Chroniques de lectures

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Middlesex - Eugenides
Mal de pierre - M. Agus
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Les mangeurs d'étoiles - R. Gary
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Le libraire - De Moraira
Le désert de la grâce - Pujade-Renaud
La maison en papier - CM Dominguez
Presque un mélo - M Efstathiadi
Le retour de Sethos - E. Peters
Le treizième conte - D. Setterfield
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De si bonnes amies - J. Trollope
L'inconnu d'Athène - A. Zouroudi
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L'homme squelette - T. Hillerman
La taupe et le dragon - N. Champetier
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La traversée du continent - M. Tremblay
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Petits arrangements avec l'infame - P Parry
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Dans les bois eternels - F vargas
Thérèse et Pierrette à l'école des saints anges - M Tremblay
Le baiser des ombres - LK Hamilton
les vendredi d'Eléanore - J Trollope
This is not a love song - JP Blondel
Bonbons assortis - M tremblay
Rececca - D. du Maurier
Accès direct à la plage - JP Blondel
Le puit des histoires perdues - J Fforde
Papa longues jambes - J. Webster
Odd & the frost Giant - N. Gailman
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Le jour de grâce - R. Van Gulik
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Souper mortel aux étuves - M. Barrière
Le jour où einstein s'est échappé - J Bialot
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Un minuscule inventaire - JP Blondel
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La troisième lettre - M. Marineau
Le canyon des ombres - JD Doss
Journal d'un vampire - LJ Smith
L'historienne et Dracula - Kostova
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchure de patate - MA Shaffer


poèmes

Vendredi 20 octobre 2006 5 20 10 2006 22:55

La vie, ça tient de diverses choses

En un sens, ça ne se discute pas

Mais on peut toujours changer de sens

Parce que rien n’est intéressant comme une discussion

La vie, c’est beau et c’est grand.

Ça comporte des phases alternées

Avec une régularité qui tient du prodige

Puisqu’une phase en suit toujours une autre

La vie, c’est plein d’intérêt.

Ça va, ça vient… comme les zèbres.

Il peut se faire que l’on meure

- Même, ça peut très bien se faire

mais pourtant, ça n’y change rien :

La vie tient de diverses choses

Et par certains côtés, en outre,

Se rattache à d’autres phénomènes

Encore mal étudiés, mal connus,

Sur lesquels nous ne reviendrons pas.

Cantilènes en gelée - Boris Vian - 1948

Par yue yin - Publié dans : poèmes
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Samedi 28 octobre 2006 6 28 10 2006 20:26
Je Hais les Haies
Je hais les haies qui sont des murs.
Je hais les haies et les mûriers
Qui font la haie le long des murs.
Je hais les haies qui sont de houx.
Je hais les haies qu'elles soient de mûres
Qu'elles soient de houx!
Je hais les murs qu'ils soient en dur
Qu'ils soient en mou!
Je hais les haies qui nous emmurent.
Je hais les murs qui sont en nous!

Raymond Devos
Par yue yin - Publié dans : poèmes
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 11 2006 20:55
L’arbre de la tristesse, ne le plante pas dans ton cœur.
Relis chaque matin le livre de la joie,
Tu peux boire du vin et servir tes penchants.
Notre temps, notre vie, le ciel nous les mesure.
 
Omar al Khayyam – Ruba’iyyat – Xe siècle
Par yue yin - Publié dans : poèmes
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Samedi 2 décembre 2006 6 02 12 2006 17:01

Après une journée de vent,
dans une paix infinie,
le soir se réconcilie
comme un docile amant.

Tout devient calme, clarté...
Mais à l'horizon s'étage,
éclairé et doré,
un beau bas-relief de nuages.

Rainer Maria Rilke - quatrains valaisans

Par yue yin - Publié dans : poèmes
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Mardi 12 décembre 2006 2 12 12 2006 20:29

Le hibou parmi les décombres
Hurle, et Décembre va finir ;
Et le douloureux souvenir
Sur ton coeur jette encor ses ombres.

Le vol de ces jours que tu nombres,
L'aurais-tu voulu retenir ?
Combien seront, dans l'avenir,
Brillants et purs ; et combien, sombres ?

Laisse donc les ans s'épuiser.
Que de larmes pour un baiser,
Que d'épines pour une rose !

Le temps qui s'écoule fait bien ;
Et mourir ne doit être rien,
Puisque vivre est si peu de chose.

François Coppée - Les mois - 1876

Par yue yin - Publié dans : poèmes
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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 12 2006 21:49

On ne sait pourquoi cet homme prit naissance.
Et pourquoi mourut-il ? On ne l'a pas connu.
Il vint nu dans ce monde, et, pour comble de chance,
Partit comme il était venu.

La gaîté, le chagrin, l'espérance, la crainte,
Ensemble ou tour à tour ont fait battre son coeur.
Ses lèvres n'ignoraient le rire ni la plainte.
Son oeil fut sincère et moqueur.

Il mangeait, il buvait, il dormait ; puis, morose,
Recommençait encor dormir, boire et manger ;
Et chaque jour c'était toujours la même chose,
La même chose pour changer.

Il fit le bien, et vit que c'était des chimères.
Il fit le mal ; le mal le laissa sans remords.
Il avait des amis ; amitiés éphémères !
Des ennemis ; mais ils sont morts.

Il aima. Son amour d'une autre fut suivie,
Et de plusieurs. Sur tout le dégoût vint s'asseoir.
Et cet homme a passé comme passe la vie
Entrez, sortez, et puis bonsoir !

Jean Richepin - La chanson des gueux - 1876

Par yue yin - Publié dans : poèmes
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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 01 2007 18:09
 J'avais dit: "pendant les vacances, je ne fais rien !... Rien ! Je ne vais rien faire ".
Je ne savais pas où aller.
Comme j'avais entendu dire : "A quand les vacances ?... A quand les vacances ?..."
Je me dis: " Bon !... Je vais aller à Caen ... " Et puis Caen !... ça tombait bien, je n'avais rien à y faire.
Je boucle la valise... je vais pour prendre le car... Je demande à l'employé :
- Pour Caen , quelle heure?
- Pour où ?
- Pour Caen !
- Comment voulez-vous que je vous dise quand, si je ne sais pas où ?
- Comment ? Vous ne savez pas où est Caen ?
- Si vous ne me le dites pas !
- Mais je vous ai dit Caen !
- Oui !... mais vous ne m'avez pas dit où !
- Monsieur... je vous demande une petite minute
d'attention ! Je voudrais que vous me donniez l'heure des
départs des cars qui partent pour Caen !
- !!...
- Enfin !... Caen !... dans le Calvados !...
- C'est vague!
- ...En Normandie!...
- Ma parole ! Vous débarquez !
- Ah!... là où a eu lieu le débarquement !... En Normandie !
- A Caen ...
- Là !
- Prenez le car.
- Il part quand ?
- Il part au quart.
- !!... Mais (regardant sa montre)... le quart est passé !
- Ah! Si le car est passé, vous l'avez raté.
- !!... Alors... et le prochain?
- Il part à Sète.
- Mais il va à Caen ?
- Non il va à Sète.
- Mais, moi, je ne veux pas aller à Sète... Je veux aller à Caen !
- D'abord, qu'est-ce que vous allez faire à Caen ?
- Rien !... rien !... Je n'ai rien à y faire !
- Alors, si vous n'avez rien à faire à Caen , allez à Sète.
- !!... Qu'est-ce que vous voulez que j'aille faire à Sète ?
- Prendre le car !
- Pour où ?
- Pour Caen .
- Comment voulez-vous que je vous dise quand, si je ne sais pas où !...
- Comment !... Vous ne savez pas où est Caen ?
- Mais si, je sais où est Caen !... Ça fait une demi-heure que je vous dis que c'est dans le Calvados!... Que c'est là où je veux passer mes vacances, parce que je n'ai rien à y faire !
- Ne criez pas !... Ne criez pas !... On va s'occuper de vous.
Il a téléphoné au Dépot.
Mon vieux !... (regardant sa montre):
A vingt-deux, le car était là.
Les flics m'ont embarqué à sept...
Et je suis arrivé au quart.
Où j'ai passé la nuit !

Raymond Devos.

 

Par yue yin - Publié dans : poèmes
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Lundi 8 janvier 2007 1 08 01 2007 12:00

" Matin du premier jour—
Dans le poêle
Quelques braises de l'an passé "

Hino Sôjô

(merci à  Turquoise à qui j'ai emprunté ce délicieux Haïku)

Par yue yin - Publié dans : poèmes
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Vendredi 19 janvier 2007 5 19 01 2007 10:03

L'ennui descend sur moi comme un brouillard d'automne
Que le soir épaissit de moment en moment,
Un ennui lourd, accru mystérieusement,
Qui m'opprime de nuit épaisse et monotone.

Pourtant nul glorieux amour ne m'a blessé,
Et c'est sans regretter les heures envolées
Que je revois au loin, vagues formes voilées,
Mes souvenirs errants au jardin du passé.

Et pourtant, maintenant, dans l'horreur languissante
D'un soir de pluie et dans la lente obscurité,
Je sens mon coeur que nul amour n'a déserté
Mélancolique ainsi qu'une chambre d'absente.

Ephraïm Mikhael - le 2e livre des masques - 1898

Par yue yin - Publié dans : poèmes
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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 01 2007 16:25

Si la mort est le but, pourquoi donc sur les routes

Est-il dans les buissons de si charmantes fleurs ?

Et lorsqu'au vent d'automne elles s'envolent toutes,

Pourquoi les voir partir d'un oeil momifié de pleurs ?

Si la vie est le but, pourquoi donc sur les routes

Tant de pierres dans l'herbe et d'épines aux fleurs,

Que, pendant le voyage, hélas ! nous devons toutes

Tacher de notre sang et mouiller de nos pleurs

 

Louise Angélique Bertin 1805-1863

Par yue yin - Publié dans : poèmes
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