Mercredi 24 décembre 2008
Ce matin les enfants (petits et grands) ont ouverts la toute dernière fenêtre du calendrier de l'avent (essentiellement pour en retirer l'ultime
chocolat).
Les grands se sont lègèrement affolés à l'idée d'avoir oublié un truc ou un autre.
Les cuisines se sont préparées à chauffer dur.
Les salons ont reçu leurs dernières finitions, guirlandes scintillantes, nappes rouges, serviettes dorés, bougies multicolores...
Voici donc venu la nuit de tous les excès, chapons, oies ou magrets rôtis, chocolats, marrons glacés ou pâtes de fruit, cadeaux ronds, informes ou rectangulaires, Tariquet, Bourgogne ou
Champagne, enfin toutes ces bonnes choses...
Alors je n'aurais qu'un mot (plus ou moins) :
Profitez-en bien !!!

Que la fête vous soit pétillante...
Par yueyin
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Dimanche 21 décembre 2008
Voilà un roman quasi mythique, un de ces romans d'aventures dont la fin du XXe siècle a eu le secret et qui ont fait rêver (et
ont peut être influencé) plusieurs générations de lecteurs. Une de ces histoires où des gentlemen anglais aussi érudits que forts découvrent des mondes perdus desquel le temps et la civilisation
(du moins la civilisation telle que comprise par des européens de l'époque) sont exclus...
Dans le cas de Elle, cette trame se complique de la présence d'une souveraine immortelle, Ayesha Elle-qui-doit-être-obéie, despote absolue de
son peuple, toujours voilée car une simple vision de sa beauté enchaîne les hommes pour toujours, cultivée d'une façon qui peut parler à un héros victorien - elle parle grec, latin, arabe
classique, capable de tuer d'un seul regard et pour autant admirablement chaste puisqu'elle attend le retour de son amour depuis plus de 2000 ans, amoureux qu'elle a tué de sa main en son
temps.
Tous les fantasmes du colonialisme victorien s'épanouissent joyeusement dans cette folle histoire où se mèle nature sauvage, ruines imposantes, mystère de la vie, peuplade cannibale et tous les
ingrédients qui seront un jour ceux du genre... car nous en sommes au début ! Henri Rider Haggard, lorsqu'il écrit She en 1886 a déjà les Mines du roi salomon a son actif et est
en train de donner véritablement ses lettres de noblesses à ce type de roman d'aventures qui connaitra une immense poplarité à la fin du XIXe et au début du XXe. Il n'est peut-être pas cité
dans les auteurs victoriens classiques mais il fut l'un des auteurs les plus célèbres et les plus populaires de son temps et son influence n'a pas fini de se faire sentir - Ne dit-on pas que le
très célèbre Indiana Jones (fort et érudit lui-même) est directement inspiré de son Allan Quatermain. Quand à Ayesha que Freud et Jung ont tous deux considérée comme un Archétype féminin, ma foi
il serait intéressant de spéculer sur ses descendantes directes ou non !
Alors certes c'est un roman ancré dans son siècle et certains des préjugés de l'auteur sont innaceptables de nos jours mais pour son époque justement,
je crois qu'il faisait preuve d'assez de largeur d'esprit. Il met en scène un peuple où les femmes sont totalement libres de leur choix - car ce sont elles qui donnent la vie - , un amour sincère
entre un gentleman anglais et une africaine en peau de léopard, une femme devenue toute puissante par la force de son esprit... Pour un homme de son éducation ce n'est pas si mal. Le style
est certes assez emphatique pour un pur roman d'aventure mais agréable et même enlevé. Dans l'ensemble une belle découverte que je dois à mon excellente amie, Amelia Peabody Emerson qui ne cesse
de recommander cet auteur malgré les moqueries de son séduisant époux. Exotique !
Elle - Henry Rider Haggard - 1886 - traduction (révisée) de
Jacques Hillemacher
PS. La traduction de She a fait beaucoup débat il fut un temps car le roman fut traduit en français en plein
procès de plagiat fait à Pierre Loti et son Atlantide... apparemment des versions plus ou moins abrégées ou mutilée ont fleuri et je ne sais pas trop ce que valait
la mienne - bien qu'elle soit révisée "d'après l'original anglais" je cite. N'est-ce pas extraordinaire de préciser cela ?
PPS. She a fait l'objet d'innombrables adaptations cinématographiques dont la première date de 1899 (La danse du feu de Georges
Meliès) et la dernirère de 2001 (Timothy Bond). Une des plus célèbre est sans doute celle de 1965 - La déesse du feu de Robert Day - avec Ursula Andress dans le rôle titre.
Par yueyin
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Publié dans : roman anglais
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Vendredi 19 décembre 2008
"Je suis peut-être assise ici, à la maison de retraite de Rose Terrace, mais dans ma tête, je suis là bas, au
café de Whistle Stop, en train de déguster une assiette de beignets de tomates vertes"
Mrs Cleo Threadgoode, Juin 1986
Ninny, 86 ans, se prend d'amitié pour Evelyn qui l'écoute parler sans impatience. Evelyne s'ennuie d'abord mais elle a l'habitude, sa vie n'est qu'un
vaste ennui. Et puis peu à peu, elle se prend au jeu. La voix de Ninny, devenue son amie, fait revivre pour elle un monde disparu, des femmes, des hommes morts pour la plupart depuis longtemps et
qui lui semblent pourtant plus vivants que tous ceux qu'elle croise jour après jour.
Du début du XXe siècle jusqu'à la fin des années 80, ce roman se présente comme une bien jolie chronique du sud profond. Dans une petite ville
d'Alabama, les gens ont appris à s'arranger de tout, de la gare de triage qui donne vie et travail à la communauté, de la ségrégation qui est la règle, de la pauvreté qui sévit pendant et après
la grande crise mais aussi de la famille, de l'amitié, de l'amour fut-ce celui de deux femmes et de la chaleur de l'entraide dont le foyer se trouve dans ce fameux café sans nom où l'on peut
déguster les plus délicieux beignets de tomates vertes pour accompagner le plus goûteux des barbecues - tout le secret est dans la sauce !!!
Ce roman est un pur moment de joie servi dans une langue pétillante et légère. L'histoire pourrait pourtant être douce-amère voire carrément triste mais
elle distille en fait une vitalité pleine de gaité à peine teintée de nostalgie. La construction éclatée permet de partager les joies et les peines des habitants de Whistle Stop sans tomber
dans un pathos facile mais en mettant en valeur ce qui rend les principaux personnages si attachants : une joie de vivre inébranlable et contagieuse. Que du bonheur !
Un énorme merci à Anjelica
qui nous a tellement fait l'article du film et du livre lors de la dernière rencontre Lire et délire que je n'ai pas pu résister, les avis-coups de coeur de Fashion, de Karine,
Beignets de tomates vertes - Fannie Flagg- 1987 - Traduit de l'anglais (américain) par Philipe Rouard - J'ai lu 1992
et pour le plaisir, la bande annonce du superbe film de Jon Avent avec Katie Bates et Jessica Tandy (1991)
Par yueyin
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Publié dans : Roman américain
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Mercredi 17 décembre 2008
"A 11 heures,ils demandèrent à Malïn de se suicider. Ils l'amenèrent dans la suite princière, l'assirent sur
le superbe lit de soie et de velours où il devrait s'allonger pour rendre son dernier soupir et lui laissèrent, selon la tradition, une dague, un bol de breuvage d'épices au miel et une fiole de
poison. Puis ils s'inclinèrent et sortirent.
La grande porte de la chambre se referma derrière eux.
Malïn resta seul.
Il avait quatorze ans."
Un sacré début si vous voulez mon avis ! Pour un roman qui apparait tout d'abord de facture assez classique... pour de la fantasy s'entend. Pris dans un cataclysme, Malïn va échapper d'abord au suicide, puis à la mort et porté par une croyance
que personne ne partage, va entreprendre un très long voyage pour sauver les siens. Avec lui, il entraine une jeune princesse, Alia, qu'il a sauvée d'une mort certaine. Jusque là rien de vraiment
original.
Les choses se corsent un peu lorsque les deux adolescents découvrent le grand pays. Un endroit étrange, inhospitalier, dangereux, chargé d'une histoire
visiblement ancienne et complexe et qui est, à mon sens, un personnage à part entière. Et puis tout bascule dans le dernier tiers de l'histoire et tout à coup rien ne correspond plus aux attentes
ni aux classiques du genre. Le bien et le mal semblent beaucoup moins tranchés (Tolkien soit loué), les personnages passablement ambivalents et là... cela devient vraiment passionant.
Je subis depuis longtemps déjà la malédiction de la Fantasy. Je suis tombée dedans quand j'étais petite, j'en ai dévoré des volumes et des volumes, j'ai
découverts avec un bonheur rare les grands classiques du genre et puis vint un jour où plus rien ne m'a surpris, où les livres me sont tombés des mains et où découvrir un nouveau bonheur de
fantasy est devenu une gageure. Certes il y a eu des cas, mais trop rares ! C'est donc avec un grand plaisir que je me suis laissé flouer par ce récit et que j'attends avec grande impatience sa
suite. En espérant de tout coeur qu'elle soit à la hauteur des attentes suscitées par cet opus... Hautement intriguant !
PS. Bien sûr j'avais lu la fin par anticipation vers le milieu du roman ( j'ai horreur du suspens). Résultat : je n'ai pas pu le poser avant la fin
tellement j'étais impatiente de comprendre COMMENT on en était arrivé là !!! Le suspens a plus d'un tour dans son sac, vous pouvez me croire...
L'avis de Stéphanie, d'Isil, de Chimère
....
Le grand pays - La légende des tueuses-démons 1 - Ange - 2008 - éditions Bragelonne
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