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Chroniques De Lectures

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 08:49

Sur la Presqu'ile tout vit et meurt par l'usine. Une usine morte à son tour mais toujours présente dans les arbres noirs de la forêt empoisonnée, dans les animaux devenus étranges, dans les ouvriers qui errent désoeuvrés, dans les gens qui meurent ou deviennent fous victimes de maladies sans nom. Dans l'Infraville, construite jadis pour loger les employés, avec la fermeture s'est éteint l'espoir, celui de trouver du travail, d'avoir un avenir ou même de pouvoir croire aux promesses d'inocuité des produits fabriqués et répandus à la grande époque. Plus d'illusion désormais, la Presqu'ile est empoisonnée jusqu'à la moelle, comme ses habitants, et nul n'imagine pouvoir quitter ce lieu délétère. Sans doute est-ce la raison pour laquelle personne n'a jamais vraiment cru la version officielle expliquant les disparitions. D'ici, même les jeunes garçons ne fuient pas volontairement. Chacun en silence le sait comme chacun sait aussi que personne jamais ne cherchera réellement à savoir ce qui s'est passé, ce qui se passe encore...

Je suis très partagée sur ce roman, mon premier Burnside. D'un côté j'ai apprécié la poésie de son écriture et mon goût pour les ruines urbaines et industrielles m'a rendue plus que sensible au charme méphitique de l'usine abandonnée, des arbres noirs, du chimiquier à moitié désagrégé, des hangars s'affaissant lentement rongés par quelque substance aussi pernicieuse que mortelle. Le personnage principal, Léonard, m'a plu également, un adolescent certes assez classique du roman d'apprentissage, à la fois paumé et intelligent, pragmatique et vulnérable, mais doté de suffisamment d'appétit de vivre pour apprécier la corruption poétique et symbolique de son lieu de naissance. Mais là où j'ai eu du mal à suivre l'auteur, c'est dans sa narration car finalement, hésitant entre roman symbolique voire métaphorique - la société rongé par la pollution, social - infraville et extraville définitivement séparées par la frontière invisible de la corruption à moins que ce ne soit celle de la pauvreté, policier - qu'est-il arrivé aux jeunes disparus, sans compter d'autres pistes que je n'ai pas toujours comprises mais qu'il m'a bien semblé reconnaitre - notamment sur la dimension sacrée de l'endroit, l'auteur a fini par me perdre et, ne concluant sur aucun point, par me laisser insatisfaite sur tous. Sauf sur l'insolite poésie de la pollution peut être... Un auteur fascinant par son style et ses thèmes mais qui m'a considérablement laissé sur ma faim.

 

John Burnside - Scintillation - Métailié - traduit de l'anglais par Catherine Richard - 2011

 

Lu dans le cadre du prix Kiltissime organisé par la gaéliquissime Cryssilda

PS : Au départ, je pensais que scintillation était un mot inventé pour l'occasion (le roman s'appelle Glitter en anglais) mais non, ce mot existement vraiment... je suis fort aise d'avoir amélioré mon vocabulaire !

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 19:14

Je me fais rare ces temps-ci, mais pour je ne sais quelle raison, le printemps qui s'achève fut pour moi particulièrement fatigant. Ceci dit je ne désespère pas de retrouver un rien d'énergie et de vous parler des lectures qui ont peuplé ce long silence et égaient encore et toujours mon quotidien.

En attendant un petit mot sur ce joli roman, fils d'une reine du crime contemporaine et de l'intemporelle Jane Austen, et dont je vous parlais plus longuement ici-même à sa sortie en anglais. Il est désormais disponible dans la langue de Molière (et de Dumas soyons fou). Précipitez-vous donc, ô janeïtes francophones, sur cette charmante curiosité qui met en scène une de ces intrigues policières dont Dame Phyllis Dorothea James à le secret, dans le décor somptueux de l'éternel Pemberley, en présence du très célèbre et très aimé Fitzwilliam Darcy et de son célébrissime entourage*. Enjoy !

La mort s'invite à Pemberley - P.D. James - Fayard - 2012 - traduit de l'anglais par Odile Demange

*Oui celui d'Orgueil et Préjugés l'aviez-vous deviné ? Allez de vous remets un lien vers mes (ahem) billets (oui il y a d'autres inside, des liens, à se demander combien de fois j'ai écrit sur ce roman tsss)...

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 01:09

En route pour des funérailles, Héléna se souvient de l'été 39, le dernier été où les cousins se sont rassemblés dans la maison du bord de la falaise, sur la fameuse pelouse de camomille qu'elle avait tenu à planter et qui n'aurait jamais dû pousser. L'été où Max et Monika, les refugiés autrichiens, sont entrés dans leur vie, l'été qui a marqué pour chacun le début d'une autre vie... 

A travers les années de guerre des membres de cette famille cabossée, Héléna la tante si dure, Richard l'oncle engoncé dans sa peur de ne pas être reconnu, Calypso la belle, Oliver l'idéaliste, Walter le boute en train, Polly la pragmatique, Sophy la rêveuse, ce beau roman cible les changements profonds, les peurs inédites, mais aussi une certaine libération induites par les circonstances exceptionnelles liées à la guerre. Les hommes engagés vont et viennent, les femmes restent seules à l'arrière, les convenances perdent de leur importance, les moeurs se relachent, des comportements impossibles quelques mois plus tôt deviennent parfaitement acceptables. 45 ans plus tard, certaines choses sont-elles encore concevables par ceux qui ne les ont pas vécues ?

J'aime les romans anglais, cela se sait, et une fois encore je me suis laissé séduire par ces personnages empêtrés dans des sentiments qu'ils ne savent comment exprimer voire qu'ils nient avec energie. J'ai lu que Mary Wesley passait pour une vieille dame indigne (elle a publié son premier roman à 70 ans), je comprends pourquoi. On est aussi loin, ici, de la bluette que de la morale conventionnelle. L'écriture est mordante, les portraits très justes, les caractères subtiles, les moins sympathiques eux-mêmes finissant par montrer des facettes attachantes. Délicieux avec une pointe dérangeante so british.

La pelouse de camomille - Mary Wesley - 1984 traduit de l'anglais par Samuel Sfez - Le livre de poche

Les avis de TheomaKarineFashionLily, Lilly

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 21:47


Du 15 décembre au 15 janvier les anglophilissimes Cryssilda, Titine et Lou ont organisé un très littéraire mois anglais auquel ont participé de nombreux blogueurs et blogueuses (enfin surtout blogueuses), dont moi. Tout d'abord parce que j'adore les auteurs anglais, les ambiances anglaises et toute cette sorte de chose et ensuite parce que je craque à tous les coups lorsqu'il y a des logos aussi classes à la clé. J'adore les logos, my bad. En l'honneur de la mise à jour de mon index (celui des auteurs) après un petit peu moins d'un an de jachère (et pour utiliser une fois encore les jolis logos donc), j'ai décidé, de façon tout à fait exceptionnelle, de vous livrer aujourd'hui un bilan de mon british mois à moi (ahem oui je sais, elle était facile mais je ne sais pas résister).

Or donc dans le cadre de ce grandiose événement, que j'ai personnellement commencé un rien en avance et fini un peu en retard (oui je sais cela n'étonne personne), j'ai chroniqué trois Jane Austen (Mansfield park,  Persuasion et Sense & Sensibility) dont deux en version originale anglaise (oui je précise j'ai mes raisons), une austenerie de la reine du crime Phyllis Dorothea James soi-même (Death comes to Pemberley), une wilderie (une première pour moi : Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles), un polar tudoresque (Dissolution), une romance délicieuse (How to marry a marquis), mon troisième Gaskell (Cranford) et une sublime série britishissime (Downton Abbey) soit neuf billets ce qui n'est pas si mal considérant mon rythme d'écriture actuel.

En théorie et si j'écrivais plus vite que mon ombre, j'aurais pu vous parler de deux autres romances (To catch an heiress et The Duke and I de julia Quinn que décidément j'aime d'amour), une excellente austenerie moderne Pride, Prejudice and Jasmin Fields, deux Tolkien (Bilbo en vo - chuis fière - et HoMe 2), un sir Walter (Ivanhoé) et euh c'est à peu près tout. Remarquez les billets viendront un jour... car tous ces romans le valent bien. Bientôt même, allez savoir... Pour l'instant je voyage mentalement en Russie mais je reviendrai bientôt m'abreuver aux sources de la sagesse tolkienesque (il faut que je finisse de terminer HoMe 2 que je lis en commun mais pas en même temps avec Isil - d'autant que ça me plait vraiment beaucoup miais je m'égare).

Voici donc pour les aventures d'une (modeste) lectrice du mois anglais - vous trouverez la liste de tous les billets de tous les participants sur les blogs organisateurs et je vous en préviens, il y a de quoi lire... enjoy ! 

Un grand merci à nos gentilles organisatrices pour avoir essayé voire réussi à maintenir un semblant d'ordre tout britannique malgré d'irréductibles pagailleuses telles que moi !

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 21:48

C'est une vérité universellement reconnue qu'un mois anglais digne de ce nom ne saurait être complet sans Jane Austen. Alors certes j'ai déjà chroniqué Raison et Sentiments et dit tout le bien que j'en pensais, et Tolkien sait que j'en pense grand bien, mais le mois anglais sévissant, J'ai pensé faire une pierre trois coups et persévérer dans mes relectures d'Austen en Anglais (quelle langue magnifique elle écrivait) tout en testant mon tout nouveau jouet liseur (pensez donc tout Jane dans ma poche). Tout concourait donc à me pousser à la relecture (encore une fois) de ce merveilleux roman (Qui a dit qu'il m'en fallait peu, qu'il se dénonce).
Et comme de bien entendu, j'ai pris grand plaisir à retrouver Elinor et Marianne, leur entourage, leur mère fantasque, leur famille si peu méritante, leurs amis et plus si affinités... Jane Austen a sans doute mis beaucoup d'elle-même dans le personnage d'Elinor, fine observatrice, attentive aux autres, sensible mais pragmatique, toute en profondeur et retenue. Et quel beau contraste avec Marianne, affectueuse et brillante mais adolescente type à une époque où le concept même d'adolescence n'existait pas. Avec sa soif d'absolu, son refus de toute compromission, son égoïsme aveugle et son manque de mesure elle pourrait évoluer dans un roman contemporain sans détonner. L'étonnante modernité des personnages évoluant sur une toile de fond à mes yeux délicieusement désuète est sans doute ce qui me fascine le plus chez Jane Austen avec peut être le côté acéré de son trait. En relisant, je me disais une fois encore que les Dashwood, le frère et la belle-soeur, appartenaient de droit à mon panthéon d'affreux, être tellement secs, égoïstes, obtus et obnubilés par l'argent tout en se posant en parangon de respectabilité mérite une citation exemplaire à l'ordre du démérite. Mais en même temps comment ne pas les aimer un tout petit peu quand la plume au vitriol de leur créatrice en brosse un portrait aussi réjouissant.
Qu'ajouter ? sinon que ce qui m'a particulièrement frappé cette fois, c'est la construction parallèle du roman. En partie masquée par le brillant des personnages, elle se révèle à la relecture particulièrement rigoureuse. Les deux soeurs sont confrontées à des épreuves très similaires mais leurs comportements respectifs divergent largement et c'est cette différence qui est bien sûr au coeur du roman. Reprenons donc, un cadre social merveilleusement vivant et exotique, des personnages complexes, une plume aussi cruelle qu'élégante : un livre à lire et à relire !

Sense and Sensibility - Jane Austen - 1811

PS : Tiens je n'ai pas parlé de mes comparaisons de traduction, comme d'habitude il m'a semblé repérer des passages que je n'avais pas lu en français et j'ai commencé à comparer mes versions mais emportée par la plume austenienne, je n'ai rien noté - Shame on me !
PPS : Le style d'Austen est vraiment sublime en anglais, comme pour Persuasion, il m'est venu des envies de lecture à haute voix, si seulement mon accent me le permettait.

                                  

Lu dans le cadre du mois anglais de Cryssilda,Lou et Titine et en version originale anglaise (oui je suis fière, sorry)

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 08:00

A Cranford, la bonne société est entièrement composée de quelques femmes vieillissantes, veuves ou demoiselles, fort occupées à tenir leur rang tout en dissimulant une pauvreté parfois cuisante sous une élégante frugalité et le refus de toute vulgarité ostentatoire. Les économies de bouts de chandelles font donc littéralement l'ordinaire de cette micro-société ou le moindre événement, une nouvelle coiffe, une visite, donne matière à interminables commentaires. La jeune Mary Smith, une citadine, rend régulièrement visite aux demoiselles Jenkins, l'altière Deborah et la douce Matty, et exerce ses talents d'observatrice du genre humain sur les mille petits riens du quotidien de Cranford...

Comme Lady Ludlow et contrairement à Nord et Sud, Cranford est une chronique plutôt qu'un roman, une suite d'anecdotes et de menus événements qui donnent une idée assez précise de ce que pouvait être la vie de la gentry anglaise d'un village de campagne dans la première moitié du XIXe siècle, et en particulier des femmes seules de cette classe. La satire, quoique moins mordante que celle d'une Austen, n'est jamais loin sous les rapiéçages et subterfuges dont usent ces femmes, pour la plupart assez ignorantes mais pénétrées de l'importance de leur position. Or le changement rode, le chemin de fer, la montée de nouvelles classes, le brassage social qui en résulte, les romans d'un nouveau venu nommé Dickens (petit clin d'oeil à l'éditeur de la dame), le développement d'une ville industrielle des environs qui pourrait bien être Manchester... Ces dames, confites dans le souvenir d'autres temps, doivent apprendre à composer entre les traditions qui fondent leur existence et une réalité parfois bien difficile à comprendre pour elles. Gaskell brosse ici une très savoureuse galerie de portraits pleins d'humour, de tendresse et de dérision sans jamais tourner ses personnages en ridicule quelque soient leurs travers, assez variés au reste et dont la narratrice n'est nullement exempte. Alors sans doute manque-t-il un fil conducteur un peu plus consistant mais, étant prévenue, je ne l'ai pas cherché et il ne m'a guère manqué. Et ce côté peut être un peu décousu est plus que largement compensé à mes yeux par l'écriture lumineuse de l'auteure. Une très belle lecture donc, qui ne fait que confirmer mon admiration pour Elizabeth Gaskell. Délicieusement anglais !

 

Cranford - Elisabeth Gaskell - 1851 - traduit de l'anglais par Béatrice Vierne - L'Herne - 2009

 

Les avis de Fashion, Isil, Chiffonette, Karine

 

Encore une jolie lecture dans le cadre du mois anglais de Cryssilda, Lou et Titine

De la même auteure dans ces pages :

Lady Ludlow

Nord et Sud

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 20:52

Six ans après leur mariage, Fitzwilliam et Elizabeth Darcy ont maintenant deux petits garçons en pleine forme, les Bingley se sont installés non loin de Pemberley et tout semble pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Alors que tout le monde au château se consacre à la préparation du célèbre bal d'automne, une voiture lancée à pleine vitesse fait son appartition dans une des allées du parc. En sort une Lydia Whickham hystérique, hurlant que son mari vient d'être assassiné. De quoi troubler profondément la vie sereine de la famille Darcy et faire resurgir d'anciens doutes et de vieux démons...

Quand une reine du crime aussi célèbre que P.D. James s'adonne à sa passion pour Jane Austen, cela donne bien evidemment un résultat des plus intéressants. Par petites touches, tout en respectant l'écriture et la psychologie des personnages du célébrissime Orgueil et Prejugés, elle distille l'ambiguité un peu trouble habituelle à ses oeuvres, brouillant l'image de certains personnages, tel le colonel Fitzwilliam, brodant sur les Wickham qui s'y prêtent si bien, ou s'intéressant à la vie des serviteurs, ce qu'Austen n'a jamais fait et qui donne une certaine originalité à ce roman. Pour autant les maîtres ne sont pas oubliés et à travers les épreuves imposées par un crime, une enquête et un procès, Darcy va devoir éprouver la solidité des sentiments qui l'ont conduit à se retrouver légalement apparenté à l'homme qu'il méprise le plus au monde.

Le style respecte l'original, l'intrigue et la construction bénéficient de l'efficacité habituelle de l'auteure et tout au plus pourrais-je regretter qu'elle n'en ait pas profité pour pénétrer un peu plus dans l'intimité de Pemberley. Quelques rappels du roman d'origine m'ont semblé inutilement détaillés, mais il est vrai que je connais O&P par coeur, ceci explique peut être cela. Par contre je me suis régalée des "cross over" que PD James en parfaite janeïte a su ménager avec deux autres romans de son auteure fétiche (N'insistez pas, je ne dirai rien). Ceci étant, ce roman me semble tout de même à réserver aux admirateurs d'Orgueil et Préjugé. Variation policière !

 

Death comes to Pemberley - PD James - Faber and Faber - 2011

 

PS : Bon je vous donne quand même une miette d'information, ce sont Emma et Persuasion (ou du moins leurs personnages) qui croisent ici Orgueil et Préjugés...

PPS : J'avoue que je suis une grande admiratrice de PD James et de son héros Adam Dalgliesh avec lequel elle est tout de même plus à l'aise qu'avec le légendaire Fitzwilliam.


Challenge lu en VO : 9 (chroniqués, j'en ai encore trois lus et à chroniquer *soupir*)


Entre également dans le cadre du mois anglais organisé par Cryssilda et Lou et Titine du 15 décembre au 15 janvier. enjoy !

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 19:12

Il est toujours difficile d'écrire un deuxième billet sur un roman, quand bien même ce serait l'un de mes romans préférés d'une de mes auteures préférées. Que vous dirais-je que je ne vous ai pas dit la première fois ?

Considérée comme une vieille fille par la bonne société, Anne Elliot a vu sa jeunesse se faner et sa vie s'engourdir entre un père imbu tant de son rang que des apparences et deux soeurs si vaines que cela confine à la stupidité pure. Pourtant son esprit a su trouver les ressources nécessaires pour développer une pensée sûre et indépendante hors d'atteinte de l'influence de son entourage. Huit ans plus tôt en effet, Anne a rompu des fiançailles passionées pour complaire à ses proches et le regrette encore. Aujourd'hui elle serait prête à assumer ses choix si seulement une autre chance se présentait...

Voici pour le pitch, pour le détail je l'ai lu cette fois en anglais et ce fut une merveille. Je suppose que je commence à pouvoir vraiment apprécier le style d'Austen et chaque phrase est un enchantement. Je n'ai cessé de recopier des passages (mes citations du jeudi en répondront). En fait ce roman m'a donné de furieuses envies de lecture à haute voix. Bien que mon accent ne me permette pas ce genre de fantaisie, je peux jusqu'à une certain point profiter de la musicalité de son écriture. Dans un autre registre, J'aurais aimé pouvoir comparer certains passages avec ceux de mon exemplaire en français (qui avec le recul m'apparaissent douteux), mais je ne pourrais pas pinailler cette fois, ayant prêté cette version à Jane sait qui. Quoiqu'il en soit Persuasion est un superbe roman, celui d'une Jane Austen en pleine maturité, aussi cruelle dans sa manière d'épingler la suffisance, l'infatuation et le culte des apparences qu'émouvante dans son évocation de l'amour (tel qu'elle pouvait le concevoir), de son absence et de cette deuxième chance que la vie nous offre parfois. Sublime !

 

Persuasion - Jane Austen - 1818

 

PS : Bon vous avez sans doute remarqué que je n'ai pas parlé de la plus magnifique lettre d'amour jamais écrite pourtant elle est bien là. "You pierce my soul. I am half agony, half hope. Tell me not that I am too late, that such precious feelings are gone for ever..." Quel homme ce capitaine Wentworth et quel épistolier !

PPS : La collection Collector's Library est vraiment jolie, petite, maniable, reliée (en rouge), dorée sur tranche avec ruban, lisible et illustrée en plus... j'adore mon exemplaire !

 

Challenge lu en VO : 8 (chroniqués, j'en ai encore trois lus et à chroniquer *soupir*)


Eligible pour le mois anglais (enfin son prélude) organisé par Cryssilda et Lou et Titine du 15 décembre au 15 janvier. enjoy !

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 00:02

La très jeune Fanny Price, fille aînée d'une trop nombreuse fratrie, est invitée à vivre à Mansfield Park dans la famille fortunée de sa tante maternelle, lady Bertram. Éduquée comme ses quatre cousins sans qu'on lui laisse jamais oublier sa position subalterne, Fanny se révèle être une jeune fille intelligente et raisonnable mais timide, maladive et très effacée. Seul son cousin Edmund lui montre de la gentillesse et de l'intérêt, les autres, par malveillance, maladresse ou indolence la tenant pour quantité négligeable. Pendant une très longue absence de leur père, les jeunes Bertram pratiquement livrés à eux-mêmes, subissent l'influence de deux jeunes londoniens riches et brillants qui vont profondément marquer leur vie.

Bien que Mansfield Park puisse être considéré comme un roman d'apprentissage relatant les années de formation de Fanny Price, l'histoire est plus centrée plus sur la maison qui donne son nom à l'oeuvre que sur un personnage en particuliers. D'autant que Fanny est trop effacée pour être vraiment attachante. Mansfield Park représente un refuge, un asile de confort, de tranquillité et de bienséance protégeant ses habitants du monde extérieur, qu'il soit brillant et corrompu à la façon de la bonne société londonienne ou bruyant et sale comme l'étroite maison de Portsmouth où Fanny est envoyée "en pénitence" pour avoir refusé les règles du jeu de la vie mondaine. A l’abri de ses murs, Fanny pleine de gratitude, s'est forgé d'excellents principes et un sens moral rigoureux qui lui donnent une certaine clairvoyance. C'est le seul personnage qui ne s'aveugle jamais, voyant toujours très clairement les personnes et les évènements qui l'entourent, cependant elle peine à s'exprimer et à convaincre. Les autres personnages plus vifs, brillants et diserts fardent à plaisir consciemment ou non la réalité, ce qui va les entraîner vers les regrets, la souffrance voire l'exclusion définitive du paradis représenté par Mansfield Park.

Il est bien difficile de rendre compte de ce roman dense et complexe qui mêle de nombreux thèmes chers à l'auteure. Il y aurait tant de choses à en dire, sur l'obéissance et les conventions sociales, les relations familiales, l'éducation des filles, l'esclavage même quoique une bonne partie des références en la matière aient été perdues pour moi, trop pointues et datées pour mes humbles connaissances. Pour autant cette histoire n'a pas la fraîcheur, la drôlerie et le mordant des autres romans de Jane Austen. Certes on retrouve parfois l'acidité malicieuse du ton austenien, lorsqu'il s'agit de la tante Norris par exemple - cette insupportable mouche du coche, mais dans l'ensemble le ton est beaucoup plus sentencieux. L'auteure en narratrice omnisciente ne se faisant pas faute de tirer de longue conclusion morale de tel ou tel événement, procédé qui ne m'avait pas frappé dans ses autres oeuvres. Quant à la construction très théâtrale, elle est proprement fascinante entraînant le lecteur dans une succession de tableaux, souvent symboliques, propres à servir une narration extrèmement efficace. En conclusion si ce n'est pas mon roman préféré de Jane Austen (sauf changement imprévu car qui peut savoir...), j'ai passé un excellent moment dans la campagne du Northamptonshire. Austenien et c'est tout dire !

Mansfield Park - Jane Austen - 1814 - traduit de l'anglais par Denise Getzler - 10/18 - 1982 

PS : Je me demande s'il existe une autre traduction de Mansfield Park (bien qu'évidemment je compte bien le lire en anglais un jour ou l'autre)

PPS : De notre point de vue d'aujourd'hui, le vilain Crawford semble étrangement plus séduisant que le sage Edmund, enfin, je dis ça, je ne dis rien !

Avec un peu d'avance, ceci sera ma première contribution au mois anglais organisé par les sublimement british Cryssilda, Titine et Lou du 15 décembre au 15 janvier (pour une fois que je suis en avance !)

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 06:00

Élevée en partie à Londres par sa tante, une femme fortunée, Margaret Hale a idéalisé Helstone, le village du sud de l'Angleterre où se trouve le modeste presbytère familial. Après le mariage de sa cousine, elle se réjouit de retourner y vivre mais ce bonheur est de courte durée car son père décide de quitter l'église anglicane et de trouver un travail de précepteur dans une ville industrielle du nord du pays, une ville active, laborieuse et enfumée à mille lieues de ce que Margaret connait et apprécie. Entre un père faible, rongé par la culpabilité et une mère maladive peu encline à accepter la notable réduction de son train de vie, la jeune fille va être contrainte de fréquenter des gens qu'elle n'aurait jamais imaginé côtoyer et peu à peu remettre en cause ses certitudes et ses (nombreux) préjugés.

Elizabeth Gaskell est une victorienne qui a fréquenté Dickens - son éditeur -, Charlotte Brontë et bien d'autres mais c'est une victorienne quelque peu atypique. Nord et Sud dépeint en effet très précisément non seulement le contraste qui se créait en ce milieu du XIXe siècle anglais entre un sud campagnard et un nord urbain en pleine transformation, mais aussi les tous premiers affrontements entre deux classes appelées à en voir bien d'autres, les ouvriers et leurs patrons. Elizabeth Gaskell campe ici deux superbes antagonistes Thornton et Higgins reflétant le contraste entre les opinions et façons de vivre de ces deux classes, misère mais aussi émancipation d'un côté, ambition et fascination pour le progrès de l'autre. Décriées à l’époque (parce qu'écrites par une femme), les joutes verbales entre les deux hommes trouvent aujourd'hui d'étranges résonances.

Dans un autre registre, l’auteure se livre également ici à l’exercice classique du roman d'apprentissage avec une belle finesse. L'affrontement des caractères rappelle bien évidemment Orgueil et Préjugés de Jane Austen et cela de plusieurs façons mais l'évolution de Margaret est tout autre et beaucoup plus profonde que celle de Lizzie. Sans en dire trop disons que si Austen est inégalable dans son registre caustique, Gaskell livre ici une oeuvre beaucoup plus sociale qui s'intéresse autant aux classes laborieuses, domestiques ou ouvriers qu'aux marges de la bonne société, industriels, dissidents religieux ou... femmes. J'ajouterais que je trouve assez impressionnant qu'une femme de son époque ait peint comme des personnages positifs un renégat de l'église anglicane, un mutin condamné à mort par contumace (les joies de la marine anglaise), ou même une femme décidée à prendre sa vie en main, toutes rebellions à l'autorité établie assez peu conformes aux idéaux de l'époque. Un roman riche et foisonnant, magnifiquement écrit dont je pourrais parler beaucoup trop longuement si je me laissais aller.

Excellent !

 

Nord et sud - Elizabeth Gaskell - 1855

 

Les avis de Isil, Fashion, Pimpi, Karine, Chiffonette, Keisha...

 

PS : d'Elizabeth Gaskell, j'avais déjà lu Lady Ludlow qui m'avait beaucoup plu quoique la forme en soit moins aboutie à mon sens et la bonne nouvelle est que j'ai Cranford dans ma pal.

PPS : Mon personnage préféré est bien entendu le plus austenien de tous (on ne se refait pas), le spirituel Mr Bell.

PPPS : la description d'une grève de l'époque est pleine d'intérêt, entre autre chose sont je n'ai pas parlé et qui devrait vous convaincre de lire ce superbe roman.


Elizabeth Gaskell est morte au milieu d'une phrase, une tasse de thé à la main... n'est ce pas une mort intéressante pour le challenge nécrophile de fashion (que j'avoue oublier de mentionner la plupart du temps) ?

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Published by yueyin - dans roman britanique
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