Hier soir donc, rentrant tardivement de trois jours de déplacement dans un lieu exotique s'il en est (Rocamadour si c'est pas exotique ça !) je passai rendre visite à la dite bal et la trouvai toute gonflée de bonnes nouvelles et de deux enveloppes. Je rappatriai joyeusement le contenu et m'empressai d'éventrer la première enveloppe... qui lacha un joli tas de petits paquets argentés et étiquetés - fou rire derrière moi ! Monsieur mon demi, plié en deux :
- Nooon mais c'est quoi ce trafic au juste ?
Pfff ! Bien que les apparences soient contre moi, je peux tout expliquer...
.
Et Loula m'a largement gâtée, 8 échantillons :- Grand Olong
- Thé des alizées
- Kusmi tea aux amandes
- Grand Keemun
- Grand Yunan
- Ti kuan Yin
- Mélange anglais : Ceylan, Assam, Kenya
- Perles de Jasmin
Je n'aurais que deux mots : Merci et Miam !
Comme un bonheur n'arrive jamais seul, la seconde enveloppe recelait ça :
Et la bal dans tout ça, fini ? Que nenni, il y a quelques jours j'avais reçu "presque un mélo" de Cuné (délicieux il faut que j'en parle bientôt), "la vie en lunettes roses" un livre voyageur en provenance de Valdebaz et qui va bientôt repartir, sans parler de Virginia qui venait de chez Katell et qui va lui aussi s'envoler bientôt vers de nouveaux horizons...
Depuis les blogs, la BAL c'est trop d'la balle*...
* copyright Fashion
Ce tout petit livre est intéressant par le style clair et élégant de l'auteur. Les descriptions sont étrangement vivantes et évocatrices et les monologues intérieurs transcrivent magnifi- quement la solitude et la vacuité du narrateur.
L'histoire par contre m'a décue, si elle m'a bien accrochée au début par l'intensité des silences qui engluent les rapports entre les membres de ce curieux succédané de famille en vacances, elle se dilue ensuite et perd sa densité. Les personnages manquent de substance et restent des ombres dans un récit trop lâche. L'écriture si belle de l'auteur fait que j'ai lu ce roman avec plaisir mais en restant nettement sur ma faim.
Les avis de Anjelica, Anne, Arlette, Clochette, Florinette, Elfe, Katell, Stéphanie, Tamara j'en oublie certainement
Virginia - Jean-Christian Grondahl - Gallimard 2004 - traduit du danois par Alain Gnaedig
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderies,
De soleil luisant, clair et beau.
Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau !
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie,
Chacun s'habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.
Charles d'Orléans (1394-1465)
Certes elle a des côtés agaçants, jeune, jolie, riche, gâtée et maîtresse chez elle ou peu s'en faut, elle trompe son ennui en inventant pour d'autres de meilleures destinées ce qui signifie de bons mariages... Si elle se contentait d'écrire ses intrigues, elle nous rappelerait quelqu'un mais voilà elle veut manier des gens bien réels et ceux-ci ne se comportent pas toujours en marionnettes dociles. Il faut dire qu'Emma est loin d'être aussi perspicace qu'elle le croit en ce qui concerne les sentiments et les pensées des autres. On ne peut pas dire qu'elle se trompe souvent, elle est systématiquement dans l'erreur et malheureusement les quiproquos qu'elle provoque ne sont pas sans effet...
Emma est le cinquième roman de Jane Austen, écrit près de 20 ans après Orgueil et Préjugé et Raison et Sentiments et certaines différences sont sensibles, non pas tant dans le style de l'auteur que dans "l'ordre des choses".
Tout d'abord ici pas de relation préférentielle avec une soeur très aimée. Non seulement Emma vit loin de sa soeur mariée mais elle évite la seule jeune fille de son âge qui soit son égale lui préférant une orpheline pauvre, sans grande intelligence et peu éduquée mais qu'elle peut manipuler à son aise.
De plus, si elle cherche à marier les autres, Emma est parfaitement décidée à rester célibataire, aussi incapable de sentiment et de passion, semble-t-il, que de renoncer à sa quasi totale indépendance. Aucun frisson non, même lorsque, lors du seul et unique bal, un des personnage masculin renvoit comme un miroir l'image d'un Darcy mûri par l'expérience et sauvant de l'humiliation une jeune fille grossièrement ignorée par un facheux.
Car on est loin de la société brillante de ses deux premiers romans, Highbury est un tout petit village où Emma passe son temps entre son père, vieil hypocondriaque égocentrique, son ancienne gouvernante aujourd'hui mariée, la veuve et la fille appauvrie de l'ancien pasteur, le vicaire et sa femme, un beau-frère de 15 ans son aîné et c'est à peu près tout. Rien de très joyeux ni de très relevé comme compagnie... et la satire se déchaine, aussi incisive et vitriolée qu'on pouvait l'attendre. Jane Austen ne décrit que rarement ses personnage, elle se contente de les laisser parler et rien ne pourrait être plus cruel. Tour à tour mesquins, vains, médiocres, sots et j'en passe quand il ne sont pas tout à la fois, ces personnages nous offre un beau défilé et on comprend qu' Emma ait besoin de dérivatif.
Après tout elle est pleine de bonnes intentions et prête jusqu'à un certain point à reconnaitre ses erreurs et à en tirer les leçons. Et là nous retrouvons l'essence du roman austenien, car il s'agit bien d'un roman d'apprentissage, Emma va apprendre à se connaitre, à écouter et à aimer comme les autres héroines de l'auteure mais en frolant de près l'état de peste prétentieuse.
Au moment où elle écrivait ce roman, Jane vivait elle aussi dans un village entre sa mère et sa soeur, entièrement dépendante du bon vouloir des ses frères pour vivre. Les réunions animées, les sorties, les discussions du presbytère paternel plein à craquer étaient bien loin. Et j'avoue que je me suis interrogée sur le personnage de miss Bates, vieille fille sotte et volubile, vivant avec sa mère veuve d'un pasteur, en admiration devant sa nièce, toujours dépendante pour son confort et ses plaisirs de la bonne volonté des autres. Un personnage hautement comique mais sur fond d'amertume et d'une absence totale de perspective d'avenir... Est-ce d'elle-même que Jane se moquait ou avait-t-elle eu une vision de ce que serait l'avenir de sa soeur.
Un superbe roman, magnifiquement écrit, foisonnant, complexe, plein de pièges et de fausses pistes où certains trouveront qu'il ne se passe pas grand chose mais qui m'a tenu sous sa coupe.
Emma - Jane Austen - 1815
D'autres Billets sur Jane Austen dans ce blog :
Orgueil et Préjugés
Raison et sentiment
Persuasion
Northanger Abbey
Je ne trouve pas d'autres articles sur Emma, si vous en avez écrit un, dires le moi... Ah si celui de cuné
Lu dans le cadre de

En creusant l'histoire de cette enfant élevée par des esprits aussi brillants que libres mais entretenant des relations pour le moins fluctuantes, Yaël se voit sans cesse renvoyée à sa propre image d'enfant des années soixante-dix, privée de repères stables, ballotée de communautés en communautée, éternellement en rivalité avec une mère qu'elle n'arrive pas à comprendre.
Un roman réjouissant qui détourne avec bonheur tous les codes littéraires de la chick lit, depuis les tourments sentimentaux convenus jusqu'à l'obsession de la balance, en passant par l'égocentrisme consternant de la narratrice, pour en faire une sorte d'exploration littéraire doublée d'une analyse parallèle des réactions de deux jeune femme face au choix de vie de leur mère.
Le procédé du journal intime donne au récit une fluidité allègre, les références littéraires et culturelles donnent de l'intérêt et de la profondeur, le miroir psychologique permet à l'émotion de montrer le bout de son nez : un très joli roman qui donne irrésistiblement envie de se plonger dans la complexité des vies tumultueuses du groupe de Bloomsbury...
L'avis de Florinette, choupinette, Lou, et Marianne
Le journal de Yael Koppman - Marianne Rubinstein - Sabine Wespierer - 2007


















































