Mardi 26 septembre 2006
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2006
12:20
Un pur plaisir. Bon d'accord j'aime bien Barbara Kingsolver; j'aime sa façon de mettre la nature au centre de tout avec poésie mais sans grandiloquence. J'aime la façon dont elle décrit des lieux qui semblent laids et qui finissent par être attirants. J'aime ce mélange de réalisme, d'engagement et d'excentrisme. Dans ses romans les personnages, je devrais peut être dire les femmes car dans tous les livres que j'ai lu ce sont les femmes qui ont la parole. Bref ces femmes font des choses étonnantes comme si simplement c'était normal, quelquechose comme le destin mais en plus quotidien.
M. est partie droit vers l'ouest pour échapper à la vie de femme de fermier, aux pneux qui éclatent et aux grossesses précoces. Sur la route, elle se trouve un nouveau nom, recueille une enfant sans vraiment s'en rendre compte puis tombe en panne devant un garage et finit par y travailler. C'est un livre de rencontres, de découvertes de soi et du monde avec toujours la nature qui ancre, à l'image de Turtle l'enfant trouvée qui découvre le langage au travers des légumes et plante avec constance poupée, graines, jouets...
Bon j'ai pas pu le lacher ce qui fait que je n'ai guère avancé dans mon programme du jour. En plus je n'ai pas trouvé la suite, "Les cochons au paradis", à côté de chez moi. Bon peut être heureusement pour le boulot et le ménage mais zut et frustration. Pour la peine je me suis achetée "Une île sous le vent", recueille de nouvelles du même auteur. Na ! Affaire à suivre...
Par yue yin
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Lundi 2 octobre 2006
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2006
18:05
Bon en ce moment, je suis plongée dans Barbara Kingsolver.J'ai déjà parlé de "l'arbre aux haricots" et de ma frustration de ne pas trouver la suite. Bon cela n'a pas duré. Depuis, j'ai trouvé et dévoré "Les cochons au paradis" et je me suis régalée. Moins jubilatoire cette suite, peut être plus sombre et plus réfléchie. Trois ans après l'adoption de Turtle, Taylor devra à nouveau se battre pour garder sa fille et cette fois l'adversaire n'est plus une administration sans âme, mais la tribu Cherokee.
Le chapitre final est d'une belle intensité. La scène où Taylor et sa mère d'un côté et toute une famille élargie de l'autre attendent le verdict sur l'adoption de Turtle dégage une réelle émotion entre rire et larme. Et voir le grand-père retrouvé conquérir sa belle les armes à la main ... c'est grand
Au delà des bouleversements dans la vie de Taylor et Turtle, il y a là une réflexion parfois dérangeante sur l'idée de famille, de parenté, d'engagement et des devoirs que cela nous crée. Le tout porté par une écriture toujours extrèmement réaliste et pourtant poétique. Pour immersion complète si vous avez aimé "l'arbre aux haricots".
J'ai retrouvé cet univers dans "Une île sous le vent", un recueil de courtes nouvelles. Chaque histoire dessine un instantané dans la vie d'une femme : un moment privilégié, une prise de conscience, un choix qui se fait tout naturellement... Les longs voyages en voitures semblent toujours vécus par ces personnages comme des moments suspendus, prilégiés marquant une sorte de rite de passage. Un symbolisme très "américain" présent également dans ses romans et dont j'aime assez le traitement. Cependant j'accroche moins aux nouvelles. Je préfère les textes longs et me perdre dedans. Affaire de goût ...
"Les cochons au paradis"-"Une île sous le vent" Barbara Kingsolver Rivage 1996 - 2004
Par yue yin
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Jeudi 19 octobre 2006
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2006
20:18
Attention roman d'aventure !!! Tous les ingrédients sont là, rebondissements échevelés, folle histoire d'amour, contexte historique trépidant, personnages attachants, cadres ensorcelants, exotisme (gaélique en l'occurence), tout y est et ... J'adore !
1945, Claire est de retour du front ou elle a servi comme infirmière dans l'armée anglaise. Elle et son mari s'offre un séjour en Ecosse pour se retrouver après la longue séparation du Conflit. Lors d'une promenade près d'un Crom'lech, ils sont témoins d'une étrange cérémonie (des sorcières !!!)... Attirée par l'endroit, Claire y retourne seule et est victime d'étranges hallucinations... jusqu'au moment où elle doit se rendre à l'évidence - elle ne rêve pas, elle est réellement en 1743...
Voilà pour les premices, évidemment l'adaptation de Claire au XVIIIe siècle sera mouvementée sinon totalement vraisemblable mais bon un peu de rêve ne nuit pas...
L'auteur nous promène dans l'écosse de l'époque comme si elle avait son propre accès indépendant à une machine à remonter le temps. Les mentalités et la vie quotidienne sont biens vues, les personnages ont de l'épaisseur : un excellent moment. Avertissement quand même, comme tout roman de ce genre bâti pour enchainer le lecteur au prochain rebondissement, évitez de le commencer le soir si vous bossez le lendemain...
Au départ ce devait être un roman unique : une bonne histoire bien ficelée. Devant le succès (il y a un fan club), il est maintenant rebaptisé : "Le cercle de pierre" tome 1. Et oui il parait qu'il y a maintenant neuf tomes ; j'en suis au cinquième et je m'amuse toujours autant... Alors si vous êtes du genre à avoir lu tous les volumes de Fortune de france ou des Enfants de la terre (comme moi) cette saga est votre prochaine insomnie....
Le chardon et le tartan - Diana Gabaldon - Presse de la cité - 1995
Par yue yin
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Dimanche 12 novembre 2006
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2006
09:21
Voilà un livre intensément réjouissant, une seule réserve peut être : à déconseiller si vous faire un régime ou peut être tout simplement si vous avez le moindre souci d'ordre alimentaire... Ici vous serez jugés et condamnés en deux coup de cuiller à pot. Ici toute les perversions culinaires sont méticuleusement mises à nu et analysées froidement comme les perversions sexuelles qu'elles sont, du moins tel est l'avis de l'héroïne et franchement la contredire semble légèrement au-delà des possibilités de l'homo sapiens moyen.
Jasmine March est un "chef" au sens culinaire du terme, elle pratique l'art noble de la cuisine depuis aussi longtemps qu'elle se le rappelle, ses livres se vendent mais sans plus car malheureuse dans son époque, Jasmine est une adpepte de la cuisine "plaisir", du beurre, de la crème, du chocolat, de l'onctueux, du savoureux, du gouteux, bref des calories... et ça c'est tout sauf tendance... Autour d'elle le monde semble s'écrouler, une fille aerophage qui refuse tout aliment solide, un mari rattrappé par un démon de midi macrobiotique (hilarant), une amie boulimique au régime sec, un éditeur qui l'abandonne pour cause de calories superfétatoires, un agent qui "boufferait de la merde pour peu qu'elle soit nappée de chocolat" et j'en passe. Une autre se résignerait à concocter des recettes lights pas elle... le public a droit à sa vérité et au plaisir de manger, ça ne se passera pas comme ça... A la limite du gore mais épatant... (toute prise de poid consécutive à la lecture de ce livre est indépendante de notre volonté et ne saurait nous être reprochée)
L'art d'accomoder les restes - Nina Killham - Fleuve noir Pocket - 2002
Par yue yin
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Dimanche 19 novembre 2006
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12:04
Attention livre culte. Un livre culte c'est comme un film du même nom, certains adorent sans condition ni réserve, les autres ne comprennent absolument pas pourquoi et, soit s'indignent (mais c'est nul), soit s'apitoie mi-amusé, mi-perplexe ! J'ajoute, pour aller un peu plus loin, que lors des nombreuses conversations-débats-pinaillages sur le sujet auxquels j'ai participé, nous n'avons jamais réussi à tomber d'accord sur un point essentiel, un chef d'oeuvre peut-il être un film/livre culte ? Je tiens pour le non, un chef d'oeuvre peut s'aprécier même si on n'aime pas vraiment le genre ou le sujet : du style, je reconnais les qualités littéraires et/ou cinématographiques mais bon j'accroche pas : le culte c'est plutôt j'adore, je déteste, ou je ne comprends rien de rien à ce qui vous conduit à parler de ce truc avec autant de passion !?!?
Bref et après cette un peu longue intro, j'en reviens à un de mes livres cultes, 84 charing cross road... Ce n'est pas un chef d'oeuvre, en fait c'est tout juste un livre... En 1949, Helen Hanff, écrivaine de théatre sans succès, lectrice passionnée et anglophile déterminée décide de commander ses livres en Angleterre... elle est à la recherche de certains titres qui ne se trouvent pas facilement aux Etats Unis et de plus, en raison du change, les prix port compris lui semble proches du ridicules... elle répond donc à l'annonce d'une librairie londonienne spécialisée dans les livre d'occasion... et c'est le début d'un échange de lettre étonnant, ébouriffant, drôle, émouvant, incroyable, hilarant... (merci madame la marquise !)
Au travers de ces commandes Helen va d'abord découvrir le livre comme objet, les pages, les reliure, le papier de ces ouvrages la ravissent mais de plus elle va vivre une amitié littéraire avec son correspondant et à travers lui avec la librairie elle-même et l'Angleterre fantasmée qui hante son imagination... Et puis c'est un livre sur les livres, comment résister à cette passion pour la littérature - Et oui, ça m'a fait lire des choses que je n'aurais jamais lu sans cela (aurais-je su que ces livres existaient) un genre de blog avant la lettre en somme....
84 Charing Cross Road - Helen Hanff - éditions Autrement - 1970 (2001 pour l'édition française)
Par yue yin
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Dimanche 3 décembre 2006
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2006
08:33
Illyria est un domaine enchanteur qui offre à une poignée d'artistes triés sur le volet une retraite idyllique. Pendant quelques semaines écrivains, compositeurs, peintres et sculpteurs sont les invités studieux de la luxueuse résidence et peuvent se consacrer entièrement à leur art, loin des contingences stérilisantes de la vie quotidienne. Évidemment le séjour comporte quelques règles, quelques contraintes mais n’est-ce pas normal. Ainsi pense Janet "Belle" Smith. La publication de son premier livre, un recueil de nouvelles, lui a valu la prestigieuse invitation et elle est bien décidé à en tirer tout le parti possible. Au fil des jours la fréquentation des autres pensionnaires va l'amener à voir les choses, les gens et elle-même différemment.
Comme toujours avec Allison Lurie, le lecteur est mené par le bout du nez, tout en douceur à travers les faux semblants, les images, les mensonges habituels de chacun. Lire ses livres me fait penser au déballage d'un paquet cadeau, on soulève une à une les couche de papier de soie, pour trouver...quoi ? Ici ce sont les "Artistes" (noter la majuscules) leurs contradictions, leurs mensonges, à moins que ce ne soit le regard des autres, celui de Janet, le nôtre, qui fausse tout... Et c'est bien de cela qu'il s'agit : comment le regard des autres peut-il fausser toutes nos perceptions, y compris sur nous-même, nos proches, nos envies.
Ce n'est sans doute pas le meilleur roman d'Allison Lurie. En 1969 elle élaborait encore son univers et n'avait pas la maîtrise qui fait la force de "Liaisons étrangères" ou de "La vérité sur Lorin Jones", mais c'est un de mes préférés. A cause de son sujet sans doute, le rapport entre l'artiste et l'inspiration puis la création. Cette "retraite" studieuse aussi qui fait tant fantasmer : si j'avais le temps, si je n'avais pas à m'occuper des enfants, si..., si… Je l'écrirai ce roman, je me mettrais à la peinture ! si...
Une lecture fraîche et délicieuse et une bonne invitation à méditer...
Des gens comme les autres - Allison Lurie - Rivages - 1969
Par yue yin
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Dimanche 7 janvier 2007
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16:48
Tout d'abord, je tiens à rendre hommage aux chats de bibliothèque qui ont élu Hémingway au rang d'aristochat. Grâce à cette élection, j'ai enfin lu cet auteur, ce qui ne m'était jamais arrivé et aurait pu ne pas se produire, allez savoir ! Voilà donc une lacune comblée.
Bon, J'ai peut-être fait une erreur en choisissant de commencer par "Les neiges du Kilimandjaro". Les nouvelles ne sont pas mon genre préféré et je ne peux pas dire qu'elles m'aient emballée. Certes l'écriture a une puissance d'évocation incroyable, les situations sont extrèmement visuelles, les personnages prennent vie en trois mots et quart, sublime ! Mais tout cela au service d'histoires qui pour la plupart m'ont ennuyée. J'en retiendrais deux, la première qui donne son nom au recueil, et "l'heure triomphale de Francis Macomber" : Toute deux me semblent plus abouties avec des personnages vraiment consistants et une intrigue en filigrane qui suscite l'intérêt...
Bon la prochaine fois je lis un roman...
Les neiges du kilimandjaro suivi de Dix indiens et autres nouvelles - Ernest Hemingway - Folio - 1946 pour la traduction française - traduit de l'anglais par Marcel Duhamel
Par yue yin
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Mardi 6 février 2007
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2007
09:41
Voilà un livre difficile à raconter... Je l'ai lu parce que je suis tombée sur le début dans un magasine. D'habitude je ne lis jamais les extraits, ça m'ennuie. Là j'étais dans l'avion, il fallait rentabiliser ! Bref j'ai lu les premières pages et j'ai accroché. A cause du style bien sûr mais aussi parce que rien de ce que je lisais ne ressemblait à la critique lue dans le même magasine : un mystère ! Et maintenant je vais faire la même chose, rien de ce que je pourrais écrire sur ce roman ne ressemblera à ce que vous y lirez... il y a des livres comme ça !
On a parlé de cette histoire comme DU roman du 11 septembre... peut être ! C'est en tout cas l'histoire d'un deuil, un deuil collectif puisque c'est celui de chacun. celui d'Oskar, huit ans, celui de sa mère, de ses grands parents, des gens qu'il rencontre dans sa tentative de donner du sens à ce qui n'en a pas... celui de sa ville traitée comme un personnage à part entière... C'est aussi l'histoire d'un sauvetage auquel chacun contribue à sa façon : celui d'un enfant drôle et attachant, à moins que ce ne soit celui de son grand-père inconnu... ou de New York !
Je suis tombé sous le charme de cette écriture multiforme, de ces personnages qui se rencontrent sans s'en apercevoir, de cette interrogation aussi sur l'inexplicable, l'injustifiable, la quête du sens... Oskar porte un espoir immense auquel sa lucidité ôte toute réalité mais il poursuit, déterminé, jamais crédule vers sa reconstruction.
Quant aux parti-pris typographiques de ce roman qui ont parfois déplu, pour moi cela lui donne une touche concrète un peu destabilisante qui sert plutôt bien l'histoire.
Intense, tendre, étonnant...
Extrèmement fort et incroyablement près - Jonathan Safran Foer - Edition de l'Olivier - 2005 - traduit de l'américain par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso.
Par yue yin
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Samedi 17 février 2007
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2007
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La première impression quand on commence Pastorale américaine c’est un foisonnement qui part dans tous les sens. Et puis on se rend compte qu’on est accroché, qu’il y a un chemin à parcourir où chaque étape a une raison d’être et une signification. Il parait que c’est normal pour un roman de Roth mais voilà, c’est mon premier, je découvre.
Ce livre se présente donc comme un enchevêtrement de récits à posteriori. Les protagonistes ont vécu et sont en quelques sortes restés à une époque qui est de l’histoire pour nous : l’Amérique des année quarante à la fin des années soixante - les trente glorieuses ! le tout formant quelque chose comme l’histoire d’une famille mais peut être pas une famille en particulier… Juste une famille, quelque chose de volontairement banal, le plus banalement américain possible. Ici est mise en scène la très grande aspiration à l'intégration, au mythique « melting pot » d'une Amérique sanglée dans les communautarismes.
C’est l’histoire d’un naufrage, celui de cette famille, de toutes les familles ou de l’idée qu’elles se font d’elles-mêmes. C’est l’histoire d’un fantasme vécu. Tous les désirs conscients, toutes les aspirations du personnage central ont été exaucés. Puis, il y eu un matin. Et petit à petit sa vie a perdu toute réalité. Il croyait avoir fondé la famille américaine idéale dans la maison américaine idéale. Être le patron idéal d’une usine idéale ! Et il se retrouve seul comme il l’a toujours été, simplement il le sait !
On le plaindrait presque cet homme qui s’accroche à ses souvenirs pour se dire que non, il n’a pas rêvé, que tout cela ne pouvait pas être faux, que tout était vraiment comme il le voyait, que ce sont les autres qui sont aveugles, qui ont oublié, qui se trompent enfin. Ils ne peuvent pas, ils n’ont pas le droit de nier la merveilleuse existence qu’ils ont partagé !
Les ruines en flamme du rêve américain voilà ce que nous offre Philip Roth ! Une gravure sur acier poli à l’acide sulfurique.
Et le pire de tout, c’est que par le jeux de la construction du récit, on sait depuis le début du roman qu’il a recommencé. En homme qui a perdu la foi mais s'agenouille pour prier qu’elle revienne ! Alors que tout était brisé, détruit, ruiné jusqu’à l’essence même, il a tout remonté, quasi à l’identique, une famille américaine modèle, banale jusqu’à l’écœurement… en apparence !
Pastorale américaine - Philip Roth - Gallimard - 1997 - traduit par Josée Kamoun
Par yue yin
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Samedi 17 mars 2007
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2007
09:55
Après Pastorale américaine, je n’avais qu’une hâte retrouver Philip Roth. J’avais pensé aborder des romans plus anciens et puis finalement je me suis laissée tenter par un autre volume de la trilogie américaine et autant le dire tout de suite je me suis régalée !
De nouveau c’est de mémoire et de fantômes qu’il s’agit. Le translucide et récurrent Nathan Zuckerman rencontre un vieil ami qui lui raconte au cours de six longues soirées d'été la vie de son frère mort depuis 30 ans.
Ira a été un enfant malheureux, jeune juif pauvre orphelin de mère livré à un père brutal… Devenu un jeune adulte inculte et violent, l’idéologie communiste lui ouvre pendant la guerre le chemin de ce qu’il pense être la maturité et l’accomplissement de soi. Son pays étant ce qu’il est, Ira tout en professant des idées progressistes dissimule à tout le monde son engagement formel. Il mène sa vie comme un combat de tous les instants, éternellement insatisfait malgré la réussite, la notoriété, un mariage flatteur avec une star, lui le pauvre est arrivé. Mais ou ? Juste assez haut pour se sentir tomber ! Écartelé entre l’idéalisation d’un engagement total, austère et des appétits plus terre à terre. Il finit par se perdre broyé par la concasseuse du McCarthysme, trahit, traître, seul !
Après la famille idéale et l’intégration, l'auteur demonte un autre pan du rêve américain, celui de la liberté de conscience, d’opinion et d’expression dans les Etats-unis d'après-guerre. Il se perd en digressions infinies et ellipses virtuoses dans un tourbillon d’idées et de vies entrecroisées et contre toute attente brosse au final un portrait étonnamment net de cette société où les convictions aussi sincères et généreuses soient-elles mènent à l’hypocrisie, la dissimulation, puis la peur voire la trahison. Un superbe roman brillant, bavard, décapant… humain aussi !
J'ai épousé un communiste - Philip Roth - 1998 - Gallimard 2001 - traduit de l'américain par José Kamoun
Par yue yin
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