibliothèque médiévale - 1993

* et chevalier chouchou de dame Isil ainsi qu'elle nous l'a récemment avoué hors micro...

 

 

L'avis d'Isil mon inestimable copassionnée en arbres et lectures étranges que je remercie  encore pour ce très beau cadeau.

 

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 08:30

Jeunes, enthousiastes, désargentés et passablement désoeuvrés dans le Londres de l'après première guerre mondiale. Tommy et Tuppence, deux amis d'enfance, décident de créer The young adventurers, une sorte d'agence destinée à louer leurs services pour toutes actions sortant un peu de l'ordinaire et surtout rémunératrices. Du moins c'était l'idée, car avant même qu'ils aient pu la réaliser, l'aventure leur tombe dessus au détour d'un salon de thé, les entrainant dans une aventure aussi rocambolesque que dangereuse...

Ah Tommy et Tuppence ! Evidemment j'aime beaucoup les célèbres détectives de Dame Agatha mais Tommy et Tuppence, qui ont en quelques sortes vieilli avec elles, occupent une place particulière dans sa bibliographie. The secret adversary met en scène leur première aventure, plus roman d'espionage que policier au demeurant, c'est aussi le deuxième roman d'Agatha Christie. A mon avis moins maitrisé que La mystérieuse affaire de Style, il n'en est pas moins parfaitement réjouissant en vertu de ses personnages, admirablement croqués et dont les "types" reviendront régulièrement dans l'oeuvre de la romancière. Tuppence, vive, active (elle a été infirmière pendant la guerre comme sa créatrice), émancipée et étonnament moderne, Tommy, assez lent et sans imagination mais dont la valeur se révèle dans les coups durs, Julius, l'américain milliardaire si dynamique, sir James Edgerton homme public plus que brillant, à la réussite et au magnétisme incontestables, Mrs vandermeyer femme fatale un peu fanée mais encore dangereuse, et ainsi de suite...  Tous ces personnages ont des pendants (multiples parfois) dans d'autres romans de l'auteure et il est assez drôle de reconnaitre ici les premières ébauches de ce qui deviendra la marque de fabrique christienne (si j'ose dire). Tout ce qui fera le succès de la dame se trouve déjà ici, des personnages attachants, un zeste de féminisme, trois grains de conservatisme, des dialogues enlevés, beaucoup d'humour, une intrigue agréablement tordue et cette athmosphère si particulière de l'Angleterre du début du XXe siècle qu'elle savait si bien recréer. Allègre !

The secret adversary - Agatha Christie - 1922 - (Mr Brown en français)

Lu dans le cadre du Challenge  For the love of The Unicorn and the Wasp, où il s'agit de relire dans l'ordre chronologique tous les romans de Dame Agatha auquel cet épisode de Docteur Who (saison 4  épisode 7 avec le so glamourous (aux yeux de certaines) David Tenant, suivez un peu) fait référence. J'adore cet épisode, so surprising...

Edit edit j'ai oublié mes partners in crime Chiffonnette, Fashion, Isil, Karine, Mo et Pimpi, Shame on me !

PS : Tommy et Tuppence sont les héros de cinq romans, The secret adversary donc (Mr Brown) 1922, Partners in crime (publié en français en deux volumes "Associés contre le crime" et "Le crime est notre affaire) 1929, N or M ? (N ou M) 1941, By the pricking of my thumb (Mon petit doigt m'a dit) 1968, et Postern of fate (Le cheval à bascule (1973)... quand je vous disais qu'ils l'avaient accompagnés toute sa vie....

PPS : Dans un moment de masochisme absolu, j'ai comparé quelques passages avec mon exemplaire en français dont la traduction date de 1948... C'est à pleurer, il manque des passages entiers, des précisions, certaines choses sont changées on ne sait pas pourquoi... J'espère qu'il en existe de plus récentes et de meilleures, en vérité je vous le dis !

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 19:58

Mary et Charles Lamb sont frère et soeur, londoniens, bien éduqués, intelligents mais sans guère de perspective d'avenir par manque de fortune. Lui occupe un poste sans intérêt dans un bureau quelquonque et se distrait le soir de pub en pub avec un petit groupe d'amis. Elle, reste confinée dans la maison, dissimulant au monde son visage marqué de petite vérole, s'ennuyant à mourir. Lorsqu'un jeune libraire, William Ireland, leur livre à domicile un ouvrage ayant appartenu à Shakespeare lui-même, débute une étrange amitié littéraire entre ledit William et la fantasque Mary. D'autant que, de par sa profession, le jeune bouquiniste a accès à bien d'autres trésors. Bientôt il confie avoir découvert, entre autres documents signés du Barde, une pièce complète et que l'on croyait perdue...

Peter Ackroyd est un auteur britanique prolifique, particulièrement connu pour ses biographies dont celles des monuments que sont Dickens, Shakespeare et Londres. Sans doute son intime connaissance des écrits du grand Will et de la littérature anglaise est-elle à l'origine de cette farce quelque peu cruelle qui fait revivre pour nous le Londres intellectuel mais un tantinet crasseux de la fin du XVIIIe siècle. A partir de l'histoire somme toute tragique de Mary et Charles Lamb, célèbres entre autre pour avoir écrit à quatre mains les fameux contes de Shakespeare (que tout écolier britanique se doit, dit-on, d'avoir lu) Peter Ackroyd brode une fantaisie littéraire faite de vers shakespeariens, de péroraisons avinés, de piques acidulées en direction de supposés "experts" littéraires et d'une peinture assez poignante de ce que pouvait être, à l'époque, le carcan d'une certaine jeunesse avide d'indépendance intellectuelle et de liberté créatrice mais prisonnière des convenances, des désidératats familiaux ou tout simplement de la faiblesse de ses moyens. Malheureuseusement certaines frustrations ne se compensent pas aisément et des actes que l'on croyait sans conséquence peuvent déclencher des réactions plus qu'inattendues. Ackroyd rend ici un bel hommage au Barde, chantre de toutes les libertés, dans un roman tout en légèreté. Séduisant !

 

William & Cie - The Lamb of London - Peter ackroyd - 2004 - traduit de l'anglais par Bernard Turle 2006 edition Philippe Rey

 

L'avis de Lou (de myloubook) et de Papillon

 

PS : J'ai lu partout que ce roman se passe au XIXe, mais si j'en juge par la date du fameux drame de la vie des Lamb qui sert de prétexte au roman, il se passe plutôt dans les années 1790... (je vous intrigue là ?)

PPS : Je connaissais déjà le nom de Charles Lamb par Helen Hanff du 84 charing cross road et par le Cercle littéraire des amateurs de tourtes aux amateurs d'épluchures de patate, il va falloir que je le lise un de ces jours...
PPPS : La fameuse pièce n'est PAS Peines d'amour gagnées mais il en est question, à bon entendeur...

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 08:00

juliet-nakedAnnie et Duncan vivent ensemble depuis 15 ans dans une petite station balnéaire en décrépitude du nord de l'angleterre. Persuadés à leur arrivée d'être tombés dans un désert culturel, il se sont construit une petite bulle d'ennui confortable que Duncan anime de sa passion pour Tucker Crowe, un rocker confidentiel des années 80 ayant totalement cessé de produire depuis plus de 20 ans. Avec l'avènement d'internet cependant, la passion de Duncan s'est retrouvée amplifiée au delà du rationnel et Annie commence à se poser des questions sur Duncan, le forum de pinailleurs obsessionnels qu'il anime, son couple figée dans une stase post-ado, son horloge biologique qui tourne sérieusement, son boulot qui l'ennuie... Un nouvel album de Tucker Crowe va venir bouleverser la vie Annie de surprenante façon.

Voici déjà plusieurs années que j'ai des Hornby en patiente attente dans mes piles, mais avec la logique qui me caractérise c'est par le dernier paru que j'ai finalement fait la connaissance de cet auteur, et ceci pour mon plus grand plaisir. Juliet, Naked est un roman riche, drôle,  inquiétant d'un certain point de vue, animés de personnages attachants et insupportables mais terriblement vraisemblables; l'affreux Duncan dont la culture et la passion ont viré à une maniaquerie vaine qui confine à la stupidité, Annie fine et pleine d'humour mais si passive et enfin Tucker, l'ancien rocker, à mille lieues de l'image que s'en font ses admirateurs, rongé par la haine de soi, profondément convaincu d'être inepte en tout, oisif impénitent, alcoolique repenti, grand lecteur, persuadé d'être un père désastreux mais ayant tout misé sur son plus jeune fils...

En filigrane des thèmes multiples se croisent, les effets d'internet sur la notoriété, l'oubli et le sens des proportions, Dickens, la musique et sa signification, les bulles de solitudes dans lesquelles s'enferment parfois des êtres pourtant plein de possibilités, les raisons bancales qui fondent la longévité des couples, la maturité qui tarde parfois à se manifester, le temps qui passe et la vie qui file... Réjouissant !


Juliet, naked - Nick Hornby - 2009 - 10/18


Les avis (plutôt enthousiastes) de Cuné,  Fashion, Tamara, Ys, Lili Galipette

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